L'héritage parisien de la course automobile

À l'heure ou la capitale française est sous le feu des projecteurs avec l'e-Prix de Formule E, Motorsport.com vous propose de revenir sur l'histoire de ces rares courses disputées au cœur de Paris, de l'après-guerre jusqu'à aujourd'hui.

L'héritage parisien de la course automobile

Créé en 1945, le Circuit du Bois de Boulogne a accueilli le Grand Prix automobile de Paris, une épreuve née juste avant la guerre et disputée en 1939 sur l'Autodrome de Linas-Montlhéry. Remportée par Jean-Pierre Wimille, cette épreuve, comme les autres courses de son époque, a vu son existence suspendue brutalement pendant la Seconde Guerre mondiale. Au sortir du conflit, le Grand Prix de Paris est la toute première course à renaître de ses cendres.

Organisée seulement quelques mois après la Libération, la course doit permettre à la fois de relancer l’intérêt pour les compétitions sur le territoire national et de redresser l'industrie automobile. Les trois épreuves organisées par l'Association des pilotes indépendants et le Groupement National des Réfractaires et Maquisards doivent également financer l'assistance aux anciens soldats, déportés et prisonniers de guerre grâce aux recettes d'entrées pour la course.

Les vedettes au rendez-vous

La première épreuve de ce Grand Prix de Paris est la Coupe Robert Benoist. Ainsi nommée en l'honneur d'un ancien pilote et Résistant français mort dans les camps, elle rassemble des voitures avec une cylindrée d'environ 1100 cm3 et voit la victoire d'un certain Amédée Gordini sur Simca. La seconde épreuve rassemble des voitures de 2 Litres telles que des Alfa-Romeo, Amilcar, Bugatti et autres DB-Citroën. La Coupe de la Libération est remportée par Henri Louveau sur Maserati.

La course principale, la Coupe des Prisonniers, démarre avec 16 engagés dans ses rangs et, parmi eux, des vedettes ou futures vedettes françaises de l'époque. Raymond Sommer, Jean-Pierre Wimille, Maurice Trintignant, Philippe Etancelin et Pierre Levegh sont tous présents pour en découdre au volant de leurs Maserati, Delahaye, Bugatti, Alfa ou Talbot ressorties du garage après six ans de guerre. La course se résume essentiellement en un duel périlleux entre Sommer et Wimille. Ce dernier finira par remporter cette coupe devant plus de 100'000 spectateurs réunis à la l’extrémité Ouest de la capitale française.

Soixante ans plus tard

Par la suite, Nuvolari, Chiron, Martin, Schell, Fangio, Rosier, Manzon, Farina sont autant de pilotes qui rouleront dans les allées du Bois de Boulogne, tant à Bagatelle (1947) qu'à Longchamp (1951). Après une dernière édition en 1951, le Grand Prix de Paris est définitivement déplacé sur l'Autodrome de Linas-Montlhéry, avant de disparaître du calendrier un an plus tard.

Les courses au cœur de Paris reprennent près de quarante ans plus tard dans un format très différent. Le Trophée Andros organise ses courses sur glace sur la Pelouse de Reuilly à proximité du Bois de Vincennes en 1991 et 1992. La finale Parisienne du Trophée hivernal se transformera en Super-Finale lors de son déménagement au Stade de France en 1999.

Alors que Pau inaugure la première course électrique sur circuit urbain de France en 2011, le Championnat de Formule E se construit petit-à-petit et souhaite, par la voix de son promoteur Alejandro Agag, organiser un e-Prix à Paris. C'est chose faite en 2016 : 18 monoplaces de Formule E s'élanceront autour des Invalides samedi prochain, soit plus de 60 ans après le tout premier Grand Prix disputé au cœur de Paris.

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