Dovizioso : Trop tôt pour évaluer l'Aprilia, mais la base est bonne

Pas encore suffisamment à l'aise au guidon de l'Aprilia, Andrea Dovizioso trouve prématuré de dévoiler ce qu'il pense précisément de la moto qu'il vient de découvrir. Mais les progrès de la marque semblent incontestables et un deuxième test est d'ores et déjà programmé.

Dovizioso : Trop tôt pour évaluer l'Aprilia, mais la base est bonne

Après les trois premiers jours d'essais d'Andrea Dovizioso avec la RS-GP, Aprilia a salué "la rigueur et l'approche analytique" du pilote italien dans sa manière d'aborder les différents aspects de la moto, qu'il découvrait. Moteur, électronique, châssis, aéro : il a fourni "des indications précieuses" et a orienté l'équipe vers des modifications qui ont déjà permis, est-il souligné, "d'améliorer constamment sa performance et sa confiance dans la moto".

"Monter sur une MotoGP, c'est génial", témoigne Dovizioso, évoquant un moment "émouvant" pour lui, cinq mois après son dernier Grand Prix. "Le MotoGP c'est quelque chose d'unique. La puissance et l'intensité que l'on peut mettre sur une MotoGP sont complètement différents par rapport aux autres motos, et ce qu'une MotoGP vous transmet est unique. C'est magnifique quand on ressent la véritable puissance et qu'on doit s'agripper jusqu'au freinage, ou encore l'intensité qu'on peut mettre au freinage parce que tout le matériel nous en donne la possibilité. C'est génial. C'est toujours une émotion, et ça c'était super."

Aucun chrono n'a été communiqué après ce roulage organisé à Jerez, car même si le pilote assure qu'ils "n'ont pas été trop mauvais", ceux-ci ne constituaient pas son objectif ni celui d'Aprilia pour cette séance visant essentiellement à faire connaissance. "Je ne pense pas qu'il soit très intelligent de parler de chronos, parce que quand on ne se sent pas à 100% en termes de position sur la moto, ça n'est pas important", assure-t-il.

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Le travail sur la position aura en effet constitué l'essentiel du programme, afin que l'ancien pilote Ducati se défasse peu à peu de ses habitudes et épouse les caractéristiques de la RS-GP. En vue du second test qu'il réalisera dans un mois au Mugello, il attend également l'aide du constructeur de Noale, qui promet "une moto évoluée sur la base de ce qui est ressorti sur la piste andalouse".

"En un sens, Jerez peut être une bonne piste de test, mais ce n'est pas la meilleure. Ceci dit, quand on change de moto, cela prend du temps, alors la piste où l'on se trouve n'est pas très importante. D'abord, il faut créer la situation et cela prend du temps, c'est impossible à régler en un test", concède le pilote. "C'est très bien de pouvoir rouler au Mugello, car c'est un circuit complètement différent de Jerez. C'est une très belle piste, et au bout d'un mois je pense qu'Aprilia pourra faire des changements pour ma position et ce sera très intéressant de voir si je me sens plus à l'aise."

"D'autant que, si on veut pousser très fort avec une MotoGP, il faut se pencher sur de très petits détails, et pour les voir et tout comprendre clairement, il faut se sentir à l'aise. Tant que ça n'est pas le cas, je pense que c'est stupide d'essayer de pousser", poursuit-il. "On va s'amuser au Mugello. J'espère qu'il y aura des modifications, importantes à mon avis, pour pouvoir pousser plus. Au final, ce qu'il me faut peut aussi sûrement leur servir à eux."

Méthodique comme à son habitude, Andrea Dovizioso se refuse donc à entrer dans les détails de ses sensations au guidon de l'Aprilia ou à tenter une quelconque comparaison avec la Ducati avec laquelle il a couru pendant huit ans. "On peut ressentir immédiatement les différences par rapport à ce que l'on a piloté par le passé, par contre il est très difficile de comprendre les détails", assure-t-il. "Je pense que tous les pilotes MotoGP sont capables d'être rapides, mais pour être dans le coup et se battre pour des places importantes, c'est une autre histoire. Pour le faire, il faut être dans la bonne position et ça prend du temps."

"J'ai donc des idées, mais je ne crois pas que tout soit clair. C'est normal, car il faut du temps pour pousser la moto à la limite et se sentir à l'aise avec elle. Je parle de la position, pas de la manière dont fonctionne la moto. En MotoGP, la position est souvent encore plus importante que dans d'autres championnats, car il faut être très précis dans la manière de piloter. La moto, les pneus, tout est rigide, et il faut être très précis", insiste-t-il. "Quand on ne se sent pas très à l'aise en termes de position, on ne peut pas être à la limite au freinage, en entrée et en sortie, il faut faire cela pour comprendre chaque détail sur la moto."

"Je pense donc qu'il est trop tôt pour que j'entre dans trop de détails et je ne crois pas que ce soit une bonne idée d'expliquer cela aux médias. Comme pour toutes les motos, il y a du positif et du négatif, c'est normal. Mais j'ai en tout cas eu de très bonnes sensations", ajoute-t-il. "Il y a clairement des choses qui sont très bien, et d'autres qui ont besoin d'être améliorées, mais c'est le cas pour toutes les motos."

Espargaró a démontré que le potentiel est là

Bien que prudent dans les conclusions à tirer après une si courte expérience avec la RS-GP, Andrea Dovizioso concède tout de même que des progrès ont certainement été obtenus par rapport à ce qu'était la moto il y a encore quelques mois.

"Au vu des résultats et après être monté sur la moto, je pense qu'Aprilia a fait un step cette année. À mon avis, la base est bonne", juge-t-il. "Aleix [Espargaró] a démontré que le potentiel est là parce qu'il a été particulièrement compétitif et il était dans le groupe de tête. Aleix y met son cœur et Aprilia pousse fort. Je pense qu'ils ont réussi à faire des progrès importants cette année, essentiels. En MotoGP c'est dur, surtout ces dernières années, car tout le monde est proche et avoir une bonne base ne suffit plus. On peut arriver 15e avec un retard minime à la fin de la course. Je crois donc que cette année Aprilia a bien progressé."

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Chez Aprilia non plus, on ne s'emballe pas, mais on se félicite de cette première prise de contact et d'une séance suffisamment longue pour apprendre à travailler ensemble. "Ces trois jours ont été très intéressants, pour le plaisir et l'intérêt de partager la vision qu'Andrea nous a donnée du MotoGP", assure Romano Albesiano, directeur technique d'Aprilia Racing. "Son expérience nous a révélé une méthode lucide et analytique d'aborder la mise au point de la moto. Nous avons eu avec lui un échange sincère, que nous avons apprécié. J'espère qu'il en est de même pour lui."

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Andrea Dovizioso, Aprilia
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