James Hinchcliffe - "Ma crainte sera physique, pas psychologique"

En prononçant ces mots, James Hinchcliffe parle du moment où il remontera dans sa monoplace d’IndyCar. Le 18 mai dernier, quelques semaines après sa victoire dans le Grand Prix de Louisiane à bord de la monoplace n°5 de l’écurie Schmidt Peterson Motorsports, il a été victime d’un grave accident lors des essais des 500 Miles d’Indianapolis.

Sa Dallara/Honda a percuté le mur de protection à plus de 220 m/h, soit 355 km/h. La force de l’impact a fait pénétrer un triangle de suspension à l’intérieur de la coque. La pièce métallique a transpercé la cuisse droite du pilote et s’est enfoncée dans son bassin.

 

Je vais de mieux en mieux. L’équipe médicale est extrêmement satisfaite des progrès que j’effectue quotidiennement

James Hinchcliffe

 

Le Canadien de 28 ans a été opéré à l’hôpital Methodist d’Indianapolis. Après avoir passé plusieurs jours en soins intensifs, celui qu’on surnomme affectueusement “Hinch” est rentré chez lui. Mercredi le 10 juin, il a parlé aux journalistes lors d’une téléconférence de presse.

 

Je vais de mieux en mieux. L’équipe médicale est extrêmement satisfaite des progrès que j’effectue quotidiennement,” a-t-il expliqué.

 

Par contre, et heureusement, il n’a aucun souvenir du crash.

 

J’ai eu besoin d’au moins cinq jours pour réellement comprendre ce qui m’était arrivé. Tout de suite après l’impact, même si j’étais éveillé, je n’étais pas vraiment conscient. Je crois que mon mécanisme de défense naturel est entré en action.”

 

En fait, je ne me souviens de rien. Je me suis réveillé aux soins intensifs à l’hôpital, intubé et connecté à des fils, sans savoir ce qui m’était arrivé. J’ai même été étonné d’apprendre que mes blessures étaient si graves,” raconte Hinchcliffe.

 

Nous, les pilotes, sommes des animaux bizarres. Aux soins intensifs, j’ai demandé, avec l’aide d’une feuille de papier et un crayon, quand je pourrais remonter dans la voiture ! Ça a choqué des membres de l’équipe médicale ! Mais nous savons fort bien qu’un accident peut survenir à chaque fois que nous montons dans la voiture. Nous sommes préparés à cette éventualité.”

Une nouvelle opération à l'abdomen est prévue

On lui a demandé ce qu’il faisait durant les (longues) journées d’attente.

 

Ce que je fais ? Je sais maintenant que les émissions de télé dans la journée sont exécrables ! Ma décision la plus importante de la journée est de savoir si je m’installe sur le canapé ou si je reste au lit…”

 

 

Sérieusement, ma condition s’améliore quotidiennement. Je n’ai quasiment plus mal et je ne prends presque plus d’antidouleurs. C’est ma blessure au bassin qui me cause le plus d’inconfort en ce moment.”

Je lis beaucoup, mais je dois aussi bouger. J’ai perdu 6 kg depuis l’accident, surtout du muscle. Je marche à nouveau. Aujourd’hui, j’ai effectué 2400 pas, mais je suis loin de mon record de 4000 ! Il y a de bonnes journées, et de moins bonnes… Je suis optimiste, mais je dois demeurer patient.”

 

Hinchcliffe a expliqué qu’il n’était pas au bout de ses peines.

 

J’arrive d’un examen chez le médecin. Je devrai subir une autre intervention chirurgicale à l’abdomen. Ça, c’est un peu dur à encaisser, car cela retarde mon retour en piste. Quelques petites choses doivent guérir, puis, d’ici quatre à six semaines, je serai opéré à nouveau.”

 

Après, je devrai rester tranquille pour une autre période allant de quatre à six semaines avant de retourner à la gym et de recommencer l’entraînement.”

 

On m’a dit que si le triangle de suspension était passé 5 mm plus à droite ou à gauche, les conséquences auraient été dramatiques.

James Hincliffe

L’équipe Schmidt Peterson Motorsports lui a expliqué ce qui était survenu sur l’anneau d’Indianapolis.

Alors que j’étais sous respirateur aux soins intensifs, ils ont analysé les causes de l’accident. Il y avait une chance sur un million que cette pièce de suspension casse. Ça n’arrive jamais. Et de plus, il y avait très peu de chances qu’elle transperce la coque, ce qu’elle a fait. J’ai donc été très malchanceux.”

 

L’équipe de secouristes m’a dit avoir pris conscience de mon état quand ils m’ont vu aussi pâle et ont aperçu la flaque de sang dans le fond de la coque. On m’a dit que si le triangle de suspension était passé 5 mm plus à droite ou à gauche, les conséquences auraient été dramatiques.”

 

Hinchcliffe a cependant une très grande hâte de remonter dans sa monoplace.

 

Je ne redoute pas le moment où je vais remonter dans la voiture. Je crains plutôt l’état de ma condition physique. Ma crainte sera physique, et non pas psychologique. Mais dès que je pourrai voyager à nouveau, j’assisterai aux courses afin de suivre l’action de près et pour conseiller l’équipe dans le développement de ma voiture.”

 

Ce qu’il a fait pour la première fois à Toronto, quelques jours après cet interview. Lors de la course précédente, il était déjà apparu mais... par l’intermédiaire du grand écran qui surplombe les tribunes du Texas Motor Speedway. Les deux fois, il lui a été demandé de lancer le fameux : “Drivers, start your engines”... 

 

Propos recueillis par René Fagnan 

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Séries IndyCar
Pilotes James Hinchcliffe
Type d'article Interview
Tags hinchcliffe, indianapolis, indycar