Thomas Laurent et Alpine : "Il n'y a pas de favori en LMP2"

Pour sa quatrième participation aux 24 Heures du Mans, Thomas Laurent endosse les couleurs d'Alpine aux côtés d'André Negrão et Pierre Ragues. Le Français fait le point avant une édition "assez compliquée" qui promet d'être particulièrement indécise dans la catégorie LMP2. Il a répondu aux questions de Motorsport.com.

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Thomas, quel bilan tirez-vous des essais de jeudi et vendredi ?

C'était un planning très, très chargé, et en conclusion une très bonne journée. On a eu le temps de bien travailler pour la course principalement. On s'est laissés tenter par un petit run en qualifs, mais malheureusement il y avait beaucoup de trafic, des Full Course Yellow et des drapeaux rouges qui nous ont un peu coupés dans notre élan. Ça nous a un petit peu gênés pour les qualifs. Mais les qualifs c'est une chose au Mans, sauf que la course fait 24 heures, et le principal est d'avoir une voiture très bien réglée.

Y a-t-il une déception de ne pas avoir pu participer à cette hyperpole ?

Pour être honnête, non. On n'aurait pas appris grand-chose, hormis faire un bon temps, l'améliorer, etc. On n'aurait pas appris beaucoup de choses sur le pneu ou quoi que ce soit. À part mettre la voiture en danger, ça n'aurait pas servi. Certes, ça aurait été bien d'y être, je ne dis pas le contraire, mais on se contente d'une 10e place, ce qui est correct sur 24 voitures. En course on sait que ça va être très long : André sera au départ, il va nous remonter la voiture comme d'habitude dans le top 5 ou le top 3 et après on va gérer la course. C'est comme ça qu'on le voit.

#36 Signatech Alpine Matmut Alpine A470: Thomas Laurent

Vous sentez-vous bien préparés pour la course, dans une catégorie LMP2 qui est plus disputée que jamais ?

C'est vrai qu'il n'y a pas de favori : je dirais que les dix ou 15 premières voitures peuvent aller chercher la victoire ou au moins le podium. Comment faire pour se démarquer ? Tout simplement en faisant le moins d'erreurs possible, voire pas du tout, en ayant des arrêts au stand parfaits aussi. Les gars sont surentraînés, ils font des pitstops vraiment incroyables. Sur la piste, on va essayer de faire de même, ne pas faire de bêtise, avoir de bonnes moyennes, faire attention dans le trafic. Je pense que ça va être une course au Full Course Yellow ou à la Slow Zone. Il va falloir faire aussi attention à ça, car il y a des voitures avec beaucoup d'amateurs, qui ne font pas forcément attention à leurs rétros et qui bougent pas mal. Cette édition va être assez compliquée, en plus avec la météo qui s'invite, ce sera d'autant plus intéressant.

Le fait d'avoir 22 GTE Am en piste pose un problème de trafic supplémentaire…

Oui, ça se voit en piste. Quand on voit les écarts qu'il y a entre les voitures pour les qualifs, on se doute que ça va être la même chose pour la course et c'est pareil tous les ans. Ça va être un cauchemar à gérer au début car quand on va leur prendre un tour, elles seront toutes collées les unes aux autres. Ça va être très compliqué, 22 voitures à doubler ce n'est pas simple, même si on est plus puissant. Ça peut mener à des petites touchettes ou à des collisions. Il faut faire attention à ça. Il faudra peut-être se démarquer dans le trafic en faisant attention tout en ne perdant pas trop de temps. Mais en perdre quand il faut, ce n'est pas bête non plus !

Il y a un gros risque de pluie… est-ce souhaitable pour vous ?

Sachant qu'on n'a pas encore roulé sous la pluie ce week-end et que moi ce sera ma quatrième édition des 24 Heures du Mans et que je n'ai pas encore roulé sous la pluie, je ne le souhaite pas ! C'est toujours un petit peu tendu de partir sur une piste qu'on ne connaît pas sous la pluie, qui plus est en course, et encore plus aux 24 Heures du Mans. Je ne la souhaite pas mais malheureusement je pense qu'elle va arriver. Mais ce sera pareil pour tout le monde : on a des nouveaux pneus cette année et personne n'aura encore roulé avec au Mans, donc ce sera la grande surprise pour tous. On verra qui sortira son épingle du jeu.

#36 Signatech Alpine Matmut Alpine A470: Thomas Laurent, André Negrão, Pierre Ragues

Comment travaillez-vous en course pour gérer de telles conditions météorologiques ?

Il n'y a pas de météorologue, mais on a des sites internet assez précis. On essaie d'être le plus précis possible. La météo du WEC n'est pas mauvaise non plus. Et en cas de pluie, on envoie André sur la piste car c'est lui qui a le plus d'expérience sous la pluie, notamment avec l'Alpine. Il se débrouille très bien sous la pluie, moi aussi normalement mais je ne connais pas cette voiture sous la pluie. Notre référence, on l'a bien dit en briefing, ce sera André, et après on s'adaptera par rapport à ça.

À quel point la période de pause forcée par la crise du coronavirus a-t-elle pu perturber le travail entre les trois pilotes cette année ?

Je ne dirais pas que ça l'a perturbé, bien au contraire. Ça nous a permis d'apprendre à nous connaître. On a eu la chance de faire les 24 Heures du Mans virtuelles tous ensemble, donc on était connectés quasiment tous les jours pendant trois ou quatre heures, à échanger, y compris pour décompresser. Avec Pierre et André, il n'y a pas de souci sur ce point-là ! André est venu au Sables-d'Olonne après la course de Spa pour passer quelques jours là où j'habite, avant notre course en Alpine Cup. On a passé du temps ensemble, on a fait du karting, et nous voilà réunis cette semaine. On s'entend tous les trois très bien. Pierre est un peu notre papa, et nous on est les deux petits frères !

Quels sont vos projets d'avenir alors qu'Alpine va franchir le pas du LMP1 en 2021 ?

Je suis ravi pour Alpine qui monte en LMP1. Je ne peux pas vous cacher que je discute avec eux, car forcément, une place dans l'équipe me ferait plaisir. Je travaille aussi pour trouver un volant en ELMS, tout simplement pour gagner ma vie. Je suis rendu à un stade où je suis devenu professionnel il y a deux ans, et maintenant il faut tout simplement gagner sa vie.

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