Aleix Espargaró n'a pas perdu le plaisir qu'il avait à ses débuts

De son premier Grand Prix en 2004 à aujourd'hui, Aleix Espargaró a vu sa vie personnelle changer autant que sa stature de pilote, devenu aujourd'hui l'une des références du MotoGP. Mais il l'affirme, il n'a perdu ni le plaisir de piloter ni l'adrénaline que lui transmet la course.

Aleix Espargaro, Aprilia Racing Team

Pilote le plus âgé du plateau MotoGP cette saison (il fêtera ses 34 ans dans quelques jours), Aleix Espargaró a à son actif plus de 300 Grands Prix et l'expérience d'une carrière qui lui a tout fait connaître, des bas-fonds du classement à la victoire.

Voilà 19 ans qu'il évolue dans le championnat, arrivé par la catégorie 125cc avant de gravir les échelons un à un. Il mettra longtemps à stabiliser sa place, ayant même fait un retour dans la catégorie intermédiaire après avoir touché une première fois au MotoGP. Longtemps, il a mangé son pain noir et c'est précisément lors de ce passage en Moto2 en 2011 qu'il a enfin décroché son premier podium.

L'année suivante, il réintégrait la catégorie reine grâce au règlement CRT, puis restait engagé en Open. Brillant sur la Yamaha Forward en 2014, il a retrouvé par deux fois le chemin du podium et s'est ainsi ouvert les portes d'équipes officielles − Suzuki puis Aprilia.

Aujourd'hui devenu l'une des valeurs sûres du championnat, avec à son palmarès une victoire longuement attendue et finalement arrivée l'an dernier, c'est avec fierté qu'il se retourne sur son parcours. Mais il l'assure, il n'a rien perdu du plaisir qui l'animait lorsqu'il a fait son entrée pour la première fois dans ce paddock, encore adolescent.

"Ma carrière n'a pas été facile. Je ne dis pas qu'elle a été facile pour quiconque, c'est très dur pour tout le monde d'accéder au MotoGP, mais dans mon cas ça a été assez étrange parce que j'ai couru avec la catégorie CRT, puis je suis passé en Open et ensuite je suis enfin arrivé dans une entreprise comme Suzuki", se remémore Aleix Espargaró pour le podcast officiel du MotoGP.

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"Quand on arrive en étant un gamin − car j'avais 15 ans et j'en étais donc un −, c'est comme un jeu", explique-t-il. "On ne sait pas ce que veut dire la pression ou les responsabilités. Aujourd'hui, c'est complètement différent. J'ai beaucoup de monde, toute une usine et beaucoup de familles qui dépendent de mes résultats, ce qui veut dire que ça met beaucoup de pression, de stress, de responsabilités."

"Il faut développer une moto, on est l'image de beaucoup de produits marketing. C'est complètement différent, c'est désormais plus comme un travail. Mais je m'amuse quand même toujours comme je le faisais quand j'étais ce gamin de 15 ans."

Aleix Espargaro a remporté son premier Grand Prix en 2022, en Argentine.

Aleix Espargaró a remporté son premier Grand Prix en 2022, en Argentine.

Qu'est-ce qui a changé chez lui en près de vingt ans de carrière ? "Je pense que je suis beaucoup moins nerveux que je ne l'étais avant. Quand je suis arrivé dans le championnat, j'étais incontrôlable. Je faisais des bêtises toute la journée, avec mon scooter dans le paddock. Je me souviens de cette époque, avec Nico Terol et Sandro Cortese, et beaucoup de jeunes pilotes quand je suis arrivé dans le championnat", sourit-il.

"Je pense que je suis un peu plus calme maintenant, je suis un père de famille désormais, alors tout a complètement changé. Le plus important à mes yeux, c'est qu'en travaillant pour une usine, d'abord Suzuki et maintenant Aprilia, j'ai appris à développer une moto. C'était totalement nouveau pour moi et c'est quelque chose que j'adore."

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S'il a évolué en tant qu'homme au cours de sa carrière, Aleix Espargaró a aussi vu les MotoGP changer pour devenir des monstres de technologie que certains décrient. Lui, il continue d'y trouver ce qu'il cherche avant tout, à savoir le plaisir que le pilotage de ces machines lui procure.

"Beaucoup de choses ont changé, mais une n'a pas changé : c'est l'adrénaline, les sensations que ces motos vous transmettent. Certes, maintenant on a des ailerons, un contrôle anti-wheelie et tout ce que vous voulez, mais la vitesse et l'adrénaline quand vous relâchez les freins pour entrer dans un virage, ça n'a pas changé, c’était pareil quand je suis arrivé en 2005 et aujourd'hui en 2023. C'est ce que j'adore dans ce sport."

Aleix Espargaro, Aprilia Racing Team

Les jumeaux d'Aleix Espargaró ne sont jamais très loin de lui sur les Grands Prix.

Bien qu'il soit l'un des pilotes les plus investi dans tout ce qui touche au championnat, prenant souvent les sujets annexes très à cœur, Aleix Espargaró assure que fonder une famille a changé sa vision de la vie et lui a appris à relativiser.

"Ça change la perspective de la vie. Je ne dis pas que le MotoGP n'est pas important − c'est tout pour moi − mais c'est un job, et le jour où on le comprend, on s'ôte un peu de pression. Quand on rentre à la maison le lundi, après la course, et qu'on a une famille qui nous attend et qu'on a sa femme à ses côtés, cela permet de s'aérer l'esprit. Ensuite, quand on se rend sur le Grand Prix suivant, on arrive avec plus d'envie, en étant plus relax et plus heureux."

"Ça a complètement changé ma vie, j'ai été beaucoup plus compétitif depuis que j'ai conçu ma famille avec Laura", poursuit-il, s'estimant "chanceux" d'avoir rencontré sa femme, à 17 ans. "Ma vie est super facile. Souvent, on me dit que j'ai une vie dingue, que je ne m'arrête jamais. Ça n'est pas vrai, ma vie est ennuyeuse ! Je ne fais que faire du vélo et courir dans le monde entier, et je ne pense à rien d'autre car j'ai Laura à mes côtés qui fait ce que je n'aime pas. J'ai eu beaucoup de chance de l'avoir. Je dirais même qu'une grande part de mon succès lui revient."

"Quand je fais venir mes enfants au circuit, ça me donne beaucoup d'énergie positive. J'adore les avoir ici. C'est assez stressant, parce qu'ils sont aussi nerveux que leur père ! Mais en même temps quand j'arrive au motorhome ils me transmettent beaucoup d'énergie positive et j'adore ça."

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