Prédictions saison 3 : Buemi peut-il être battu ?

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Prédictions saison 3 : Buemi peut-il être battu ?
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Traduit par: Jean-Philippe Vennin
8 oct. 2016 à 17:10

Alors que la troisième saison du Championnat FIA de Formule E débute ce week-end à Hong Kong, faisons un petit survol de la grille - et, avec l’aide d’une source bien informée, tentons de prédire qui en sortira au sommet.

Connaissance technique accélérée, régularité de l’équipe et stabilité des pilotes seront les ingrédients clés sur lesquels reposera la réussite en cette troisième saison de Formule E, selon un responsable en vue.

La nouvelle campagne débute ce week-end avec l’ePrix de Hong Kong inaugural, et un pronostic peut être établi avec une certaine exactitude, selon notre source clé du paddock.

La saison dernière, Motorsport.com avait tenté de pronostiquer ce que réserverait la saison 2 à chaque équipe. Remettons donc cela cette année, avec un petit truc en plus.

À l’aide de quelques systèmes métriques spécialement adaptés par un ingénieur anonyme et expérimenté de la Formule E (nous l’appellerons “Ingénieur A”), Motorsport.com va essayer de prédire dans quel ordre finiront les équipes en juillet 2017.

Professionnel bien connu du milieu du sport auto, qui a occupé des postes à responsabilité dans le monde de la course, “Ingénieur A” est familier du paddock de Formule E et nous a révélé son secret pour essayer de prédire ce que sera le classement des équipes.

L’idée pour ce système est venue de quand je travaillais en Formule 1, et que diverses personnes spéculaient et prophétisaient que nous serions capables de faire ceci et cela,” explique notre infiltré masqué.

Mais ce genre de logique rêveuse est imparfaite, et baser une décision ou des prévisions sur quelque chose qui est suspendu dans l’air signifie que les décisions que l’on prend pour l’avenir sont probablement mauvaises.”

L’exemple classique est quand un sponsor rejoint une équipe dans l’espoir d’être aux avant-postes à chaque course, et qu’on lui vend un rêve de victoire. Dans la majorité des cas, ce ne sont que des promesses en l’air basées sur rien de plus qu’un simple souhait.”

Pour une discipline technique telle que le sport mécanique, il faut être sûr d’où vous serez dans la hiérarchie et aussi de là où seront vos rivaux.”

Sébastien Buemi, Renault e.Dams
Sébastien Buemi, Renault e.Dams

Photo by: John Rowley

Comment ça marche ?

Notre taupe explique comment son système fonctionne : “Je dispose de 20 fonctions différentes qui sont notées de un à dix, ou de un à 20 points, en fonction de leur importance. Je les applique à toutes les équipes et note combien je pense qu’elles auront de points dans les différentes fonctions.”

Si, par exemple, une donnée est la qualité des pilotes et une autre les installations de R&D, les équipes reçoivent une note dans chacune de ces fonctions particulières.”

J’ajoute alors les notes et le score final reflète leur position définitive. Il y a 22 données au total, certaines techniques, certains sportives, certaines en ressources humaines, certaines opérationnelles, etc.”

Pour l’instant, notre interlocuteur a été remarquablement précis. Lors de la saison une, il était proche du résultat, mais, pour la seconde, ses prédictions étaient exactes et la hiérarchie finale conforme à ce qu’il avait établi.

La grande anomalie de la première saison fut Dragon Racing, qui était en retard en début de saison, avait manqué les premiers tests et avait dû faire face à rumeur selon laquelle elle ne serait pas sur la grille à Pékin.

Mais une fois Nigel Beresford, qui faisait auparavant partie intégrante du département compétition de Penske, eut en grande partie bâti l’équipe, Dragon se montra performante et, en fin de saison, était parmi les plus régulières en performance, terminant à une remarquable deuxième place.

Mais que nous réserve la saison 3 ?

Cette troisième saison est vraiment intéressante, car tout sera plus serré en l’absence du moindre changement majeur de règlement”, dit Ingénieur A. “Il y aura un gros paquet en dehors des deux plus grosses équipes [Renault e.dams et Abt Audi] sur la saison entière.”

DS Virgin et Dragon sont proches, alors que Mahindra, Jaguar et NextEv ne seront pas loin non plus. Il est plus compliqué de prédire car ça n’a jamais été aussi serré entre tellement d’équipes.”

Comme Dragon pour la première saison, nous avons une grosse anomalie avec la nouvelle équipe Techeetah. Elle a le meilleur groupe propulseur de la grille [le Renault Z.E. 16], ce qui s’est reflété dans son rythme sur un tour de même que sur de plus longs relais à Donington.”

Avec une voiture rapide et un pilote aussi brillant que Vergne, ils devraient gagner des courses.”

Aucune des données préalablement choisies par Ingénieur A ne prend en compte une équipe cliente officielle comme Techeetah, qui a choisi le moyen le plus économique de courir en Formule E.

La position finale de Jaguar est également difficile à pronostiquer en raison des nombreuses variables et des inconnues dans sa vision opérationnelle et technique.

J’aime bien Jaguar, je pense que ce qu’ils ont fait est solide et sérieux, mais c’est compliqué. Il leur faudra du temps pour être en position de viser des podiums et des victoires, je pense”, ajoute Ingénieur A.

Il leur faut une bonne première année. S’ils atteignent le top six, ils auront fait un excellent travail.”

Lucas di Grassi, ABT Schaeffler Audi Sport
Lucas di Grassi, ABT Schaeffler Audi Sport

Photo by: John Rowley

Pronostics pour la saison 3

“INGÉNIEUR A” PRÉDIT...MOTORSPORT.COM PRÉDIT...
Pos.ÉquipePos.Team
1  Renault e.dams 1  Renault e.dams
2  Abt Schaeffler Audi Sport 2  Abt Schaeffler Audi Sport
3  DS Virgin Racing 3  DS Virgin Racing
4  Faraday Future Dragon Racing 4  Mahindra Racing
5  Mahindra Racing 5  Faraday Future Dragon Racing
6  NextEV NIO 6  Techeetah
7  Panasonic Jaguar Racing 7  Panasonic Jaguar Racing
8  MS Amlin Andretti 8  MS Amlin Andretti
9  Techeetah* 9  NextEV NIO
10  Venturi 10  Venturi

* Sans tenir compte de l'accord pour la fourniture du groupe propulseur par Renault.

L’avis de Motorsport.com

Comme l’a suggéré notre source, cela risque d’être plus serré que jamais en 2016/17, ce qui fait que les erreurs ou mauvaises performances résulteront en une chute majeure sur la grille et une course compromise.

En se basant sur les tests estivaux, Renault e.dams et Abt Schaeffler Audi Sport semblent avoir les voitures les plus rapides, avec chacune une importante évolution de son groupe propulseur.

Cela fait de Sébastien Buemi le favori logique à sa propre succession, mais sans écarter pour autant Nicolas Prost. Plus régulier et plus à l’aise, le Français pourrait devenir plus dangereux pour son équipier - comme il l’était à l’occasion durant la première saison.

Lucas di Grassi, de son côté, sera remonté comme une pendule cette saison après la façon dont s’est passée pour lui la finale de la précédente à Londres. Le Brésilien pourrait honnêtement être un double Champion, mais le sort et des erreurs tant de sa part que de celle son équipe en ont décidé autrement.

Avec le plein soutien d’Audi et le profil du championnat tout électrique devant s’étendre, on peut s’attendre à voir l’équipe allemande remporter d’autres courses.

De même, on attend beaucoup de l’équipe classée troisième en 2015/16, DS Virgin. La voiture de cette saison, pour laquelle elle est repartie d’une feuille blanche sous la direction de Xavier Mestelan, est pour l’instant un progrès - bien que le domaine dans lequel elle reste perfectible soit sa performance sur les nouveaux pneus Michelin.

La structure anglo-française ayant semblé souffrir légèrement plus que ses rivales de premier plan pour s’adapter à cette nouvelle gomme, il ne serait pas surprenant de voir DS Virgin faire un envol assez lent avant de finir la saison sur une note élevée et potentiellement menacer Abt Audi pour la deuxième place.

Le triple Champion WTCC José Maria Lopez semble avoir pris très rapidement ses marques, ce qui devrait permettre à l’équipe de moins compter sur les seules acrobaties de Sam Bird au volant pour partir à la chasse aux deux top teams.

José Maria Lopez, DS Virgin Racing Formula E Team
José Maria Lopez, DS Virgin Racing Formula E Team

Photo by: John Rowley

Les meilleurs des autres

Plus loin sur la grille, Faraday Future Dragon et Mahindra semblent très proches, et il est presque impossible de choisir laquelle des deux terminera quatrième dans la course au titre.

Toutes deux disposent de groupes propulseurs très similaires, y compris les moteurs Magneti Marelli et d’autres pièces évoluées du groupe propulseur. Leur rivalité sera une des luttes à suivre cette saison.

Si Felix Rosenqvist parvient à se montrer aussi convaincant que tout au long de sa carrière pour l’instant, surtout sur les circuits urbains, on peut s’attendre à le voir concurrencer Lopez pour le titre de “Rookie de l’année” et peut-être ajouter les points nécessaires à ceux de Nick Heidfeld pour devancer Dragon dans la course au titre.

Puis vient Techeetah. Jean-Éric Vergne devrait être en mesure de gagner des courses, mais le fait est que l’équipe, qui demeure largement inchangée par rapport à Team Aguri qu’elle remplace, devra faire un progrès majeur d’un point de vue opérationnel pour tenter d’approcher le top 5.

Clairement, Vergne devrait représenter une menace réelle pour Buemi en qualifications, et des pole positions de JEV sont probables pour ne pas dire attendues. Une motivation supplémentaire pour le Français est qu’il a un autre intérêt dans l’équipe que celui de seulement piloter.

Andretti, avec un line-up de pilotes qui n’a rien à envier à ceux des équipes déjà citées - composé de Robin Frijns et Antonio Félix da Costa - recherchera encore à ramasser les restes sur la table cette saison.

Si les performances de premier plan sont probablement du passé pour l’écurie américaine, ce qu’Andretti a de son côté est donc un duo constitué de deux des meilleurs pilotes en termes de gestion thermique et stratégie de récupération. L’augmentation de 50KW de celle-ci cette saison jouera par conséquent en faveur des deux jeunes pilotes.

Andretti semble aussi avoir opté pour davantage de rapports de boîte que ses adversaires, mais avec l’assistance technique et en ingénierie de BMW, on peut s’attendre à ce qu’elle devienne de plus en plus rapide à mesure que la saison progressera. Il est aussi fort possible que son rythme de Donington ait été “contrôlé” d’une façon ou d’une autre.

L’équipe renommée NextEV NIO sera beaucoup plus compétitive qu’elle ne l’était lors de sa seconde campagne absolument désastreuse, s’étant considérablement allégée dans sa restructuration tant pour le groupe propulseur qu’avec des partenaires comme Omni Gear et Rational Motion - ainsi qu’à l’intérieur de l’équipe elle-elle.

Aucune dépense superflue n’a été faite, et les changements de structure instigués par Gerry Hugues, qui a rejoint l’équipe à la fin de 2015, portent maintenant leurs fruits. Conserver Nelson Piquet Jr et Oliver Turvey au volant était crucial, et s’ils ont le bon équipement, ils seront dans le coup.

Venturi devrait probablement souffrir, lancée dans un nouveau partenariat technologique avec ZF dans le but de bâtir quelque chose de spécial à l’horizon 2018 (saison 5). L’écurie monégasque a fait le moins de kilomètres lors des tests de Donington, et est restée en retrait en termes de temps au tour.

Reste que le potentiel est là côté pilotes avec Stéphane Sarrazin et la nouvelle recrue Maro Engel, pour rejoindre le milieu de tableau et lutter avec Andretti, NextEV et Jaguar à mesure de l’avancée de la saison. 

Jean-Eric Vergne, Techeetah
Jean-Eric Vergne, Techeetah

Photo by: John Rowley

 Que fera Jaguar ?

Bien sûr, une des grandes questions est de savoir comment se comportera la nouvelle équipe Jaguar pour son retour sur la scène internationale en compétition, absente qu’elle était depuis 2004 et la F1.

L’équipe soutenue par Panasonic pourrait viser la sixième place, mais beaucoup dépendra de si Techeetah peut compter sur le coéquipier de Vergne, Ma Qing Hua, pour lui rapporter de gros points.

Jaguar semble avoir coché la case fiabilité, mais qu’en est-il de la vitesse ? C’est une relative inconnue, mais une position en milieu de peloton est la plus probable au moins après les deux premières courses. Les responsables ont clairement indiqué qu’ils entamaient une saison d’apprentissage, faisant remarquer qu’ils avaient deux ans de retard sur leurs adversaires.

La pression commencera à se faire sentir si l’équipe ne parvient pas à se maintenir avec régularité dans le groupe de tête à partir de la troisième course à Buenos Aires, en début d’année prochaine. Car avec le team manager Tim Newton, l’ingénieur de course Patrick Coorey venu de DS Virgin, ainsi qu’Adam Carroll et Mitch Evans au volant, l’équipe devrait pouvoir menacer Techeetah et Andretti au championnat.

2017 Jaguar I-type
2017 Jaguar I-type

Photo by: Jaguar

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