Ben Sulayem : Il faut rendre le sport auto plus abordable

Mohammed ben Sulayem, candidat à la présidence de la FIA, fait part de ses plans pour le futur du sport automobile en cas de victoire. L'Émirati estime qu'il sera possible de faire croître le sport automobile à tous les niveaux si les coûts deviennent plus abordables.

Ben Sulayem : Il faut rendre le sport auto plus abordable

En décembre, Jean Todt quittera le poste de président de la FIA qu'il occupe depuis 2009. Mohammed ben Sulayem s'est porté candidat à sa succession, et l'ancien pilote de rallye fait part de ses plans en cas de victoire dans une entrevue exclusive accordée à Motorsport.com.

"Je veux faire croître la FIA", indique-t-il. "Je pense qu'il y a le potentiel requis pour que la compétition se développe. La FIA repose sur deux piliers : le sport automobile et la mobilité. La mobilité, ce sont les automobilistes, l'environnement et la sécurité routière. Tout cela va de pair. Nous devons développer le sport automobile en Amérique latine, en Inde, en Chine ou en Afrique, où j'estime qu'il y a beaucoup de potentiel. Et pour le développer, il faut d'abord le rendre abordable. Aujourd'hui, la compétition est chère. Même le karting est très cher, un jeune pilote doit dépenser 300 000 dollars pour une saison complète."

Lire aussi :

Pour que les différentes catégories puissent prospérer, ben Sulayem estime qu'il est nécessaire que la FIA réduise les dépenses sur tous les échelons du sport automobile. "Personne ne nie le fait que la F1 est au sommet du sport automobile de la FIA, mais la FIA n'est pas que la F1, sinon elle serait limitée à certains domaines. Nous ne voulons pas que les championnats régionaux disparaissent. La seule façon de nous améliorer est de protéger les championnats régionaux. Et pour les protéger, il faut s'assurer qu'ils soient abordables. Les règles ne sont pas là pour restreindre, les règles sont là pour leur venir en aide et aussi pour leur rendre service."

"Le championnat du Moyen-Orient des rallyes de la FIA a connu des hauts et des bas parce que nous n'innovions pas. La différence entre le budget d'une équipe comme la mienne et celui de l'équipe en dernière place représentait une somme d'argent énorme. Mais si nous faisons en sorte que tout soit plus équilibré et que personne ne puisse venir avec des millions de dollars pour acheter la meilleure voiture et tout gagner, il n'y aura plus de grand fossé."

Le regard de ben Sulayem sur la F1

Selon l'Émirati, Liberty Media, détenteur des droits commerciaux de la Formule 1, a réalisé un exploit en organisant en toute sécurité des Grands Prix pendant la pandémie de COVID-19. Toutefois, ben Sulayem affirme que des opportunités doivent encore être saisies pour améliorer le Championnat du monde.

"En tant que sportif et membre de la société du sport automobile, je félicite Liberty et les équipes pour avoir organisé un championnat en toute sécurité l'année dernière malgré toutes les restrictions", déclare-t-il. "Nous savons que la pandémie est vraiment difficile, alors je leur dis bravo pour avoir géré l'énorme mobilisation et logistique de la F1. Cela dit, les défis que nous devons relever sont les suivants : nous devons écouter nos partenaires et nous devons continuer à travailler sur l'avenir."

"Le principal défi, selon moi, est sans aucun doute le plafonnement des coûts. C'est la voie à suivre, mais le plafond ne doit pas seulement concerner certaines dépenses d'une équipe. Je crois qu'il doit couvrir l'ingénierie, les tests et beaucoup d'autres choses, y compris les pilotes. Cela créerait une compétition."

"Je pense que personne n'aime voir seulement deux ou trois équipes se battre tandis que que les autres sont distancées. Ce n'est pas une compétition et ce n'est pas ce que les équipes recherchent. Je crois en la création d'un département technique compétent et dynamique au sein de la FIA ainsi qu'en un dialogue beaucoup plus important avec les équipes."

Il ajoute : "J'ai une très bonne relation avec la Formule 1. Mon équipe et moi organisons le Grand Prix d'Abu Dhabi depuis 2009, et je sais comment développer un événement et l'entretenir. Je peux voir quels sont les problèmes et ce que recherche [la F1] pour l'avenir. J'ai discuté avec eux, avec Toto Wolff, sur la façon dont nous pouvons pérenniser le championnat. Le sport automobile n'est pas seulement une compétition, c'est un divertissement et un business. Et si nous n'avons pas de plan, nous échouerons."

Le travail de Jean Todt salué

Ben Sulayem salue également les différents travaux entrepris par Jean Todt, l'actuel président de la FIA. L'Émirati espère ainsi poursuivre une partie des actions du Français tout en se concentrant également sur d'autres horizons. "J'étais l'un des plus grands soutiens de Jean lors de la première campagne en tant que vice-président, et je le suis encore aujourd'hui", lance-t-il. "Il est certain que Jean a été un excellent président de la FIA pendant onze ans et demi."

"Parmi d'autres sujets, il s'est concentré sur la sécurité routière au niveau mondial. Il soutient sincèrement cette cause, il y croit, et il faut qu'il y ait un héritage pour les années à venir car nous parlons de sécurité routière. C'est extrêmement important, surtout dans les pays en développement. J'ai l'intention d'ouvrir de meilleures voies, plus abordables, pour les jeunes conducteurs. On ne peut pas simplement répéter ce que le président précédent a fait, cela ne fonctionnera pas. Les défis sont différents. Comme je l'ai dit, le paysage change mais on ne me détournera pas de l'essentiel, qui est de venir en aide aux plus jeunes."

partages
commentaires
Motorsport Games va commercialiser le jeu officiel de l'IndyCar

Article précédent

Motorsport Games va commercialiser le jeu officiel de l'IndyCar

Article suivant

Le présentateur Will Buxton rejoint Motorsport.tv

Le présentateur Will Buxton rejoint Motorsport.tv
Charger les commentaires