Álex Márquez a dû demander à Marc d'arrêter de le conseiller

Aux questions constantes des médias portant sur son frère se sont ajoutés la saison dernière une foultitude de conseils que Marc Márquez a prodigués à Álex Márquez, au point que celui-ci a dû dire stop.

Álex Márquez a dû demander à Marc d'arrêter de le conseiller

L'association des frères Márquez dans l'équipe officielle Honda allait à l'encontre des propres souhaits de l'octuple Champion du monde, qui aurait voulu protéger son cadet de la pression engendrée tout naturellement par leur association. Le recrutement s'était toutefois fait fin 2019, à quelques jours seulement de l'entrée dans l'intersaison, après le retrait surprise de Jorge Lorenzo, et alors qu'Álex Márquez, qui venait d'être titré en Moto2, avait déjà prolongé son engagement dans la catégorie intermédiaire.

Ils n'ont finalement pas beaucoup cohabité dans le stand, la blessure de Marc Márquez dès le premier Grand Prix se chargeant contre toute attente de rompre le binôme fraternel, néanmoins le #93 est resté très présent pour accompagner les débuts de son frère. Trop, peut-être. Car, si le champion lui a donné "mille" conseils, Álex Márquez admet être arrivé à un stade durant sa saison de rookie où il a dû lui demander d'arrêter d'essayer ainsi de l'aider, afin qu'il puisse se concentrer sur ce qu'il avait déjà à intégrer.

"Il est certain qu'il m'a conseillé sur beaucoup de choses à améliorer, à apprendre", explique Álex Márquez à Motorsport.com. "Mais au final, c'est moi qui suis en piste, je suis seul en piste. Vous pouvez avoir le meilleur frère du monde à vos côtés et il peut vous apprendre beaucoup de choses, mais ensuite vous êtes seul en piste. Il fallait que j'apprenne de toutes parts et me souvenir des mille choses qu'il m'avait dites. Ça n'est pas facile, et à un moment donné, je lui ai dit : 'Laisse-moi tranquille, s'il te plaît, ne me dis plus rien parce qu'il faut déjà que j'assimile ce que tu m'as dit jusque-là'."

Lire aussi :

Lorsque nous lui demandons si les questions constantes portant sur son frère n'ont pas été frustrantes pour lui, alors qu'il progressait bien au cours de sa première saison, Álex Márquez répond : "À un certain moment, un peu, parce que j'avais toujours du mal à dire quoi que ce soit. Je pense que je ne suis pas la bonne personne pour dire quelque chose au sujet de Marc. C'est l'équipe et le team manager, Alberto [Puig], qui doivent dire s'il y a du nouveau ou quoi."

"Si vous vous souvenez, pendant la conférence de presse en Aragón, j'ai demandé à ce qu'on arrête de me parler de mon frère, parce qu'à ce moment-là, j'étais un peu à la limite dans ma tête. Mais c'est quelque chose de naturel et avec lequel je vis depuis mes débuts en Championnat du monde. À chaque interview, j'ai des questions sur Marc."

Alex Marquez, Team LCR Honda

De seulement trois ans le cadet de Marc Márquez, Álex n'a eu de cesse d'être ramené au palmarès de son frère au cours de son parcours. À son arrivée en Championnat du monde, son aîné avait déjà accroché un premier titre, et lorsque lui-même a été sacré pour la première fois, en Moto3, le #93 avait inscrit son nom au palmarès de la catégorie reine.

Lorsque nous lui demandons s'il a eu le sentiment de faire ses preuves et de clouer le bec aux critiques en obtenant ses premiers podiums MotoGP la saison dernière, c'est résigné qu'il répond : "Croyez-moi, faire taire les gens n'est pas mon objectif. Je crois en moi et je crois dans le travail que je fais à la maison et en piste. Mon but n'est pas que les gens me disent : 'Ah, maintenant tu as fait taire tous ceux qui mal parlent de toi'. Ce n'est pas mon but. J'essaie de faire le meilleur travail possible en piste et d'être Álex Márquez. C'est comme ça. Quand on a un frère comme Marc, c'est tellement facile pour les gens de se focaliser sur vous ou de dire des choses fausses sur vous."

"Instagram ou Twitter peuvent faire beaucoup de mal en cela parce qu'aujourd'hui il est très facile de parler derrière un écran et de dire des choses qui ne sont pas vraiment correctes", souligne-t-il. "J'ai déjà appris à ne pas trop regarder les réseaux sociaux quand j'étais en Moto2 et que je n'étais pas dans le meilleur moment de ma carrière. J'essaie de faire mon travail et d'être concentré. Je connais les gens qui m'aiment et ils me disent déjà la réalité. Si j'ai tort, ils me disent que j'ai tort, alors je les crois. J'essaie d'utiliser les réseaux sociaux uniquement pour faire de bonnes choses, mais pas pour essayer d'être ce que les gens disent. J'essaie juste d'oublier un peu cela."

"Pas prêt" à assumer le leadership en 2020

S'il avoue avoir connu une première partie de championnat difficile, Álex Márquez a passé un cap au mois de septembre, notamment grâce au test organisé entre les deux Grands Prix qui se sont tenus à Misano, ce qu'il décrit comme ayant été une "évolution naturelle" pour le rookie qu'il était. S'en sont suivis deux podiums, et une performance en Aragón, notamment, qui a marqué les esprits alors qu'il s'est battu pour la victoire jusqu'à l'arrivée. Une période décidément clé, donc, qui a permis au jeune pilote espagnol de passer un cap.

Lire aussi :

Aujourd'hui, ressent-il plus de pression face aux attentes que ces performances font naître en vue de sa deuxième saison ? "Je pense qu'il n'y en aura de toute façon pas plus que l'année dernière !" sourit-il. "Avec la blessure de Marc, il y a une partie de la saison − par exemple le test de Misano − qui a été difficile. Toute la pression reposait sur mes épaules et sur celles de Taka [Nakagami] pour développer la moto et essayer les nouveautés."

"À ce moment-là, je ne me sentais franchement pas prêt à occuper cette position, mais maintenant je me sens plus préparé et je peux assumer ce rôle", souligne Álex Márquez, désormais passé dans le team LCR où il fera équipe avec Takaaki Nakagami. C'est Pol Espargaró qui se chargera désormais de partager le stand vers lequel tous les projecteurs seront braqués lorsque le #93 sera en mesure de faire son retour.

partages
commentaires

Related video

Les pilotes Yamaha craignent Portimão plus que Losail

Article précédent

Les pilotes Yamaha craignent Portimão plus que Losail

Article suivant

Le partage de données "un point clé" dans la négociation Tech3-KTM

Le partage de données "un point clé" dans la négociation Tech3-KTM
Charger les commentaires

À propos de cet article

Séries MotoGP
Auteur Lewis Duncan