Patient, prudent, passionné : le rookie Alexander Sims

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Patient, prudent, passionné : le rookie Alexander Sims
Par : Benjamin Vinel
12 janv. 2019 à 09:15

Alexander Sims aborde le deuxième E-Prix de sa carrière en Formule E avec une approche relativement studieuse : l'apprentissage avant tout.

B.V., Marrakech - Conclure sa première course en Formule E au 18e rang quand votre coéquipier s'impose, voilà qui serait quelque peu déconcertant pour un certain nombre de pilotes. Pour autant, c'est un Alexander Sims extrêmement détendu qui s'est présenté à la presse ce vendredi, dans le paddock de Marrakech.

À Ad Diriyah, pendant que l'autre pilote BMW António Félix da Costa s'imposait, Sims a reçu deux pénalités pour avoir dépassé la limite de puissance autorisée. Il évoluait à la huitième place lorsqu'il a purgé ces sanctions, virtuellement la septième car José María López allait être contraint à l'abandon devant lui.

EL1 Marrakech :

Les débuts de ce passionné d'électrique dans la compétition ont donc été difficiles. Du haut de ses 30 ans, ce pilote particulièrement éclectique en sport automobile (entre autres vice-Champion de Formule Renault UK, de British GT et d'IMSA) est conscient de son déficit d'expérience en Formule E, notamment par rapport à Félix da Costa, certes plus jeune, mais qui a rejoint le championnat à la première heure. Il s'agit donc en premier lieu d'engranger de l'expérience.

"À certains égards, les bases – comment piloter une voiture de course, certains systèmes – tout ça est clair pour moi", déclare Sims pour Motorsport.com. "Le plus important est de m'assurer que ces processus deviennent une seconde nature et que je n'aie pas à trop réfléchir en les faisant."

"Actuellement, je continue d'essayer de comprendre consciemment comment je vais piloter lors du tour suivant, comment je vais gérer mon énergie. Ce n'est pas 100% naturel pour l'instant. Cela va prendre du temps."

Alexander Sims, BMW I Andretti Motorsports

La Formule E a la particularité d'être l'un des championnats où la menace d'un accident plane véritablement à tout instant : les 22 pilotes s'affrontent exclusivement sur des circuits urbains, où la proximité des murs représente forcément un obstacle de taille dans la recherche de la limite.

Or, dans le même temps, le moindre impact peut avoir des conséquences non négligeables, comme l'avait appris à ses dépens un certain Sébastien Buemi à l'E-Prix de Montréal 2017. Un crash en EL2 avait provoqué sa disqualification en Course 1 – en raison d'une monoplace en dessous du poids minimal après avoir été réparée à la dernière minute –, et indirectement la perte du titre face à Lucas di Grassi.

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Certains rookies ont tutoyé les barrières davantage qu'ils ne l'auraient souhaité, à l'image d'un Alex Lynn accidenté à quatre reprises le jour de l'E-Prix de Rome 2018. Sims, lui, reconnaît spontanément qu'il redoute particulièrement les accidents, d'où cette approche prudente, bien qu'il admette avoir légèrement endommagé son aileron avant à la chicane temporaire de Valence lors des essais collectifs.

"Le principal est de ne pas faire de grosse erreur – comme à Riyad –, de faire chaque séance jusqu'au bout pour engranger un maximum d'expérience et apprendre. Je m'attends à ce que ça arrive un jour ou l'autre, mais je ne veux pas avoir d'accident. Car le moindre accident signifie la fin de la séance et peut-être de la suivante."

"On perd beaucoup de temps de piste en cas d'accident. Il faut se tenir à l'écart des murs et continuer à limer le bitume. Sur un format d'un jour comme en Formule E, j'imagine qu'un crash est très handicapant pour le résultat d'ensemble." Il ne reste qu'à mettre cela en œuvre pour s'illustrer, alors qu'un autre rookie, Oliver Rowland est déjà entré dans les points lors de la première manche.

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À propos de cet article

Séries Formule E
Événement E-Prix de Marrakech
Pilotes António Félix da Costa , Alexander Sims
Équipes Andretti Autosport
Auteur Benjamin Vinel