Rebellion inquiète Toyota pour la victoire

Toyota demeure favori pour la victoire aux 24 Heures du Mans, mais l'écurie privée Rebellion a prouvé qu'il allait falloir compter avec elle, et le constructeur japonais ne crie pas victoire.

Rebellion inquiète Toyota pour la victoire

Si l'Équivalence de Technologie (EoT) a pour but de permettre aux équipes privées de se rapprocher du géant de Toyota, cet objectif est manifestement atteint au Mans. Bien que le prototype japonais ait signé la pole position en 3'15"267 aux mains de Kamui Kobayashi (qui pouvait faire mieux), Rebellion n'est pas loin avec un chrono de 3'15"822 signé par Gustavo Menezes au volant de la voiture #1, qu'il partage avec Bruno Senna et Norman Nato.

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Seules véritables rivales des deux Toyota, les Rebellion comptent jouer crânement leur chance, comme le déclare Menezes, réaliste vis-à-vis de la hiérarchie actuelle mais nourrissant des espoirs légitimes.

"C'était un tour extrêmement propre, et je ne sais pas combien j'avais de marge", analyse l'Américain quant à sa performance qualificative au micro de Motorsport.com. "C'était sacrément proche d'un tour parfait. La voiture avait le bon équilibre. Toyota, j'ai l'impression qu'ils en ont sous le coude si besoin. Mais nous avons abordé les qualifications en pensant qu'un top 4 serait bien, et nous sommes en première ligne. Cela a vraiment surpris tout le monde, moi compris, donc je suis vraiment content."

Quid de la course ? "Je pense que ce sera dur, nous ne pouvons pas être trop confiants, mais je veux vous dire que même si nous n'avons pas ce qu'il faut, nous allons tout donner pour remporter la victoire."

#8 Toyota Gazoo Racing Toyota TS050: Sébastien Buemi, Kazuki Nakajima, Brendon Hartley

Et face à un outsider si performant et motivé, l'inquiétude est forcément présente chez Toyota. "Les Rebellion sont bien plus rapides que les gens ne s'y attendaient ou ne le pensent", confie Sébastien Buemi, qui prendra le départ au volant de la Toyota #8, juste derrière la Rebellion #1 donc. "Hier soir, nous étions un peu plus lents qu'elles. Je m'attends à ce qu'elles soient aussi, voire plus rapides que nous [en course]. Bien sûr, c'est Le Mans, c'est 24 heures : il risque de pleuvoir, c'est difficile à prédire."

En parlant d'hier soir, Buemi fait référence à une séance d'Essais Libres 3 où Louis Delétraz et Rebellion ont frappé un grand coup d'emblée, en 3'19"158, chrono qui n'a pas été battu pendant les quatre heures de tests. "On dirait qu'ils ont fait leur run de qualifications hier soir quand ils ont fait leur 3'19"1, mais en toute honnêteté, je ne pense pas que nous aurions pu… Sur les longs relais, au milieu de la séance, ils étaient très rapides", reconnaît le Suisse. "Il pourrait faire plus frais, il pourrait pleuvoir, c'est difficile à prévoir, mais je serais surpris s'ils n'étaient pas rapides."

Le double vainqueur des 24 Heures du Mans et double Champion du monde d'Endurance n'est pas le seul à être inquiet ; c'est également le cas de Brendon Hartley, lui aussi couronné à deux reprises sur la scène mondiale et vainqueur en 2017 dans la Sarthe.

"Nous nous attendions à ce qu'ils représentent une grande menace", confirme Hartley au sujet de Rebellion. "Même l'an dernier, ils étaient parmi les plus rapides de la course en moyenne. Ils ont fait des progrès depuis lors, nous espérions en avoir fait des petits aussi. De plus, la réglementation est différente : l'an dernier, Toyota avait des avantages au niveau des arrêts au stand, du nombre de tours que nous pouvions faire [par relais]. Tout ça, c'est fini. Ils ont vraiment une chance de gagner. Nous devons faire notre travail, gérer le risque, rouler aussi vite que possible pendant 24 heures. Cela va être une bataille acharnée avec non seulement nos coéquipiers mais aussi les Rebellion."

Enfin, les averses annoncées tout au long de la course pourraient jouer en faveur de Toyota, mais Hartley n'y est pas forcément favorable pour autant. "Les Rebellion peuvent probablement mettre plus d'appui que nous, mais les quatre roues motrices sont effectivement un grand avantage pour nous sous la pluie. En même temps, beaucoup de risques sont associés à la pluie, et nous préférerions probablement une course propre sur le sec", conclut le Néo-Zélandais.

Avec Jamie Klein

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