Formule E, le surréalisme à la Berlinoise

Le surréalisme a régné en maître le week-end dernier à Berlin, à l'occasion de l'ePrix qui s'y tenait dans le cadre du championnat FIA de Formule E.

Pour nous rendre sur le tracé berlinois comptant pas moins de 17 virages, nous avions rendez-vous à l'imposant aéroport de Tempelhof, qui laissait présager d'un événement brillant pour la Formule E. Il faut dire que jusqu'en 2008, Tempelhof constituait le plus ancien aéroport commercial au monde.

Même si, comme toujours, les organisateurs de la Formule E ont très bien travaillé, il faut également remercier indirectement Oberst Rudolf Böttger pour l'organisation de l'événement.

L'ancien commandant de l'aéroport avait préféré retourner son arme contre lui à la fin de la guerre, lorsque les soviétiques prirent possession de l'aéroport. Le site de Tempelhof eut par la suite un rôle à jouer dans l'avenir immédiat de Berlin, une fois la guerre terminée. Il fallait en effet que les troupes alliées s'assurent que les deux millions d'habitants de la ville disposent de suffisamment de nourriture et d'eau pour survivre, et Tempelhof a facilité grandement les choses à l'époque.

C'est donc sur un site empreint d'histoire que la Formule E se rendait mais, hélas, la course ne fut pas à la hauteur de cet héritage. Il y a toujours beaucoup d'actions durant les courses de Formule E et ce fut à nouveau le cas, mais l'après-course fut catastrophique.

Abt contrarié à domicile

Après avoir dominé la course de la tête et des épaules, Lucas di Grassi était un homme heureux. Le Brésilien ne sourit pas très souvent, mais dans ce cas précis son rayonnement pouvait se ressentir à travers le vaste édifice de Tempelhof.

Une heure plus tard, le Délégué Technique Carlos Funes expliquait à l'équipe Audi Sport Abt que les modifications apportées aux carénages de roues et à l'aileron allaient mener di Grassi à la disqualification.

La joie fut donc de courte durée, mais le pilote a-t-il réellement retiré un avantage de ces modifications ? Probablement pas, mais le règlement est le règlement et l'équipe a donc été logiquement pénalisée.

Si Abt a bien songé à faire appel, les commissaires les en dissuadèrent rapidement. En effet, l'équipe n'a pas communiqué avec la FIA au sujet des changements effectués sur la voiture et peut légitimement se reprocher de ne pas l'avoir fait.

La rumeur court au sein du paddock que les organisateurs ne désirent pas que di Grassi remporte le premier titre de l'histoire de la Formule E. Mais ce sont des bêtises. Di Grassi, qui a développé le châssis Spark-Renault, en retire probablement un petit avantage sur ses concurrents.

Mais la théorie du complot est bien un non-sens. Si di Grassi brille en effet au volant de la Formule E, il est également l'un des pilotes les plus doués de sa génération sur le plan technique. Un fait reconnu par Renault, Dallara et Pirelli auparavant.

Le Brésilien est tout simplement un pilote de grande classe qui rend service à ce championnat, tant dans son professionnalisme que dans son développement commercial et promotionnel. Qualifié de cérébral, Di Grassi va sans doute se retrouver au coeur d'un combat pour le titre l'opposant d'une part à Sebastien Buemi, et d'autre part à son rival de toujours, Nelson Piquet Jr. L'incompatibilité est en effet réelle entre les deux personnages aux caractères très différents. L'antipathie est réelle et ceux deux-là aiment se détester depuis le karting. Espérons qu'il n'y ait pas trop d'étincelles, mais le spectacle est assuré pour la fin du championnat!

Les constructeurs et les fans ont répondu présent

Une foule impressionnante s'est rendue à Berlin le week-end dernier. Officiellement, ce sont un peu plus de 20 000 personnes qui ont assisté à la course mais, plus important encore, ce chiffre concerne bien les spectateurs payants.

Beaucoup de familles étaient présentes, appréciant ainsi leur long week-end de la Pentecôte en patientant pour obtenir leur Bockwurst ou leur Schnitzel aux abords du tracé.

Les amateurs allemands de sport automobile sont souvent de bons indicateurs lorsqu'il s'agit de juger la popularité d'une discipline ou d'une technologie qui leur est présentée. Et visiblement, l'électrique leur plaît.

Les représentants des principaux manufacturiers ainsi que de grandes entreprises du secteur de la haute technologie automobile étaient présents samedi pour la course. Motorsport.com a ainsi repéré les présences conjuguées de Volkswagen, BMW, KIA et ZF, certains jaugeant la possibilité d'une implication future dans la discipline. La question n'est en effet plus de savoir si les technologies les plus poussées vont apparaître en Formule E, mais quand cela va-t-il arriver.

Nelson Piquet Jr résumait ainsi parfaitement la situation il y a quelques semaines à Monaco, lorsqu'il a dit : "Ce que j'ai appris de la course aux États-Unis est qu'il faut faire les choses différemment, et c'est ce que la Formule E est en train de faire en impliquant ses fans dès la première heure. Il est essentiel de le faire car de plus, ce sont eux qui achèteront les véhicules électriques durant les prochaines années."

A propos de cet article
Séries Formule E
Événement ePrix de Berlin
Pilotes Nelson Piquet Jr. , Lucas Di Grassi , Sébastien Buemi
Équipes Audi Sport Team Abt
Type d'article Contenu spécial
Tags berlin, formule e, lucas di grassi