Aleix Espargaró frustré d'être une cible facile en ligne droite

Sa dixième place au Grand Prix de Doha a beau s'accompagner d'un retard si faible qu'il en est un record en MotoGP, Aleix Espargaró regrette d'avoir beaucoup perdu dans la longue ligne droite de Losail.

Aleix Espargaró frustré d'être une cible facile en ligne droite

Aleix Espargaró a jugé sa dixième place au Grand Prix de Doha "injuste et cruelle". Septième la semaine précédente sur la même piste, le pilote Aprilia s'est montré aux avant-postes dès l'extinction des feux de cette seconde épreuve, premier suiveur des Ducati Pramac dans les deux tours d'ouverture. Dépassé par Álex Rins dans la troisième boucle, il s'est maintenu à une solide quatrième place jusqu'au dixième tour, avant de peu à peu rétrograder.

Le nerf de la guerre, ce fut la vitesse de pointe atteinte dans la ligne droite d'un kilomètre de la piste de Losail. Alors que les Ducati dépassaient allègrement les 350 km/h dimanche soir − avec une pointe à 356,4 km/h pour Jack Miller − Aleix Espargaró a dû se contenter d'une V-max de 343,9 km/h. En dépit des nets progrès de la RS-GP, applicables sur le reste du tour, chaque passage devant les stands est devenu un chemin de croix pour l'Espagnol, alors que les écarts entre les 15 premiers sont restés minimes jusqu'à l'arrivée.

"J'ai fait tout ce que j'ai pu, mais comme ça s'est vu à la télévision, je crois, je perdais beaucoup de terrain en ligne droite", explique Espargaró. "La moto fonctionnait super bien, les pneus aussi, ainsi que le traction control, mais en ligne droite c'était très difficile. À tous les tours à partir de la mi-course, je perdais une place. J'ai essayé d'être agressif, j'ai essayé plein de fois de dépasser Zarco et aussi Fabio [Quartararo], mais dans la ligne droite je perdais à nouveau, c'était donc très difficile. Dans la dernière partie de la course, quand les Ducati officielles ont commencé à rétrograder, j'avais la sensation d'avoir plus de gomme qu'eux, mais il n'y avait aucun moyen de les dépasser."

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Encore sixième dans le 15e tour, Espargaró s'est fait passer par Miller, Viñales, puis Mir et Binder pour finalement passer sous le drapeau à damier à 17 millièmes seulement de la Ducati de l'Australien, en perdition. "Dans le dernier tour, j'ai essayé de dépasser Mir, puis Miller. J'ai tout tenté, mais ensuite je suis arrivé dans la ligne droite et, avant que j'aie enclenché la quatrième, ils m'avaient repassé. J'ai donc perdu des places dans la dernière ligne droite. Je pense que dixième n'est pas un bon résultat, mais je crois avoir fait le maximum."

Les 5"3 records qui le séparent du vainqueur ne parviennent pas à alléger la frustration du pilote, qui vise le podium en course et le top 6 au championnat. "Franchement, je pense qu'on méritait beaucoup plus que cette dixième place", peste-t-il. "Je suis content de ma course, mais la dixième place est injuste et cruelle. Ça me frustre beaucoup. J'ai fait une course qui méritait au minimum une place dans le top 5."

Un meilleur potentiel à Portimão ou Jerez ?

Leader des EL1, Aleix Espargaró a solidement affiché sa place dans la première moitié de la hiérarchie durant tout le week-end. Si la ligne droite de Losail l'a effectivement mis en difficulté, les 15 points obtenus au cours de ces deux Grands Prix sont accueillis comme une bonne façon de limiter les dégâts, avant des rendez-vous dont il espère qu'ils pourront lui permettre de mieux exprimer le potentiel de sa machine.

"Je suis totalement confiant", affirme-t-il. "Franchement, l'accélération de la moto est incroyable, [grâce aux] progrès que l'on a accomplis par rapport à la saison dernière. Je ne perdais pas de terrain au milieu de la piste, je pense qu'on est à un niveau similaire à celui de nos adversaires, mais la différence en ligne droite est incroyable : en quatrième et en cinquième, en particulier. On perd près de 20 km/h, donc c'est très difficile de se battre sur une piste comme celle-ci, mais je pense qu'à Portimão ou Jerez on fera de très, très bonnes courses. Je suis sûr qu'on pourra se battre pour le top 6. Je suis déçu, parce que je pense qu'on a perdu une bonne opportunité au Qatar, mais on n'est malgré tout huitièmes au championnat, pas loin, et je suis impatient d'être à Portimão et Jerez."

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"J'aimerais que Portimão soit le week-end prochain, parce que je suis impatient de piloter cette moto prometteuse sur d'autres pistes", s'enthousiasme-t-il. "Je crois que sur une piste qui comporte une longue ligne droite, il faudra encore qu'on travaille sur le moteur, mais en Europe, où les circuits ne sont pas si grands, je pense que cette année ce sera fun et qu'on pourra rivaliser avec les premiers."

Avec Carlos Guil Iglesias

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