Aleix Espargaró juge Austin "trop dangereux" pour maintenir la course

Aleix Espargaró pense que les bosses du circuit d'Austin rendent le maintien de la course difficile. Pecco Bagnaia perçoit une situation plus grave qu'à Silverstone en 2018, quand l'épreuve avait été annulée.

Aleix Espargaró juge Austin "trop dangereux" pour maintenir la course

À une quasi-unanimité, les pilotes se sont plaints des conditions dans lesquelles ils ont dû rouler vendredi à Austin, sur un circuit plus bosselé que jamais. Chacun y est allé de sa petite phrase, parfois pour exprimer une grosse inquiétude : les parties du circuit qui n'ont pas été resurfacées ont provoqué de très fortes secousses sur les machines, si bien que certains ont émis l'idée de raccourcir l'épreuve. D'autres pensent que les conditions ne seront pas réunies pour disputer la course dans des conditions suffisamment sûres.

"On se plaint de ce circuit depuis de nombreuses années et ils ne l'ont pas resurfacé, les trous sont très, très dangereux", a déploré Aleix Espargaró, victime d'une chute à très haute vitesse vendredi. "Les motos de 2015 étaient beaucoup moins bonnes que les actuelles, six années se sont écoulées et le chrono de [Marc] Márquez [le plus rapide vendredi] est deux secondes plus lent. La piste est très dangereuse et pour moi, c'est trop dangereux de rouler ici dimanche."

Le MotoGP a déjà été confronté à des conditions trop mauvaises pour maintenir une course, à Silverstone en 2018, quand l'asphalte posé pour cette édition n'était pas en mesure de drainer correctement les eaux de pluie. La situation est-elle aussi grave à Austin ? "Je pense que c'est bien pire que Silverstone", a lâché Pecco Bagnaia, néanmoins convaincu que le Grand Prix sera maintenu : "Ça ne sera pas possible [d'annuler la course] à mon avis. On est là, on doit faire la course."

"Je suis sûr que certains pilotes ne veulent pas faire la course [et que] quelqu'un d'autre dira qu'on peut rouler et qu'il faut faire la course. C'est bizarre parce qu'on se bat toujours pour être au sommet mais sur cette piste, on ne peut pas être à la limite parce qu'on la dépasse à chaque tour. Je pense qu'on dépasse la limite de la sécurité."

Entre le danger et l'impossibilité de faire un bon tour, Bagnaia ne cache pas une forte appréhension : "Aujourd'hui, il fallait comprendre comment être intelligent sur les bosses, parce que c'est l'une des pistes les plus dangereuses sur lesquelles j'aie jamais roulé. C'est très difficile. Je pense que l'opinion de tous les pilotes est la même, mais il faut disputer la course. On travaille beaucoup pour essayer d'avoir une moto plus facile à piloter et qui encaisse mieux les bosses. Ça ne sera pas facile mais on essaie."

"Normalement, quand un circuit refait un asphalte, c'est mieux, pas pire. On doit comprendre pourquoi ils ont décidé de faire les choses comme ça et voir si ça sera une bonne idée de faire la course, parce que c'est déjà dur d'enchaîner deux tours sans partir à la faute. À chaque tour, il y a quelque chose. J'ai très peur au virage 10. La moto bouge beaucoup à chaque tour et c'est très difficile. C'est la situation dans laquelle on doit courir."

La position de Bagnaia est d'autant plus symbolique de l'inquiétude générale qu'il n'a aucun intérêt à une annulation dans l'optique du titre, avec un important retard sur Quartararo à combler : "Je me bats pour le championnat et ça signifie beaucoup de choses. Si j'étais Fabio, avec 48 points [d'avance], ça serait facile pour lui de dire qu'on ne doit pas courir. Mais pour moi, c'est plus difficile. C'est presque impossible. On peut très facilement tomber. Si on chute au virage 10, c'est sur le quatrième rapport donc on est très rapides."

 

Joan Mir, vu en délicatesse en EL2, est venu appuyer les dires d'Aleix Espargaró et de Pecco Bagnaia : "Le plus délicat, c'est quand on cherche à faire le tour le plus rapide et à trouver quelques dixièmes", a souligné le Majorquin, jamais confronté à un tel problème au cours de sa carrière : "Je dirais que c'est dans tout le deuxième secteur et dans une partie du premier secteur qu'il y a le plus de bosses, je n'ai jamais roulé dans de telles conditions de ma vie."

Et si les pilotes seront peut-être en désaccord sur le maintien ou non de la course ce week-end, le Champion en titre estime qu'Austin ne pourra pas rester au calendrier sans changement majeur, même si le terrain sur lequel se trouve la piste posera éternellement problème. "Je pense parler au nom de tous les pilotes en disant que si on revient l'an prochain et que la surface n'a pas été refaite, ça sera impossible de faire la course", a estimé Mir. "Ça coûte cher et je ne sais pas s'ils pourront trouver une solution. On dirait qu'il faut refaire la surface tous les trois ans, ce qui coûte de l'argent. C'est difficile mais il faut trouver une solution. [...] C'est sûr que des pilotes seront favorisés par ces conditions et diront que ça va, mais je n'en fais pas partie."

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Avec Germán Garcia Casanova

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