Alejandro Agag : Pourquoi la Formule E est en pleine croissance

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Alejandro Agag : Pourquoi la Formule E est en pleine croissance
1 juin 2018 à 17:00

C'était un grand moment pour nous d'accueillir "officiellement" Nico Rosberg en Formule E à Berlin, et qu'il pilote la nouvelle monoplace Gen2.

Je me rappelle la cérémonie de remise des prix de la FIA à Vienne, le soir où il a annoncé sa retraite de la Formule 1. Je me suis présenté à sa femme à la fin du dîner. Je lui ai dit : "Bonjour, je suis Alejandro Agag de la Formule E et j'aimerais parler à votre mari". Elle s'est contentée de répondre : "N'y pensez même pas. Il ne remontera pas dans une voiture de course."

C'était donc un grand moment de l'avoir ici avec nous à Berlin, à la fois en tant qu'investisseur et en tant que soutien.

Bien sûr, la rumeur veut qu'il soit impliqué dans la nouvelle écurie Mercedes en Formule E, mais je n'ai rien entendu qui aille dans ce sens, bien que cela ne soit pas exclu pour autant.

Le Champion du monde de F1, Nico Rosberg au volant de la Gen2

Être à Berlin nous a rappelé les racines de notre championnat. C'est la seule ville où nous ayons couru lors de chaque saison. Mais nous sommes toujours tournés vers l'avenir et essayons de développer le championnat ; c'est pourquoi nous courrons en Arabie saoudite en ouverture de la saison 5.

La course dans le district d'Ad Diriyah à Riyad est très importante à nos yeux. Nous croyons que le sport peut être une source d'inspiration pour les communautés et voulons jouer un rôle dans le changement positif qui est d'actualité dans ce pays.

En juin, pour la première fois, les femmes auront le droit de conduire en Arabie saoudite et ce sera un moment historique. De plus, nous avons reçu l'assurance claire – c'est même la requête des organisateurs – que des femmes participeraient à l'événement et que des femmes seraient à la course en tant que spectatrices et fans. Toutes les femmes qui voyagent avec le championnat seront par ailleurs autorisées à venir travailler.

Nous voyons cela comme un signe clair de changement dans un pays qui n'avait pas ces droits par le passé, et nous sommes heureux de jouer un rôle à ce sujet. Nous pensons que la Formule E peut faire le bien et dans ce cas, dans un pays très spécifique, nous pensons pouvoir y contribuer en y allant.

Je suis donc vraiment content de notre décision. Je comprends que ce sujet fasse débat, et c'est parfaitement compréhensible. Je pense que le sport doit être au-dessus de la politique et qu'il ne faut pas les mélanger. Quand un sport est boycotté à cause de la politique, comme les Jeux olympiques ou la Coupe du monde de football, nous devrions être au-dessus de tout cela.

Je pense que quand les fans verront la course, ce qu'ils verront, c'est un grand événement, car le circuit d'Ad Diriyah est spectaculaire. Et les fans qui n'aiment pas la décision d'y aller – je suis sûr qu'il y en a –, eh bien ils ont leur avis sur la politique, ce pour quoi j'ai un profond respect.

Avant Riyad, évidemment, nous avons une autre nouvelle manche, à Zurich, qui accueille la première course en Suisse depuis que le sport automobile y a été banni en 1955.

Nous devons beaucoup à Jean-Claude Biver, PDG de TAG Heuer, à ce sujet, car ils sont l'un des partenaires fondateurs de la Formule E. Julius Bär, TAG et ABB – notre sponsor titre – sont tous basés en Suisse, cela compte beaucoup et c'est un autre très beau symbole de la façon dont la Formule E change les choses : dans un pays où le sport auto était banni, il va y avoir une course.

C'est bien pour le sport auto en général que de nouveaux pays s'y ouvrent grâce à nous, surtout un pays comme la Suisse, qui a un tel potentiel et tant de compagnies qui peuvent y soutenir les sports mécaniques. Et l'un de nos pilotes de pointe, Sébastien Buemi, est de Suisse, donc je pense que c'est un endroit parfait pour une course.

Il y avait beaucoup de soutien pour cet événement en Suisse, donc nous nous sommes contentés d'attendre. Ils voulaient le faire et certains députés ont pris l'initiative d'amender la loi pour autoriser les courses automobiles, en particulier électriques – c'est maintenant une réalité. Il y a déjà beaucoup d'engouement autour de l'événement, un public nombreux est attendu.

La Formule E est dans une véritable phase de croissance. Nous avons de nouveaux constructeurs majeurs qui rejoignent le championnat, de nouvelles courses et de grands noms parmi les nouveaux pilotes. Nico ne va pas courir, mais il est très enthousiasmant que Felipe Massa rejoigne le championnat en saison 5.

Ces choses-là – Nico, Felipe, Zurich – ne se font pas du jour au lendemain. Tout est le résultat d'un travail et d'une préparation conséquents. Je discute avec Felipe depuis trois ans ; il est un très bon pilote, un mec super, et je suis heureux de pouvoir dire qu'il est également mon ami. Nous avons beaucoup insisté pour qu'il vienne, mais en fin de compte, ce sont les équipes qui prennent les décisions, je ne peux pas leur imposer un pilote, je peux seulement espérer.

J'ai reçu quelques messages d'autres pilotes de Formule 1 récemment... mais pour nous, d'où viennent les pilotes n'est pas si important. C'est davantage la qualité des pilotes et la façon dont ils s'intègrent à notre écosystème. Felipe sera génial pour la Formule E.

Felipe Massa, Venturi Formula E Team
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