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Aleix Espargaró était prêt à s'arrêter l'hiver dernier

Aleix Espargaró a songé à la retraite avant de découvrir l'Aprilia version 2020, dont le potentiel lui a apporté une nouvelle motivation. Malgré une saison éprouvante, le pilote espagnol pense avoir encore deux ou trois bonnes années devant lui, avec pour "obsession" de mener la marque italienne aux premières places.

Aleix Espargaró était prêt à s'arrêter l'hiver dernier

Même s'il est né dix ans après Valentino Rossi, Aleix Espargaró sera le deuxième pilote le plus âgé du plateau l'an prochain, à 31 ans. Andrea Dovizioso et Cal Crutchlow, eux aussi nés dans les années 1980, ont renoncé à disputer la saison 2021, le premier avec pour ambition de revenir un an plus tard et le second pour devenir le pilote d'essais de Yamaha. Espargaró aurait lui aussi pu quitter le MotoGP à l'issue de la saison 2020.

Père de jumeaux depuis deux ans, le Catalan a apprécié les moments passés avec sa famille avant le début de la saison 2020, au terme de laquelle son contrat avec Aprilia prenait fin. L'idée de ranger son casque a fait son chemin pendant quelques semaines pour être finalement balayée par des essais encourageants à Sepang, en début d'année, qui l'ont convaincu de poursuivre l'aventure avec son équipe.

"J'étais prêt à m'arrêter", a reconnu Espargaró. "J'étais très heureux à la maison avec [ma famille] et j'avais beaucoup de choses à faire en Andorre. J'avais dit à Laura [son épouse, ndlr] que si ce moment arrivait en 2020, ça m'allait. Mais, ensuite, après les essais de pré-saison en Malaisie, où je me suis senti très bien avec la moto, Aprilia m'a offert un très bon contrat pendant le confinement et j'ai décidé de rester pour prouver qu'on peut placer la moto au sommet."

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Présent en MotoGP chaque année depuis 2012, l'aîné des frères Espargaró s'est engagé avec le constructeur italien pour deux saisons supplémentaires, jusqu'à fin 2022, avant même d'entamer une campagne 2020 finalement en dessous de ses attentes, l'Aprilia n'ayant pas pu profiter de ses progrès avec le bond en avant qu'il attendait. La pandémie de coronavirus a ajouté son lot de complications avec une saison très intense, condensée en à peine plus de quatre mois, faite de plusieurs séries de trois courses en autant de week-ends et ponctuée de séances de tests auxquelles Espargaró a été régulièrement associé en raison des concessions dont bénéficie Aprilia.  

"Franchement, je suis vraiment fatigué, mentalement et physiquement, parce que ces quatre derniers mois ont été très exigeants", a reconnu le #41, qui a encore effectué deux journées d'essais sur le circuit de Jerez une fois la saison terminée. "Il faut que je réinitialise mon corps ! Je dois dire que cette année a été, sinon la plus exigeante, au moins parmi les trois années les plus exigeantes de ma carrière."

J'ai encore deux ou trois très bonnes années et je veux prouver que je peux être rapide et que je peux mener Aprilia dans le top 6 du championnat, ce qui est mon obsession.

Aleix Espargaró

Malgré les doutes apparus en début d'année et cette saison éprouvante, Aleix Espargaró se donne encore deux à trois années au plus haut niveau. En forme physiquement et parfaitement intégré à Aprilia, il est convaincu de pouvoir rester performant plusieurs saisons pour atteindre son objectif : faire de la marque de Noale une prétendante régulière aux premières positions, lui qui n'a décroché que trois top six depuis 2017 et son arrivée dans l'équipe officielle. L'unique bémol reste d'être régulièrement coupé de ses proches.

"Quand on leur pose cette question, tout le monde dit qu'il se sent mieux qu'il ne s'est jamais senti pendant sa carrière ! Mais dans mon cas, c'est vraiment ce que je ressens. Je me sens plus en forme que jamais, je suis plus léger que je ne l'ai jamais été, je n'ai jamais fait 65 kg comme aujourd'hui. Je me sens très fort, car j'ai changé de régime et de méthode d'entraînement ces deux ou trois dernières années, alors je me sens très bien."

"Je dois dire aussi que maintenant que j'ai ma famille de rêve, c'est dur pour moi d'être éloigné d'eux, surtout avec un calendrier comme celui-ci. C'est ce qu'il y a de plus difficile pour moi. Mais je me sens très bien avec les gens d'Aprilia parce que je les connais depuis longtemps, ils sont donc comme ma famille."

"Je me sens fort, j'ai le sentiment de continuer à progresser en tant que pilote. Mais, franchement, j'ai du mal avec le calendrier. Je n'aime pas être loin de ma famille, et dans cette situation c'est difficile, mais je dirais que c'est le seul point négatif. Je pense que j'ai encore deux ou trois très bonnes années et je veux prouver que je peux être rapide et que je peux mener Aprilia dans le top 6 du championnat, ce qui est mon obsession." 

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Aleix Espargaró mise sur un retour à un calendrier classique la saison prochaine, pour bénéficier d'un rythme moins intense mais aussi des Grands Prix hors d'Europe : "Cette année, beaucoup des courses outre-mer m'ont manqué. Je les adore ! J'adore le Qatar, la Malaisie, le Japon, l'Australie, la Thaïlande… Alors j'espère que l'année prochaine on pourra faire une année plus normale. Cette année c'est vrai que la Dorna a fait du super boulot pour qu'on puisse faire le championnat, mais au final on n'a couru que sur six ou sept circuits différents avec des doubles courses, ça n'est donc pas un véritable championnat. J'espère que l'année prochaine on pourra faire un championnat normal en courant sur un plus grand nombre de circuits dans le monde, et en essayant la moto à plus d'endroits." 

Avec Léna Buffa

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Séries MotoGP
Pilotes Aleix Espargaró Villà
Équipes Aprilia Racing Team Gresini
Auteur Vincent Lalanne-Sicaud