Entretien Frédéric Sausset (1/2) - "Je n'avais droit à aucune erreur"

Motorsport.com s'est entretenu avec Frédéric Sausset, premier pilote quadri-amputé à disputer (et finir) les 24 Heures du Mans au volant d'un prototype Morgan-Nissan P2 de sa propre équipe, engagé dans le cadre du Garage 56.

Entretien Frédéric Sausset (1/2) - "Je n'avais droit à aucune erreur"
Frédéric Sausset
#84 SRT41 by Oak Racing Morgan - Nissan: Frédéric Sausset et Jean-Bernard Bouvet
#84 SRT41 by Oak Racing Morgan - Nissan: Frédéric Sausset, Christophe Tinseau, Jean-Bernard Bouvet
#84 SRT41 by Oak Racing Morgan - Nissan: Frédéric Sausset
#84 SRT41 by Oak Racing Morgan - Nissan: Frédéric Sausset
#84 SRT41 by Oak Racing Morgan - Nissan : Frédéric Sausset, Christophe Tinseau, Jean-Bernard Bouvet
#84 SRT41 by Oak Racing Morgan - Nissan: Christophe Tinseau et Frédéric Sausset
#84 SRT41 by Oak Racing Morgan - Nissan: Frédéric Sausset, Christophe Tinseau, Jean-Bernard Bouvet
#84 SRT41 by Oak Racing Morgan - Nissan: Frédéric Sausset, Christophe Tinseau, Jean-Bernard Bouvet
#84 SRT41 by Oak Racing Morgan - Nissan: Frédéric Sausset, Christophe Tinseau, Jean-Bernard Bouvet
Frédéric Sausset
#84 SRT41 by Oak Racing Morgan - Nissan: Frédéric Sausset, Christophe Tinseau, Jean-Bernard Bouvet
#84 SRT41 by Oak Racing Morgan - Nissan: Frédéric Sausset, Christophe Tinseau, Jean-Bernard Bouvet

Vous avez accumulé des kilomètres au volant d'un prototype CN en championnat V de V avant Le Mans. Comment jugez-vous cette préparation et vos performances dans cette discipline ?

Il est clair que le V de V a été un formidable tremplin pour cette aventure. Cela avait été décidé comme ça dès le départ, c'est le championnat qui forme le mieux à l'étape suivante qui est l'ELMS, puis les 24 Heures du Mans. Le plateau est relevé, nous étions beaucoup de pilotes de LMP2 à sortir du V de V, ce qui prouve la valeur de ce championnat, et le fait que cette série a tout à fait sa place dans la préparation pour les 24 Heures. En tous cas pour moi, c'était quelque chose d'absolument positif, ajouté aux conseils avisés de Christophe Tinseau, et cela vient en premier, qui m'a fait énormément progresser. On rappellera que ma première fois dans une voiture de course, c'était en mars 2015. Et avec toute cette préparation et ces conseils, on a réussi à tenir notre place aux 24 Heures.

Le projet a naturellement fait l'objet d'une importante exposition médiatique. Comment avez-vous géré cet aspect ?

On savait qu'à un moment donné cela exploserait au niveau médiatique. C'est venu crescendo, mais cela a vraiment explosé lors de la journée test. Cela faisait partie du job, j'ai essayé que cela nous gêne le moins possible dans le déroulement du planning que l'on s'était fixé, et finalement cela ne s'est pas trop mal passé. J'avais la chance d'avoir autour de nous une équipe d'amis et de proches qui ont su gérer aussi cet aspect média de manière à ce que tout le monde puisse avoir son temps de parole en empiétant le moins possible sur nous. Cela s'est bien passé, et les retours ont été positifs.

Comment avez-vous appréhendé la journée test, et notamment la pression de découvrir à la fois le circuit et le trafic, notamment la cohabitation en piste avec les LMP1 ?

L'appréhension était effectivement pour moi de gérer les P1. On m'en avait fait tout un monde en me disant que cela allait être très compliqué. Mon ressenti est que ce n'est pas ça qui était le plus dur. Les pilotes de P1 sont des extraterrestres du pilotage, ce sont des pilotes hors-catégorie, et ils sont également au volant de voitures hors-catégorie. Finalement, si l'on tient bien sa ligne, ils n'ont aucune difficulté à nous déposer totalement. Il faut évidemment faire attention à ne pas les gêner, mais franchement j'ai eu plus de difficultés avec des P2 qui étaient un peu plus rapides que la nôtre, qui se lançaient dans des dépassements hasardeux, mais je n'ai pas eu de problème particulier avec les P1.

En tout cas, la Journée Test m'a libéré. Il y avait des obligations de roulage, de temps, je suis arrivé avec beaucoup de pression car je savais que j'étais très attendu par certains et que je n'avais droit à aucune erreur. On se doutait bien que Christophe Tinseau et Jean-Bernard Bouvet allait réussir leur mission sans problème ; celui que l'on attendait, c'était moi. La Journée Test m'a libéré d'une partie de cette pression, d'autant que je me suis aperçu que le tracé du Mans me convenait plutôt bien.

La pression était-elle ainsi retombée d'un cran avant la course en elle-même ?

Il y a eu beaucoup de pression jusqu'au bout, il fallait réussir à passer tous les échelons. Il y a eu des roulages de nuit, pour moi c'était une nouveauté, par exemple. Finalement, chaque étape a remis un peu de pression. Et puis Le Mans, c'est particulier, cela n'a rien à voir avec une course de V de V, à tous les niveaux : pression médiatique, public, enjeu. Il y a eu des pressions jusqu'aux trois ou quatre derniers tours avant le drapeau à damiers.

Votre forme physique sur vos relais tout au long de l'épreuve était-elle un motif d'appréhension ?

Ce n'était pas une appréhension. J'ai fait en sorte d'être très bien préparé. J'ai fait une préparation physique de haut niveau pendant de nombreux mois. Même si certains pouvaient en douter, moi j'avais la certitude que cela tiendrait. Mon kiné a travaillé en permanence avec moi, surveillant l'état de mon bras, etc. Finalement, après des relais de 11 tours comme j'ai fait aux 24 Heures, il n'y avait rien de notable par rapport à d'habitude, mon corps encaissait très bien ces relais-là. Le team manager et un certain nombre de personnes de l'équipe pensaient que je pourrais réaliser des relais de 11 tours deux ou trois fois mais qu'ensuite on allait devoir diminuer la durée de ces relais, mais finalement on est resté sur ce format de 11 tours qui correspondaient à un plein d'essence, et ça allait très bien. J'ai ainsi bouclé sept relais, plus un dernier de quatre tours.

À suivre...

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