Après New River - Une seule marque vous manque et tout est dépeuplé

Championnat en plein développement aux États-Unis, avec de plus en plus de manches organisées et de têtes d'affiche présentes depuis sa recréation en 2011, le Global Rallycross Championship fait face à un problème du côté des voitures en termes de nombre (une dizaine d'engagés réguliers seulement) et surtout de diversité (trois modèles différents représentés, quatre quand une Hyundai est de la partie).

Le roi du gymkhana, Ken Block, qui est aussi un vrai pilote comme le démontrent ses résultats en GRC, est devenu le week-end dernier le premier à s'imposer deux fois en 2015, à l'occasion de la quatrième manche de la saison. Celle-ci s'est déroulée pour la première fois sur un circuit ultra rapide tracé au cœur de la base militaire de New River à Jacksonville, Caroline du Nord.

La finale a été quelque peu faussée par une interruption qui a permis à Block de se “refaire” après avoir manqué de caler au départ, le drapeau rouge effaçant son retard sur les leaders, mais là n'est pas le problème. Il est qu'à l'exception de deux Subaru jamais en mesure de viser la victoire, Block a imposé sa Ford Fiesta face à... sept autres Ford Fiesta. Et la compétition a pris des allures de formule monotype.

Des Beetle pas vraiment volantes

La raison en est le forfait des deux Volkswagen Beetle de l'équipe Andretti Rallycross. Véritables épouvantails du championnat, celles-ci enchaînent les pépins mécaniques entrecoupés de quelques résultats probants, et ne justifient pas leur statut de favorites. Tanner Foust s'était d'ailleurs imposé lors de la manche précédente à Daytona non sans avoir collectionné les problèmes auparavant.

Ce fut bien pire à New River. Scott Speed a été éliminé par une casse de moteur dans la seconde manche qualificative; le moteur en question a été remplacé mais le récent vainqueur des X Games (hors championnat) n'est réapparu ni pour la suite des manches qualif, ni pour sa demi-finale, ni pour la course de repêchage qui lui aurait laissé une chance d'atteindre la finale.

Une comparaison qui fait mal

Même cause, ou presque, et même punition pour Foust : suspension cassée et roue perdue après un contact a priori peu violent lors d'une manche qualificative (rappelons que ce sont des choses qui arrivent en rallycross...), l'Américain est lui aussi resté invisible tout le reste du meeting.

Lors de la manche suédoise du Championnat du Monde de la FIA, le même week-end à Holjes, ce sont pas moins de six constructeurs qui se sont affrontés avec près d'une dizaine de modèles différents et par le biais de nombreuses écuries privées plus ou moins "aidées"! Citons pêle-mêle Audi (avec des A1 et S1) qui s'est imposé avec Mattias Ekström, Peugeot (208), Citroën (DS3), Volkswagen (des Polo, un Scirocco "invité" et une Beetle nouvelle venue), Ford bien sûr (Fiesta) mais aussi Renault (Clio) à cette occasion.

Le reste du temps, des Volvo ou encore Skoda et d'autres modèles de marques déjà citées (Citroën C4, Renault Twingo), utilisés dans leurs championnats nationaux par des concurrents venant participer à l'une ou l'autre manche mondiale, gonflent régulièrement des plateaux comprenant jusqu'à une trentaine de Supercars – la catégorie reine du rallycross des deux côtés de l'Atlantique...

Un plateau pourtant de qualité

Certes, le GRC propose des courses animées avec un plateau de pilotes assez relevé et composé d'une vraie star (Block), d'expérimentés spécialistes américains (Tanner Foust, Bucky Lasek) et européens ou plutôt nordiques (Sverre Isachsen, ancien Champion d'Europe), de jeune pousses américaines (Steve Arpin), d'un ancien rallyman forcément... nordique (Patrik Sandell) et même de deux anciens pilotes de F1 (Scott Speed, Nelson Piquet Jr).

Certes, aussi, des petites sœurs d'écuries d'IndyCar ont vu le jour dans les ateliers de Michael Andretti ou Brian Herta pour s'engager dans ce championnat. Certes, enfin, les courses ne se déroulent plus uniquement dans ces arènes que sont les ovales type Daytona, mais aussi sur des circuits rappelant davantage – ou essayant de le faire – leurs homologues du vieux continent.

Reste à trouver la quantité

Mais pour monter en puissance, se faire une place parmi les championnats qui comptent aux États-Unis (aux côtés de l'indétrônable Nascar), et peut-être aussi justifier son appellation quelque peu présomptueuse de "Global", le GRC doit proposer un plateau plus varié du côté des voitures.

Il est vrai que les marques françaises, par exemple, n'auraient pas forcément un grand intérêt à courir aux USA, même si cela n'est pas rédhibitoire – surtout quand on parle d'équipes privées (Citroën et Sébastien Loeb avait d'ailleurs pris part aux X Games il y a quelques années). Mais pour d'autres, comme Audi, le marché américain est très important.

Les constructeurs impliqués, présents et – on l'espère – futurs, feraient bien aussi de fournir plusieurs écuries, comme le fait justement Ford, réduisant ainsi les coûts d'une discipline déjà assez peu onéreuse. Car un nombre réduit de modèles différents se verrait moins avec des plateaux plus étoffés.

Et puis, cerise sur le gâteau, il faudrait bien attirer des talents pour dompter les 600 chevaux de toutes ces voitures...

GRC 2015 - Classement après New River (manche 4/11)

Pos.PiloteÉquipeVoiturePoints
1 43 Ken Block Hoonigan Racing Division Ford Fiesta ST 181
2 93 Sebastian Eriksson Olsbergs MSE Ford Fiesta ST 150
3 07 Nelson Piquet Jr. SH Racing Rallycross Ford Fiesta ST 148
4 14 Austin Dyne Bryan Herta Rallysport Ford Fiesta ST 140
5 00 Steve Arpin Chip Ganassi Racing Ford Fiesta ST 136
6 34 Tanner Foust VW Andretti Rallycross VW Beetle 122
7 31 Joni Wiman Olsbergs MSE Ford Fiesta ST 115
8 18 Patrik Sandell Bryan Herta Rallysport Ford Fiesta ST 85
9 41 Scott Speed VW Andretti Rallycross VW Beetle 81
10 11 Sverre Isachsen Subaru Rally Team USA Subaru Impreza 56
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Séries Global Rallycross , World Rallycross
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