Dovizioso toujours empêtré dans ses difficultés au freinage

Bien que toujours leader du championnat, Andrea Dovizioso ne cache pas sa déception après le Grand Prix d'Émilie-Romagne, où ses difficultés avec le pneu arrière ont une nouvelle fois été criantes.

Dovizioso toujours empêtré dans ses difficultés au freinage

Huitième de la seconde course disputée à Misano après une septième place la semaine précédente, Andrea Dovizioso a refermé le chapitre de ses Grands Prix à domicile sur un bilan décevant, déplorant de ne toujours pas avoir réussi à modifier son style de pilotage afin de freiner comme le requière le pneu arrière introduit cette saison par Michelin.

"La course a été très étrange", témoigne-t-il au sujet du second Grand Prix, dont il prenait le départ de la dixième place et qu'il a terminé huitième à 13 secondes du vainqueur. "J'ai perdu des places dans les deux premiers virages, puis encore quatre places au virage 8 à cause de la chute d'Aleix [Espargaró]. J'étais vraiment derrière et je n'avais pas le rythme pour remonter, comme l'a fait Mir [qui partait 11e, ndlr]. J'ai été un peu plus régulier et je me suis senti un peu mieux qu'à Misano 1, mais je n'avais pas la vitesse pour améliorer la situation. Je suis donc vraiment déçu."

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Le pilote Ducati observe que ses performances en début de course, avec des pneus frais, a particulièrement laissé à désirer, et il met ainsi le doigt sur ce qui constitue sa plus grande difficulté. "Aux trois-quarts de la course, quand le pneu était complètement fini sur le flanc gauche, j'arrivais à tourner en 1'32"9-1'33"0. Cela signifie que quand le pneu est en meilleur état je ne suis pas rapide. Il faut donc que l'on essaye de comprendre ça, parce que c'est très important pour le chrono quand il faut le faire en essais et au début de la course", prévient-il.

Un besoin de changement qui va contre son instinct

Depuis le début de l'année, Dovizioso est en délicatesse avec ce nouveau pneu, doté d'une carcasse différente par rapport à celui qui était utilisé jusqu'à la saison dernière, au point qu'il réalise de troublantes contre-performances sur certaines pistes. Bien qu'il ait réussi à s'imposer en Autriche, il n'affiche plus la régularité qui le caractérisait ces dernières années et Misano a été un nouvel exemple des grandes difficultés dans lesquelles il tombe lorsque le bitume offre un bon grip.

La nouvelle construction du pneu arrière offre d'elle-même un grip supplémentaire, ce qui tend à pousser sur l'avant de la moto à l'entrée dans les virages et empêche Dovizioso de freiner en suivant son style et son instinct, alors même qu'il s'agissait jusqu'à présent de l'une de ses plus grandes forces.

Le pilote Ducati regrette toujours que les nombreuses options de réglage testées se soient jusqu'à présent heurtées à un échec. Et bien qu'il ait eu le sentiment d'avoir progressé lors du test qui s'est déroulé à Misano entre les deux Grands Prix, le retour à la réalité dans le cadre de la compétition s'est une nouvelle fois avéré brutal. "C'est frustrant, parce qu'on travaille très dur pour essayer d'adapter mes freinages, mais je n'y arrive toujours pas", déplore-t-il. "C'est très frustrant, parce que c'est assez facile à voir sur les données, mais en piste c'est très difficile à changer."

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"Ce pneu est vraiment différent et la manière dont j'ai piloté ces trois dernières années ne fonctionne pas", explique-t-il. "Le pneu de l'année dernière avait normalement un grip très bas et il fallait beaucoup travailler sur les réglages. Ces trois dernières années, on a beaucoup changé les réglages et on arrivait à plus stopper la moto sur l'avant que sur l'arrière. Or, avec ce pneu c'est complètement l'opposé car l'arrière a beaucoup plus de grip, particulièrement sur les freinages. Il faut complètement changer les réglages de la moto car il faut freiner d'une manière complètement différente."

Le retour de Pecco Bagnaia à la compétition après sa convalescence du mois d'août a prouvé que tous les pilotes Ducati ne rencontraient pas les mêmes difficultés, et c'est les yeux écarquillés qu'Andrea Dovizioso témoigne de ce qu'il voit dans les données du jeune pilote Pramac. "La différence est assez claire sur les données, mais c'est très difficile à faire. Ça semble aller à l'opposé de mon instinct : normalement je suis un gros freineur, or c'est désormais un très mauvais point car chaque fois qu'on freine un peu plus on place la moto dans une mauvaise position pour la stopper. Or Pecco est capable de freiner plus tard, avec moins de pression, et de stopper la moto : c'est difficile à faire ! Si on est lent et qu'on doit faire mieux, normalement on pousse plus fort, on freine de façon plus agressive ou en mettant plus d'intensité. Ce que mon équipe me demande de faire, c'est complètement le contraire, mais c'est très difficile à corriger."

En dépit de ces grandes difficultés, Andrea Dovizioso est toujours leader du championnat, pour un petit point. Le chapitre de Misano étant à présent clos, il se tourne vers Barcelone, où se rend le MotoGP cette semaine, conscient qu'il va lui falloir faire un autre saut dans l'inconnu. "Je suis très déçu, on ne peut pas être contents, mais on se bat encore pour le championnat et on se rend maintenant sur une piste complètement différente par son tracé et surtout son grip. Je pense qu'il sera très, très bas par rapport à Misano. Je ne sais pas si ce sera mieux ou moins bien pour nous, mais la situation sera en tout cas différente."

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