Bourdais "vraiment impressionné" par l'Aeroscreen

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Bourdais "vraiment impressionné" par l'Aeroscreen
Par :
, Rédacteur en Chef USA
Co-auteur: Léna Buffa
6 nov. 2019 à 10:46

Le pilote français, en test à Sebring mardi avec Patricio O'Ward, s'est dit très impressionné par la qualité du travail réalisé sur l'Aeroscreen, système testé par l'IndyCar dans différentes situations ces dernières semaines.

L'IndyCar a bouclé mardi ses essais de l'Aeroscreen, système qui sera utilisé en 2020. Après un premier test en piste sur l'ovale d'Indianapolis, puis d'autres sur le circuit routier de Barber Motorsports Park et sur l'ovale court de Richmond, c'était au circuit de Sebring d'accueillir une simulation de course sur piste urbaine.

Sébastien Bourdais a jugé que la visibilité avait été presque parfaite lors de cet essai. Réagissant auprès de Motorsport.com, le pilote du Dale Coyne Racing with Vasser-Sullivan a admis en avoir même été surpris : "On a toujours des réserves lorsque l'on va vers quelque chose comme ça, mais je pense que l'IndyCar, Red Bull [Advanced Technologies] et l'équipe qui est derrière cela ont vraiment fait du très bon travail."

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"La qualité du pare-brise est remarquable et ils ont trouvé suffisamment d'options pour le refroidissement", souligne le pilote français. "Il faisait très chaud, et bien que cela n'ait pas été aussi confortable qu'avec un cockpit ouvert, ils devraient réussir à atteindre un niveau acceptable en termes de chaleur, alors je tire clairement mon chapeau. La palette d'outils pour faire face à la chaleur est bien là. Je pourrais clairement utiliser des écopes un peu plus grandes pour l'aération du casque, mais ce ne sont que des détails et je pense que l'IndyCar peaufine encore cela afin d'apprendre où serait le meilleur endroit pour prendre l'air. Je ne vois rien d'insurmontable."

Également présent sur ce test, Patricio O'Ward pointe quant à lui cette question comme la priorité du travail à mener pour peaufiner le système. "La structure du Halo et le pare-brise sont bien, en termes de visibilité nous voyons tout ce que nous devons voir. Le plus gros problème a été de faire entrer l'air dans le cockpit, là où nous voulions qu'il aille", explique à Motorsport.com le Champion 2018 d'Indy Lights, qui rejoint Arrow McLaren SP en 2020.

"Nous avons trouvé une assez bonne solution pour canaliser l'air vers le haut de mes jambes, mais le fait de diriger l'air vers la visière lorsqu'elle est ouverte est quelque chose qu'il faut régler", suggère-t-il. "Il faisait assez chaud, probablement dans les 30°C, et humide également, ce qui en a fait un bon test pour les conditions chaudes. Et réussir à avoir un fort flux d'air vers l'ouverture de la visière est quelque chose qui n'a pas encore été trouvé."

Rien d'insurmontable dans les derniers ajustements

Après ce test, Bourdais conserve des interrogations au sujet de quelques situations de course relativement rares. "Je suppose qu'il y a quelques scénarios que nous ne connaissons pas encore, comme celui d'une sortie de quelqu'un devant vous sur le mouillé qui éclabousserait tout un tas de saletés. Il est plus difficile de nettoyer un pare-brise qu'une visière de casque. Mais nous roulons principalement sur le sec", souligne-t-il, néanmoins tout à fait séduit par ce nouveau système et convaincu qu'il ne reste plus qu'à l'affiner : "Je ne sais pas… Je pense juste qu'il s'agit d'une avancée tellement majeure pour la sécurité que nous allons tolérer tout le reste et contourner le problème."

Scott Dixon, Chip Ganassi Racing Honda avec l'Aeroscreen

La voiture de Scott Dixon avec l'Aeroscreen

L'une des inquiétudes du quadruple Champion de la discipline avant de tester l'Aeroscreen concernait le fait qu'il porte des lunettes, ce qui aurait pu amplifier les soucis liés à la distorsion visuelle. Mais une fois testé, il a fait savoir qu'il y avait finalement eu très peu d'irrégularités dans la vision qu'il peut avoir à travers le pare-brise.

"J'ai piloté beaucoup de prototypes de sportives et de GT dont les pare-brises étaient de très mauvaise qualité même s'ils n'étaient pas très compliqués, mais j'ai été agréablement surpris par la qualité de l'Aeroscreen IndyCar. Compte tenu de la courbure qu'il présente, je m'attendais à une grande distorsion, mais j'ai été vraiment impressionné. Il y a une légère distorsion d'environ 45° au pic de la courbure, qui fait que l'on peut voir les gens légèrement plus fins ou plus gros, mais ce n'est vraiment, vraiment pas grand-chose. Je suis vraiment impressionné de voir qu'ils s'en sont sortis."

Quant à la tenue de la voiture, Bourdais l'a bien sentie différente, avec un centre de gravité plus haut et plus de poids placé sur l'avant, deux conséquences de l'Aeroscreen. "Elle parait plus lourde, comme si on avait toujours à bord beaucoup de carburant", remarque-t-il. "On sent l'inertie et la voiture n'a pas le même ralentissement que celui qu'elle a normalement. On peut plus facilement bloquer les roues plus tôt qu'on ne le devrait. Je pense que les voitures seront plus lentes entre une demi-seconde et trois-quarts de seconde au tour, simplement à cause du poids. C'est simplement de la physique, avec une pièce pesant 25 kg placée à un endroit qui n'est pas idéal sur la voiture. Mais en termes de spectacle, cela n'aura pas d'effet : personne ne verra ces différences."

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Bourdais minimise également l'idée que Firestone aurait besoin de procéder à des changements radicaux sur ses pneus avant en conséquence de la nouvelle répartition des masses sur la voiture. "La première chose à dire, est que je crois que nous devrions de toute façon utiliser des pneus plus durs sur les pistes urbaines. Cela réduit [le dépôt de] boulettes de gommes, et puis j'ai toujours aimé des pneus plus durs car on peut les punir, pousser fort et gagner de plus en plus de vitesse. Je suis donc toujours en faveur de cela", souligne-t-il.

"Mais par une journée chaude, comme [mardi], avec des pneus normaux, même avec le poids supplémentaire l'usure des pneus n'était pas vraiment plus forte que celle que nous avons lors d'une journée similaire [sans Aeroscreen], alors ce n'est pas une nécessité. Et nous allons d'ailleurs commencer la saison avec ce que nous avons, car l'allocation de Firestone pour les pistes urbaines est déjà faite. Finiront-ils par faire des ajustements ? Oui, probablement. Je pense que tout est à l'étude actuellement."

"Pour les ovales, je pense que l'avant-droit va changer pour le Texas, mais d'après ce que j'ai entendu au sujet des autres ovales, je n'ai pas vu de prédictions d'inquiétudes. Rien qui ne puisse se régler avec le set-up, en tout cas."

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Séries IndyCar
Pilotes Sébastien Bourdais
Équipes Dale Coyne Racing
Auteur David Malsher