Les métiers des sports mécaniques

Mon job en Formule E : Programme manager

Motorsport.com vous fait rencontrer des gens des différents paddocks qui expliquent en quoi consiste leur travail. Rencontre avec Claire Magnant, programme manager en Formule E.

Ingénieur de formation, Claire Magnant a été team manager de l’écurie DAMS en World Series by Renault durant deux saisons, puis directrice sportive de Citroën Racing en WTCC durant quatre ans à la belle époque d’Yvan Muller, José María López et Sébastien Loeb. Elle occupe aujourd’hui le poste de programme manager chez DS Virgin Racing en Formule E.

Mon job, c'est...

Mon rôle est un peu particulier, car c’est Virgin qui gère l’opérationnel, et DS qui s’occupe du développement de la voiture. Puis, on supervise conjointement la gérance de l’équipe. Je n’ai donc pas du tout le job que j’avais avant chez DAMS ou Citroën Racing en WTCC. J’ai plutôt un poste de support et non pas un rôle vraiment actif. Je dois veiller au quotidien avec Virgin et avec ses pilotes, et faire l’interface avec Adrien Da Cunha Belvès pour le marketing et la communication. Je dois aussi aider Virgin avec les démarches sportives, car en WTCC, j’étais responsable de toute la partie réglementaire, de l’interface avec la FIA, les autres concurrents et le promoteur. C’est donc un peu particulier en Formule E, car nous sommes deux équipes qui travaillons main dans la main. Nous [DS Performance] n’avions pas la capacité technique de faire rouler les quatre voitures et d’assurer le développement, d’où ce partenariat avec Virgin.

Claire Magnant, Citroën World Touring Car team

Quelle est la chose la plus importante dans ton job ?

Ah, pas facile comme question ! Je dirais que c’est la gestion du quotidien. Il faut être sûr de ne rien oublier en route. Le sport auto est extrêmement intense et tous les délais doivent être respectés et il est impossible de déplacer une deadline. Alors, gérer le quotidien représente une grosse partie de mon boulot.

Trois outils qui me sont indispensables

Je dirais que c’est la communication pour commencer. C’est l’outil-clé, que ce soit avec l’équipe, les pilotes ou les autres constructeurs. Il faut toujours prendre le temps de bien expliquer ce qu’on veut faire. Il faut aussi du caractère pour être une femme dans le sport auto ! Il me faut du caractère pour ne pas me laisser marcher dessus, car c’est quand même un monde très masculin. Tous les acteurs possèdent un caractère très fort. Alors il me faut être forte pour tenir le choc dans ce monde très masculin, surtout à mon poste où je suis très impliquée dans le quotidien. Et comme troisième outil, il faut posséder des compétences globales assez élevées, car je dois toucher à tous les domaines. Je touche au management, au marketing, à la communication, un peu à la technique, à la gestion d’équipe et même au droit.

Les gens avec qui je suis toujours en contact

Xavier Mestelan Pinon, le directeur de DS Performance, et Adrien Da Cunha Belvès, notre directeur de communication. On bosse vraiment toujours tous les trois ensemble. On se croise au moins dix fois par jour pour échanger sur tous les sujets. De plus, on se complète vraiment bien. On fait une super équipe, car on a chacun nos forces et on se complète bien.

Quand tu n’es pas en piste, que fais-tu ?

Les gens croient que je suis en repos ! Eh non, je suis au bureau, on prépare les courses, on prépare l’avenir, on cherche aussi des partenaires. Décider des grandes stratégies représente le cœur de notre métier sur le management. On échange aussi beaucoup avec la marque [DS Automobiles] au sujet des pilotes, de la décoration des voitures et autres. Il faut vite prendre certaines décisions et on a de quoi bosser au bureau ! Pour me changer les idées, j’aime bien la nature, me promener, faire du shopping, un peu de sport, et me reposer et bien manger à la maison.

Julie Berthelot, Sébastien Loeb Racing, Francesca Valdani, Roal Motorsport, Claire Magnant, Citroën World Touring team
Julie Berthelot, Sébastien Loeb Racing, Francesca Valdani, Roal Motorsport, Claire Magnant, Citroën World Touring team, en 2015

Sans toi, que se passerait-il ?

Sur le projet de Formule E DS Virgin Racing, je crois que ça irait, car c’est Virgin qui s’occupe de l’exploitation. L’équipe est quand même autonome, et si je n’étais pas là, ça ne serait pas critique du tout. En comparaison, cela aurait été plus sérieux avec mon ancien job en WTCC ou chez DAMS où on était en effectif beaucoup plus réduit. C’est maintenant plus cool pour moi ici sur les courses. Je n’ai pas de rôle direct sur l’opérationnel.

Sam Bird, DS Virgin Racing, devant Felix Rosenqvist, Mahindra Racing

La Formule E est...

Je trouve que c’est vraiment génial. C’est vrai qu’au début j’étais un peu sceptique. Je me disais ‘Bof, des voitures électriques… Ça n’a pas l’air d’être très rapides, ça ne fait pas de bruit…’ Et en fait, c’est super. On se prend au jeu. Le pilote a beaucoup à faire. J’ai été impliquée dans plusieurs catégories de sport auto durant ma carrière, et j’adore la Formule E. Quand on regarde l’évolution de la voiture entre l’année 1 et celle qu’on aura pour la saison 5, c’est incroyable ! En seulement cinq ans, la technologie aura progressé à une vitesse folle. Et organiser des courses dans les villes, c’est vraiment chouette. C’est un nouveau public, ce sont de nouveaux outils de marketing. Il ne faut pas comparer la Formule E à la Formule 1. C’est comme comparer du football et du rugby. Il faut voir la Formule E comme une toute nouvelle forme de sport auto. On se laisse vite prendre au jeu !

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