Tristan Vautier - "En IndyCar, une petite écurie peut faire un bon résultat"

Comme à Indianapolis et à Detroit, Tristan Vautier est de retour aux commandes de la Dallara-Honda N°19 de l’écurie Dale Coyne Racing ce week-end à Toronto au Canada.

Depuis les 500 Miles, le Français multiplie les piges avec cette équipe. Sa participation est d’ailleurs toujours confirmée au dernier moment.

Comment vous êtes-vous retrouvé à courir en IndyCar cette année ?

En début de saison, je n’avais pas de volant en série IndyCar [Vautier avait toutefois obtenu un volant avec Mazda en série TUDOR United SportsCar Racing]. L’écurie Coyne m’a contacté pour que je qualifie la monoplace confiée à James Davison pour l’Indy 500. Ce que j’ai fait.

Je suis ensuite retourné en Europe jusqu’à ce que j’effectue un voyage pour courir en GT aux États-Unis. Lorsque j’ai réservé mon billet d’avion, je n’étais pas très content de devoir effectuer une longue escale à Chicago.

Mais comme j’attendais à l’aéroport, l’écurie Coyne m’a appelé pour que je change mes plans et que je pilote la voiture de Carlos Huertas à l’Indy 500 [car Huertas souffrait d’un problème à l’oreille interne].

Cette escale à Chicago m’a finalement permis de disputer les 500 Milles d’Indianapolis, car j’étais déjà sur la côte est américaine!

Comment et pourquoi avez-vous décidé de quitter l’Europe pour courir en Amérique du Nord ?

J’ai couru en Europe à mes débuts, mais jamais avec de gros budgets. J’avais un œil sur le sport automobile américain depuis déjà un bout de temps.

Il existait une possibilité d’effectuer un essai en fin de saison dans une monoplace d’une série de développement. J’étais alors en contact avec Dan Anderson qui était impliqué en série Star Mazda.

Début 2010, je suis allé en Floride effectuer cet essai, très court, durant lequel j’ai effectué peu de tours de piste. Mais ça s’est bien déroulé, et Anderson m’a pris dans son écurie pour les deux tiers de la saison.

Malgré des abandons à cause de bris mécaniques, ça s’est plutôt bien passé et j’ai gagné le titre la saison suivante. Avec la bourse remise au champion, j’ai pu poursuivre en Indy Lights, puis en IndyCar.

Ayant couru sur les deux continents, vous pouvez comparer les deux genres de sport automobile...

Selon moi, le niveau de compétition ici en Amérique du Nord est aussi élevé qu’en Europe. En formules de développement [Formule 2000, Mazda et Indy Lights], c’est aussi compétitif et intense qu’en Europe. C’est aussi serré et disputé.

Par contre, le niveau de profondeur n’est pas le même. Ici, le top 5 est très fort, tandis qu’en Europe, c’est le top 10 ou le top 12. Donc, si vous faites une mauvaise course, ici, vous êtes 6e. En Europe, la même mauvaise course vous placera 12e ou 14e...

En ce qui concerne l’IndyCar, c’est différent et c’est réellement compétitif à travers tout le peloton. Il n’y a pas de gros écarts entre les pilotes. Et puisque les voitures sont assez égales, cela rend les courses extrêmement disputées et très intenses !

Êtes-vous heureux de courir IndyCar, et non pas dans la prestigieuse Formule 1?

En Formule 1, il existe d’énormes différences entre les voitures. Entre une Mercedes et une Manor, il y a un monde d’écart. En fait, en F1, on se bat contre son coéquipier et non pas contre les autres écuries.

Ici [en IndyCar], toutes les voitures à peu près égales. Les écarts sont très serrés. Si vous faites une erreur de pilotage en qualification, vous perdez entre cinq et dix places. Mais pour une petite équipe comme nous [Dale Coyne Racing], on peut espérer compter de bons résultats en course, et ça, c’est impossible à faire en F1. J’adore courir en IndyCar, je n’ai vraiment pas à me plaindre.

Propos recueillis par René Fagnan à Toronto

 

 

 

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