Virages Porsche - Des modifications qui inquiètent certains pilotes

B.D., Le Mans - Tous les ans, l'Automobile Club de l'Ouest procède à des aménagements sur le circuit des 24 Heures du Mans, dans le but d'améliorer la sécurité en tirant les leçons des éditions précédentes. Ainsi le virage du Tertre-Rouge avait été revu l'an passé, après le décès accidentel d'Allan Simonsen au volant d'une Aston Martin lors de l'édition 2013.

Cette année, les organisateurs de l'épreuve se sont concentrés sur deux points précis : les accotements entre le virage de Mulsanne et celui d'Indianapolis, ainsi que l'enchainement rapide des virages Porsche. C'est dans ces esses que Loic Duval avait perdu le contrôle de son Audi l'année dernière, sortant miraculeusement indemne d'une terrible cabriole.

Une approche qui ne change pas

La mise en place de bandes gravillonnées avant la zone d'herbe entre Mulsanne et Indianapolis semble faire l'unanimité.

"Je pense que ça ne va pas changer grand-chose sur les temps au tour ou sur le pilotage en lui-même", confirme Alexandre Imperatori, pilote du Rebellion Racing, à Motorsport.com. "Après, c’est vrai qu’il y a des endroits où il y aura un peu plus de marge de manœuvre s’il y a quelque chose qui se passe, mais ce ne sont pas des endroits qui vont changer fondamentalement le circuit."

"Ce ne sont pas des choses qu’on va vraiment exploiter ou qu’on peut exploiter, parce que si on se retrouve là-bas, c’est qu’il y a eu un problème à la base, et ce n'est pas quelque chose qui va rapporter un gain de temps."

Le droit à l'erreur, vecteur de risque?

En revanche les dégagements modifiés, agrandis ou ajoutés, avec des zones asphaltées, dans les virages Porsche, alimentent quelques discussions. Et provoquent même l'inquiétude de certains pilotes.

"Le seul endroit où c'est peut-être un peu litigieux, c'est dans les Porsche : il y a un endroit avec un dégagement bitumé et ça va peut-être inciter quelques personnes à prendre plus de risques que par le passé ; et ça pourrait encore plus mal finir", craint Imperatori. "Donc c'est le seul endroit où j'aurais préféré voir encore de l'herbe, car il y a des gens qui n'étaient peut-être pas sûrs et qui allaient lever le pied, tandis que maintenant ils vont peut-être tenter de rester… Il y a des chances de voir des petits problèmes là-bas. Je ne l'espère pas mais la semaine de la course va nous le dire."

Prost aurait modifié différemment

Son coéquipier chez Rebellion, Nicolas Prost, partage ces craintes. Le Français alertait déjà sur les limites atteintes dans cette section hyper rapide l'an passé, avant même l'accident de Loïc Duval.

"Je pense qu'on est quand même à la limite du raisonnable dans les virages Porsche, notamment avec ce qu'on a vu l'année dernière lors de l'accident de Loïc [Duval]", insiste-t-il. "Pour moi, c'est clairement le virage 3 des Porsche qui pose problème et j'aurais modifié différemment de ça."

"L'ACO a fait le travail qu'elle estimait correct. Moi je n'aurais pas fait ce choix et j'aurais plutôt essayé de casser ce virage, pour que le dégagement qui existe soit plus adapté. C'est comme ça ; nous ne sommes pas consultés pour les changements du circuit."

Confirmant les propos d'Imperatori, Prost estime que le dégagement du virage 3 pourrait ne pas améliorer les choses et produire un effet contraire.

"Le dégagement du virage 3 peut inciter des gens à prendre plus de risques. On entend souvent qu'on ne peut pas dénaturer les circuits, faire ceci ou faire cela, mais nous ce qu'on voit c'est que les voitures passent 10 à 15 km/h plus vite en virage chaque année. Il faut aussi vivre avec son temps ; sans dénaturer, il faut être conscient que la performance des voitures évolue rapidement."

Écrire un commentaire
Montrer les commentaires
A propos de cet article
Séries 24 heures du Mans
Événement 24 heures du Mans
Circuit Le Mans
Pilotes Nicolas Prost , Alexandre Imperatori
Type d'article Actualités
Tags endurance, le mans, lmp1, sécurité