Portrait - Alexander Rossi, succès et déceptions en FR3.5 et GP2 (2/5)

Alexander Rossi, en lutte pour le titre GP2, est l'Américain le plus proche de la F1. Dans ce deuxième volet, Rossi évoque les hauts et les bas connus en Formule Renault 3.5 et en GP2 ainsi que les débuts de sa relation avec Caterham.

Motorsport.com : En 2011, vous avez connu cette saison très réussie en Formule Renault 3.5 ; comment avez-vous rencontré un tel succès, et avez-vous le sentiment que c’est à ce moment-là que les gens ont commencé à vous remarquer?

Alexander Rossi : C’est ce que je dirais. Je pense que 2010 était bien pour moi dans la mesure où les gens pensaient que je pouvais être un très bon pilote, donc je pense que croyez-le ou pas, les gens ont commencé à me remarquer en 2010.

2011 a été une année excellente pour nous. Nous avons fini troisième du championnat, seulement devancés par les deux Carlin [de Robert Wickens et Jean-Éric Vergne] qui étaient vraiment dominatrices à ce moment-là. Nous avons gagné deux courses et vous avez raison, c’est là que les gens ont vu que je pouvais être aussi compétitif dans des voitures plus puissantes. C’était une bonne année pour moi, j’en garde beaucoup de bons souvenirs.

Comment l’opportunité de rejoindre le programme de jeunes pilotes Caterham s’est-elle présentée ?

Alex Yoong [directeur du programme] m’a approché début 2011 et ils lançaient ce qui s’appelait l’AirAsia Team Lotus Driver Development Programme. C’était lié à ce qui s’appelait à l’époque Team Lotus, mais cela ne faisait pas vraiment partie de l’équipe F1, c’était plus quelque chose que Tony Fernandes faisait avec de jeunes pilotes asiatiques, il les aidait en karting, et tout.

Alex Yoong était venu à quelques courses et a proposé mon nom à Tony. Et Tony a toujours adoré les États-Unis. Donc quand il a vu que j’étais capable d’obtenir les résultats, Alex a proposé mon nom, Tony a vu que j’étais américain et a dit qu’il aimerait aider ce gosse aussi. J’étais l’intrus, parce que j’avais dix-sept ans, j’étais américain, et les autres avaient douze à quinze ans, et étaient asiatiques, donc quand nous avons fait les présentations, c’était un peu bizarre.

Au début, c’était quelque chose d’utile pour moi, et pour être honnête, ça l’est resté, parce que c’est ce qui m’a donné l’opportunité de faire partie de l’équipe de Formule 1. Vers 2012, je suis passé dans l’équipe de Formule 1 plus que dans le programme de jeunes pilotes, et je suis sûr que vous allez m’en parler!

Probablement! Mais pour l’instant, 2012. Vous avez rejoint Arden Caterham, une nouvelle équipe en FR3.5. Avez-vous le sentiment que c’est pourquoi vous n’étiez pas assez rapides en début de saison?

C’est exactement ça. Je garde une très bonne relation avec tous les gars de chez Arden, je pense que c’est une super équipe, ils travaillent très dur. Mais je pense que les World Series les ont pris de court, au début. Il y a beaucoup de tuyaux que les écuries établies connaissaient.

Pour moi, 2012 était très décevant car la première moitié de saison, nous n’étions même pas vraiment capables de nous qualifier dans le top 15, mon coéquipier [Lewis Williamson, puis António Félix da Costa] et moi n’étions nulle part. Et c’était encore plus dur parce que la voiture dans laquelle j’étais l’année précédente menait le championnat [Robin Frijns chez Fortec Motorsports]. C’était la voiture dans laquelle j’ai le sentiment que j’aurais dû être, j’aurais dû rester chez Fortec pour 2012. Si j’avais pu choisir, je serais resté, mais malheureusement, parfois, il y a des raisons pour lesquelles les choses que l’on veut ne se produisent pas, et je me suis retrouvé chez Arden Caterham.

À la fin de la saison, ils ont trouvé beaucoup de vitesse, nous en avons trouvé tous les deux, nous étions rapides par moments, mais en fin de compte, pour une raison ou une autre, la malchance, les circonstances, tout ce que vous voulez, nous n’avons pas été capables d’obtenir de bons résultats. Donc sortir de 2011 en finissant troisième, aborder 2012 en tant que favori et finir… je ne sais même pas! Onzième, neuvième… nulle part [onzième en effet, ndlr]. C’était difficile à accepter.

En effet, vous avez réalisé quatre meilleurs tours en course dans la deuxième moitié de saison, mais pour une raison ou une autre…

Nous sommes montés sur le podium une fois, c’était à Monaco, et je crois que j’ai fini à 45 secondes de la victoire, de Jules [Bianchi] et Sam [Bird], donc même si nous étions sur le podium, nous n’avions pas le rythme.

Et Arden était donc le choix de Caterham?

Oui.

Ensuite, pour 2013, nous croyons savoir que le plan était que vous soyez pilote d’essais toute la saison pour vous préparer pour un baquet pour 2014.

En effet. Le plan, pour 2013, c’était de suivre le très bon modèle de Bottas en 2012 : être pilote de réserve mais prendre le volant lors de nombreux vendredis et vraiment se préparer de la meilleure façon possible pour être dans un baquet de titulaire pour 2014. Je pense que cela a attiré l’attention de beaucoup de gens car cela n’avait jamais vraiment été fait auparavant.

Nous avons discuté avec Caterham et la décision a été de me faire faire beaucoup de vendredis, une dizaine, pour vraiment bien me préparer pour la saison 2014, comme vous l’avez dit, pour être titulaire. C’était le plan initial. Mais après la première course de GP2, le pilote qu’ils avaient fait signer [Ma Qing Hua] a eu un problème d’ordre physique et n’a pas pu finir l’année. Ils étaient donc dans une situation assez difficile parce que trouver un pilote si rapidement, sans essais préalables, n’était pas facile. Ils avaient quelqu’un qui était de la maison, moi, qui n’avait pas de programme de course cette année-là. Ils ont décidé qu’en fin de compte, je faisais partie de l’équipe, je faisais partie de l’entreprise Caterham, donc il allait être mon devoir d’occuper ce baquet GP2 pour l’année.

J’aurais pensé que vous aviez été rétrogradé, si je peux le dire ainsi, parce que Heikki Kovalainen était de retour au poste de pilote de réserve et faisait les essais libres.

En effet, on pourrait dire ça. J’ai eu deux séances d’essais libres en 2013, Montréal et Austin, mais c’était beaucoup moins que ce que j’avais prévu à l’origine, et vous avez tout à fait raison : Heikki a eu quelques séances d’essais libres que j’aurais dû faire parce que les pilotes titulaires de l’équipe avaient des difficultés à comprendre la voiture et ils pensaient que Heikki serait celui qui leur donnerait les réponses, ce qui n’a finalement pas été le cas. En fin de compte, j’ai perdu pas mal d’essais libres à cause de cela.

Mais cela dit, j’avais un programme de course, et c’est ce que je veux faire de toute façon. Je ne dirais pas que j’ai été rétrogradé car j’étais quand même pilote de réserve. Je n’ai pas obtenu autant de temps dans la F1 mais en échange, je courais en GP2, donc en fin de compte, ce n’était pas une situation horrible, ce n’était juste pas autant de temps que je l’aurais voulu au volant d’une F1.

Et vous avez fini meilleur rookie à nouveau, après l'avoir été en FR3.5.

Oui. 2013 a très bien commencé à Bahreïn, je suis monté sur le podium pour ma première course. Ensuite, nous avons eu quelques difficultés et nous avons cherché notre chemin jusqu’à la deuxième moitié de saison, où nous avons été très, très compétitifs. Nous avons eu la victoire à Abu Dhabi, j’ai fini meilleur rookie, et vu la façon dont l’année avait commencé pour moi et comme j’étais déçu d’avoir perdu les séances d’essais libres F1, j’étais très content de 2013.

A propos de cet article
Séries FIA F2
Pilotes Alexander Rossi
Équipes Caterham F1 , Arden International , Fortec Motorsports
Type d'article Interview
Tags portrait