Peugeot - "Diviser les coûts par deux" pour un retour en LMP1

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Peugeot -
Par : Basile Davoine
28 oct. 2016 à 08:43

À l’heure où Audi vient d’annoncer avec fracas son départ de l’Endurance dès la fin de la saison, les questions se posent autour de l’arrivée de nouveaux constructeurs dans la catégorie LMP1.

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L’année prochaine, la catégorie verra s’affronter uniquement deux marques, Porsche et Toyota, après avoir perdu le constructeur d’Ingolstadt qui était présent depuis 1999. 

Ces dernières semaines, beaucoup de questions ont entouré l’éventualité d’un retour de Peugeot en Endurance. Le Lion avait mis un terme à son programme 908 de manière brutale au début de l’année 2012, après cinq années d’engagement au Mans, et sans jamais avoir connu le WEC. 

Le WEC est actuellement trop cher

Dans les rangs de la marque française, le discours est rodé mais semble également s’articuler autour d’une ligne encore peu évidente à discerner. En témoignent les propos de Bruno Famin qui, s’il rappelle que "les conditions ne sont pas là" pour un retour de Peugeot à l’heure actuelle, précise aussi que le constructeur surveille bel et bien de très près la question. 

Tandis que Peugeot est impliqué sur le Dakar et en Rallycross, il lui est nécessaire d’obtenir des conditions qui permettraient un retour. Elles passent inévitablement par une réduction drastique des coûts en LMP1.

"Je peux dire pareil que le boss [le président de PSA, Carlos Tavares]", confie Bruno Famin à Motorsport.com. "Il nous a demandé de voir quelles seraient les conditions pour que Peugeot reprenne un programme d’Endurance." 

"Tout le monde aimerait revenir, mais les conditions ne sont pas là. La principale condition, c'est le coût d'un tel programme. Ce n'est pas une question de sponsor. La réglementation technique doit évoluer pour assurer que nous puissions nous engager avec de bonnes chances de victoire et avec un budget divisé par deux par rapport à ce qui se fait actuellement en WEC, car c'est bien trop cher. Nous n'avons pas cet argent. Avec ou sans Peugeot, le budget actuellement requis pour remporter le WEC n'est pas viable."

Pouvoir gagner sans l’hybride

Le directeur de Peugeot Sport va plus loin en précisant que la donne est très claire pour Peugeot : sans une réduction des coûts de moitié, au moins, il est impossible de revenir. Comment y parvenir ? Bruno Famin lance des idées qui passent par une révision de la réglementation technique, et notamment par le fait d’avoir la possibilité de jouer la victoire sans disposer impérativement d’un prototype doté d’un système hybride.

"L’esprit de la réglementation est très bon", estime Bruno Famin. "C’est une très bonne façon pour un constructeur de montrer le niveau et l'efficience de sa technologie. Maintenant, il faut trouver le bon niveau d’investissement."

"Il faut modifier la structure et diviser les coûts par deux, plus ou moins. Une chose qui est très importante dans la technologie utilisée en WEC, c'est le système hybride, évidemment. Mais une chose qui n'a pas été suffisamment développée à notre avis, c'est la réduction du poids." 

"Une façon de réduire les coûts, selon nous, c'est réduire le poids minimal, car c'est plus pertinent par rapport aux voitures de route. Si nous voulons réduire les émissions et la consommation, il faut réduire le poids. Une bonne façon serait de réduire le poids, de conserver le système hybride, mais de l'équilibrer avec le poids. Si l'on peut aller aussi vite avec peut-être un peu moins de système hybride…"

Sur ce point, le dialogue est clairement ouvert avec les organisateurs des 24 Heures du Mans et du WEC : "Nous discutons avec la FIA et l'ACO pour essayer de promouvoir ce genre d’idée", confirme Bruno Famin. "Après, ce sont eux qui décideront. À l'heure actuelle, nous n'avons aucun projet. Nous travaillons sur des chiffres."

"C’est le travail de la FIA et de l'ACO. Ils ont des groupes de travail techniques, ils ont tous ces meetings. Nous verrons ce qu'ils pourront proposer pour les nouvelles règles d'ici la fin de la décennie. Rappelez-vous qu'il y a dix ans, Porsche avait une LMP2 de 750 kilos. La Spider Penske, aux États-Unis, pesait 750 kilos. Il n'y avait pas de système hybride, mais c'était une LMP2, très proche d'une LMP1."

Observateur attentif

En clair, Peugeot est encore largement dans une position d’attente, mais espère voir la tendance aller dans son sens pour envisager davantage un réengagement en Endurance. Et cet hypothétique nouveau programme ne serait pas forcément lié au destin des autres.

"Il est trop tôt pour en parler", assure Bruno Famin. "Nous sommes dans les programmes Dakar et Rallycross pour deux ou trois ans, au moins ; cela ne veut pas dire que nous allons arrêter dans deux ou trois ans. C'est la visibilité que nous avons actuellement." 

"Le grand patron, Monsieur Tavares, a dit qu'il aimerait revenir à un programme d'Endurance, mais il faut que les conditions économiques et financières soient là. Le WEC s'est beaucoup amélioré, mais il faut qu'il continue à s'améliorer. Les 24 Heures du Mans restent très importantes. Il faut travailler sur le retour sur investissement dans sa globalité, sur la réduction des coûts et sur l'amélioration de la visibilité du championnat."

Propos recueillis par Franco Nugnes, traduits par Benjamin Vinel

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À propos de cet article

Séries 24 heures du Mans
Équipes Peugeot Sport
Auteur Basile Davoine
Type d'article Actualités