Hypercar, proto, GT : comment Glickenhaus voit l'avenir de l'Endurance

Pour Jim Glickenhaus, il est clair qu'une LMP2 ne pourra pas s'imposer aux 24 Heures du Mans en août prochain. Et surtout, tout est fait selon lui pour que cela ne se produise pas, ouvrant la discussion sur l'avenir de l'Endurance.

Hypercar, proto, GT : comment Glickenhaus voit l'avenir de l'Endurance

Glickenhaus fera le mois prochain ses grands débuts en WEC avec l'une de ses deux Hypercars. Le petit constructeur américain débarque sur la scène mondiale de l'Endurance avec un projet qui attise les curiosités, et avec une étiquette très différente des grandes marques et de leur programme d'usine. Son objectif : jouer dans la cour des grands face à Toyota dans un premier temps, puis Peugeot, Ferrari, Porsche et Audi. Avec quelle vision du paysage qui se met actuellement en place et des problématiques réglementaires autour du LMH et du LMDh ? Jim Glickenhaus a sa propre analyse, qu'il a livrée sans concession à Motorsport.com, et surtout sans langue de bois, le tout après une manche d'ouverture à Spa-Francorchamps qu'il qualifie de "très intéressante", même si son équipe en était absente.

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"L'ACO a été très clair depuis le premier jour : les Hypercars coûteraient moins cher, elles auraient des restrictions aéro, des restrictions au niveau du poids, et l'objectif de tout ça serait de diminuer les coûts, ce qui est une idée formidable", rappelle-t-il. "Et elles rouleraient au Mans avec des chronos en 3'30, le temps au tour prédit et qui plait aux gens. Alors Toyota et nous avons construit une voiture qui pourrait exactement faire ça."

"La Toyota est au poids, à la puissance et à l'aéro qui sont supposés être, et elle roulera en 3'30 au Mans. Toyota a fait des essais, ils ont des ingénieurs, ils ont dépensé beaucoup d'argent, et ils disent : il n'y a pas de mystère quant à notre rythme. Alors quel est le problème avec les LMP2 ? Il faut les ralentir, car si l'on repense à l'an dernier, je crois que les LMP1 roulaient en qualifications autour de 3'15 au tour, et en 3'20 en course. Donc si on les ralentit de dix secondes, il faut aussi ralentir les LMP2. Si nous sommes en 3'30, les LMP2 doivent être en 3'40 pour être dix secondes plus lentes. Et les GT doivent aussi être dix secondes plus lentes, en 3'50."

LMP2 : interdit de gagner ! 

Des GT que Jim Glickenhaus imagine, à terme, toutes réunies sous la même réglementation GT3, pour aboutir à une pyramide modifiée. "Le GTE, c'est fini, ce n'est pas viable financièrement, donc ça va être du GT3", avance-t-il. "Dans mon esprit, avec le GT3 on se rapproche du Mans 1967 : il y avait des GT, des prototypes, et entre les deux il y avait des prototypes 2 litres, comme aujourd'hui il y a les Hypercars, les LMP2 et les GT, ce que nous verrons en 2023 et voyons déjà en IMSA. En WEC on verra du GT3 en 2023, et la catégorie intermédiaire, qui est actuellement le LMP2, devra être de l'Hypercar light. Il faudra que ce soit dix secondes plus lent que l'Hypercar, c'est comme ça."

"Tout le monde en LMP2 dit : 'C'est terrible, on ne peut pas rouler plus lentement, bla bla bla'. Franchement, en 2023 il y aura le centenaire des 24 Heures du Mans, il y aura Toyota, Peugeot, Ferrari, Acura, Porsche et Audi, et un privé comme nous, et puis j'espère aussi BMW, GM et peut-être Alpine, c'est-à-dire neuf ou dix voitures différentes. Avouons-le, il y a des fans qui aiment le LMP2, je les comprends, mais ce qu'ils ne comprennent pas, c'est que le public s'en fiche, il ne fait aucune différence au sein du LMP2, et il n'y en a pas vraiment avec toutes ces Oreca à moteur Gibson, non ? Qu'est-ce que cela a à voir avec la voiture que conduit un fan tous les jours ? Rien."

"Si c'est une Peugeot, les gens peuvent s'identifier, ils ont des Peugeot, ou si c'est une Glickenhaus parce qu'un fan de Glickenhaus en conduit une, ou une Ferrari… Ferrari n'a pas gagné les 24 Heures du Mans au classement général depuis 56 ans, ils reviennent pour gagner, et les chances de voir Ferrari construire une Hypercar s'ils pensent qu'une LMP2 aura le droit de les battre sont nulles. C'est ce dont les fans doivent prendre conscience."

C'est la raison pour laquelle Jim Glickenhaus estime que "ça n'arrivera pas", soulignant que les LMP2 ont déjà été ralenties et que cela pourrait aller encore plus loin par la suite. "Le plus probable est d'avoir de l'Hypercar, du LMP2/3 et du GT3, plutôt que de voir une LMP2 avoir une chance de terminer en tête au général", avance-t-il. "Je vous dis une chose : si une LMP2 gagne les 24 Heures du Mans cette année, nous partons, et je pense que Toyota partira et que Ferrari ne viendra pas, ils ne voudront pas. Il y a eu toute cette hystérie sur internet avant la course [à Spa], c'était de la folie, et Toyota semble maintenant un peu plus rapide entre les essais libres et la course. À Spa, Toyota avait un rythme auquel nous pourrions confortablement être pour nous battre."

Et Alpine dans tout ça ? 

À plus court terme, Jim Glickenhaus pointe l'évidente difficulté à équilibrer les performances entre les Hypercars et l'exception que constitue Alpine cette année avec son prototype LMP1, mais se montre confiant pour la suite de la saison sur ce point.

"Je comprends que l'ACO voulait au moins trois constructeurs dans la catégorie reine cette année", souligne-t-il. "Ils ont pris conscience qu'avec le COVID et les problèmes pour développer une nouvelle voiture, Toyota serait en mesure d'être là dès le début mais peut-être pas nous. Donc pour assurer le coup il y a eu Alpine. Mais comme on l'a vu à Spa, Alpine a un sérieux problème : ils n'ont pas un réservoir suffisamment grand et ils ne peuvent pas embarquer assez de carburant car c'est une ancienne LMP1 limitée à une certaine quantité, et ils ne peuvent pas agrandir le réservoir."

"Je pense que ça va s'arranger et s'améliorer à partir de maintenant. Le point le plus bas a eu lieu à Spa car il n'y avait qu'une seule Hypercar. À Portimão, il y aura deux constructeurs, même si nous n'aurons qu'une voiture et Toyota deux. À Monza ce sera deux contre deux, au Mans aussi, et si l'année prochaine le monde revient à la normale et qu'il y a des spectateurs, nous reviendrons. Peugeot arrivera, puis l'année suivante il y aura Ferrari et la convergence avec l'IMSA."

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