Allocation de pneus renforcée pour faire face aux difficultés d'Austin

De retour au Texas, le MotoGP se confronte cette semaine à plusieurs interrogations portant sur l'état de la piste et les performances qu'y livrera le pneu arrière introduit en 2020.

Allocation de pneus renforcée pour faire face aux difficultés d'Austin

Le Grand Prix qui se profile est probablement le plus compliqué qu'ait eu à préparer Michelin cette saison, d'une part car le MotoGP retrouve le Circuit of the Americas après une très longue absence. Organisée traditionnellement au printemps, l'épreuve texane a été déprogrammée en 2020 à cause des restrictions engendrées par le COVID-19, puis reportée cette saison pour finalement pouvoir être organisée à cette date automnale très inhabituelle qui promet une météo un peu plus chaude et potentiellement perturbée.

Cette longue absence signifie également que Michelin devra évaluer cette semaine les performances de son pneu arrière, doté depuis l'an dernier d'une nouvelle carcasse qui a tant fait parler. La tâche sera d'autant moins aisée que la piste d'Austin a souvent été critiquée pour l'état de son bitume, et même jugée "imprévisible" par Michelin après un resurfaçage en 2018. Elle a subi de nouveaux travaux depuis la dernière édition de son Grand Prix, dans l'espoir de gommer des irrégularités dont elle a toujours peiné à se débarrasser, de quoi faire naître des interrogations supplémentaires pour le manufacturier et les concurrents.

"La dernière fois que nous sommes allés à Austin, c'était en 2019. Ce n'est jamais un circuit facile, non pas qu'il soit particulièrement exigeant, mais parce que nous y avons peu d'expérience. Par ailleurs, cette année ce sera la première fois que nous aurons la nouvelle carcasse du pneu arrière ici, car nous n'avons pas couru au Texas en 2020", rappelle Piero Taramasso, responsable deux roues de Michelin Motorsport à l'édition italienne de Motorsport.com.

"Il y a deux ans, il y avait beaucoup de trous. Nous savons que le bitume a été refait dans certains virages, mais dans d'autres ils l'ont limé comme ça se fait aux États-Unis. Nous ne savons donc pas très bien à quoi nous attendre, et étant donné que nous n'avons pas eu la possibilité de tester ces modifications, nous avons le droit d'apporter quatre spécifications pour l'arrière."

Ces quatre options proposées pour l'arrière présenteront un flanc gauche plus dur que lors du dernier Grand Prix disputé sur place. "Sur le côté droit, qui est le moins sollicité, les pneus seront identiques aux trois specs que nous avions apportées en 2019. Nous avons en revanche fait un petit ajustement sur le côté gauche, parce qu'ils étaient probablement un peu trop tendres [...] et compte tenu également du nouvel asphalte et du traitement appliqué en le limant. Globalement, nous pouvons dire que nous sommes sur la même typologie de composés que ceux que nous avions en 2019", décrit Piero Taramasso.

Pour l'avant, Michelin a en revanche apporté trois spécifications symétriques. Deux d'entre elles sont les mêmes que celles qui avaient été utilisées en 2019. "Nous introduisons une troisième solution un peu plus rigide, que nous savons capable de fournir également un bon grip. Nous pensons donc que cette gamme de pneus, tous symétriques, pourra suffire pour toutes les conditions", souligne le responsable italien.

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Malgré la complexité du challenge, Michelin entend poursuivre sa quête de records, nombreux à être tombés depuis deux ans. Austin fait partie des rares pistes sur lesquelles le meilleur temps établi en course et le record absolu sur le tour ont été réalisés durant l'ère Bridgestone et restent encore invaincus à ce jour. Seuls le record de la distance de la course et celui de la vitesse de pointe ont été battus depuis.

"Nous avons établi le record de la distance de course en 2019, mais pas le record de la piste, qui remonte toujours à 2015. Quant au meilleur tour en course, il date même de 2014. Nous sommes donc heureux de revenir au Texas après deux ans d'absence et nous espérons rapporter ces deux records qui nous manquent", conclut Piero Taramasso.

Un changement à l'étude aussi pour Misano

Après Austin, le MotoGP retrouvera Misano pour un deuxième Grand Prix sur place après celui disputé il y a deux semaines. À une date aussi avancée, c'est la fraîcheur qui est crainte et cela pousse Michelin à proposer une allocation de pneus légèrement retoquée. Non pas dans les gommes choisies, mais dans la composition même de la gamme à disposition des pilotes.

"Les specs seront les mêmes, mais nous avons proposé d'augmenter le nombre de pneus tendres de l'allocation. Au lieu d'avoir cinq pneus de chaque composé, nous pourrions avoir six tendre et seulement quatre durs. C'est une solution que nous avons déjà adoptée en début d'année, à Portimão, et qui a bien fonctionné", explique Piero Taramasso.

"La seule difficulté c'est qu'étant donné qu'il s'agit d'une dérogation au règlement, nous avons besoin de l'unanimité des équipes officielles pour avoir le feu vert. Parfois, ils n'arrivent pas à se mettre d'accord, alors nous attendons de voir quelles seront les réponses. Si nous n'obtenons pas le feu vert pour cette solution, l'allocation sera exactement la même que celle de la première course. Nous ne pouvons pas avoir de pneu arrière plus tendre que cela, car cela voudrait dire apporter un pneu qui ne serait pas capable de tenir la distance de la course."

Propos recueillis par Matteo Nugnes

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