Grosjean : "Le trafic nous a assurément coûté la victoire"

Romain Grosjean estime que le trafic l'a privé d'une chance de l'emporter au Grand Prix d'Indianapolis en IndyCar.

Second du Grand Prix d'Indianapolis, Romain Grosjean, parti en pole et leader lors des deux premiers relais de course, a dû s'incliner face à Rinus VeeKay. Le Néerlandais est passé en piste au début du relais en pneus durs (noirs) du Français, profitant de ses gommes tendres (rouges) en température, avant de creuser l'écart par la suite dans une lutte à distance.

Pour Grosjean toutefois, même si VeeKay a stratégiquement choisi de débuter la course en gommes dures ce qui lui a permis d'enchaîner ensuite les relais en tendres contrairement au pilote Dale Coyne, c'est le trafic qui a surtout joué un rôle dans sa "défaite". En IndyCar, les drapeaux bleus existent mais n'ont pas, comme en F1, de valeur impérative ; un pilote peut donc résister aux leaders et même se battre pour la place en piste.

Grosjean a plutôt bien géré les premiers pilotes qu'il mettait à un tour dans la première moitié de l'épreuve mais a commencé à perdre du temps à la fin de son second relais lorsqu'il a tenté de dépasser Takuma Sato. Après avoir passé de façon musclée le Japonais, ce dernier s'est ensuite dédoublé, là aussi de façon autoritaire. Par la suite, dans son dernier relais en gommes tendres, l'ancien pilote Renault, Lotus et Haas est resté bloqué derrière Sébastien Bourdais et n'a jamais réussi à faire la jonction avec VeeKay.

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"Chaque championnat est différent, et vous avez des problèmes de drapeaux bleus partout", a commenté Grosjean, pour qui ce n'était que la troisième course en IndyCar. "En Formule 1, on m'a montré les drapeaux bleus assez souvent ces dernières années et c'était terrible pour nous ! Le leader se plaignait que ça n'allait pas suffisamment vite."

"Aujourd'hui, j'aurais aimé que les drapeaux bleus soient montrés plus souvent parce que j'étais celui qui était à leur poursuite, mais c'est la règle appliquée par l'IndyCar. Y a-t-il de la place pour l'amélioration ? Probablement. Y a-t-il une solution parfaite ? Mais le trafic nous a assurément coûté la victoire aujourd'hui."

Quand il lui a été demandé si les nombreuses billes de gommes (ou marbles) présentes hors trajectoire sur la piste avaient joué un rôle dans ses difficultés en l'incitant à ne pas s'y aventurer pour dépasser, Grosjean a répondu : "Il y avait un peu de marbles mais je ne pense pas que c'était le plus gros problème."

"Je pense que le fait que le retardataire puisse utiliser le push-to-pass pour se défendre du leader, c'est un peu plus ennuyeux parce que... vous utilisez votre push-to-pass... eh bien il aurait fallu l'utiliser en fait pour combattre Rinus ou Alex [Palou] aujourd'hui. Vous ne voulez pas l'utiliser [sur un retardataire]."

"Je pense que nous étions aussi un peu courts en sixième vitesse parce que le vent a changé un peu de direction, donc je tapais le rupteur. Ça ne m'a pas facilité la vie pour doubler les gars. Avec Takuma, c'était un peu à la limite, je dirais, et avec une autre voiture aussi, et si vous perdez trois secondes sur deux tours et quelques secondes de plus pour dépasser un gars – ça fait cinq secondes et ça aurait été plus que suffisant pour garder Rinus derrière nous."

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Grosjean a par ailleurs reconnu qu'il s'attendait à ce que VeeKay offre une forte opposition sur ce circuit. "Rinus était super rapide lors des Essais Libres 1, ainsi que lors du warm-up dans des conditions plus fraîches, donc je savais qu'il allait être bon. Il n'a pas réussi à atteindre le Fast Six, donc je savais qu'il aurait plus de pneus rouges [moins usés] disponibles pour la course. Il a commencé sur des [pneus] noirs."

"Quand j'ai rattrapé une voiture plus lente, il s'est arrêté tôt et a pris les rouges, et il a eu un peu d'air libre. Je savais qu'ils avaient une stratégie différente donc qu'il allait être difficile [à battre]. Et aussi sur le dernier relais, je me suis retrouvé coincé derrière Sébastien Bourdais, qui est un pilote super rapide et il était en pneus neufs, et j'étais en vieux pneus rouges. Je n'ai pas pu le dépasser pendant un long moment jusqu'à ce qu'il bloque et aille tout droit dans le premier virage."

"Je pouvais voir Rinus quatre ou cinq secondes devant et je n'ai pas eu la chance de revenir sur lui. C'est ce que j'ai appris : il fallait juste que je pousse jusqu'au bout. Cela montre que vous pouvez avoir une avance de sept ou huit secondes dans le premier relais et cela ne signifie pas que vous allez gagner la course."

"[VeeKay] est sorti des stands avec une bonne avance et j'étais derrière deux voitures dans la pitlane, des retardataires ; c'était une journée difficile au niveau des dépassements. Je sais que c'est un très bon circuit, de très belles lignes droites, mais quand les voitures attardées utilisent leur push-to-pass, il est difficile de passer et alors évidemment vous devez attaquer plus fort sur vos pneus et ne pouvez pas vraiment avoir le rythme que vous voulez."

"Quand [Rinus] m'a dépassé, j'étais sur les noirs, il était sur les rouges, et j'ai demandé à l'équipe s'il avait la même stratégie [désormais], ils ont dit oui, et donc je devais essayer de rester proche sur les noirs mais je n'ai pas pu. Et puis sur le dernier relais, comme je l'ai dit, j'étais coincé derrière la #14 [Bourdais] qui allait vite – trop vite pour que je puisse le dépasser mais pas assez pour rattraper Rinus !"

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