MotoGP
20 sept.
-
22 sept.
Événement terminé
04 oct.
-
06 oct.
Événement terminé
18 oct.
-
20 oct.
Événement terminé
25 oct.
-
27 oct.
Événement terminé
01 nov.
-
03 nov.
Événement terminé
15 nov.
-
17 nov.
EL3 dans
09 Heures
:
26 Minutes
:
15 Secondes
70 ans de Grands Prix moto
Dossier

70 ans de Grands Prix moto

Années 1990 - Rainey et Doohan, entre blessures et domination

partages
commentaires
Années 1990 - Rainey et Doohan, entre blessures et domination
Par :
24 juin 2019 à 19:21

À l'occasion des 70 ans du Championnat du monde moto, dont la première course fut disputée le 13 juin 1949, Motorsport.com vous propose de revivre décennie après décennie l'Histoire de la discipline. Aujourd'hui, nous revenons sur les années 1990, marquées notamment par les parcours croisés de Wayne Rainey et Mick Doohan.

Lorsque le rideau est tombé sur la décennie 1980, Eddie Lawson était à la tête de quatre titres. Bien que repassé chez Yamaha après avoir été sacré avec Honda en 1989, il faisait indéniablement partie des favoris, et pourtant il n'allait finalement être qu'un outsider sur la campagne 1990. Une chute dès le début de saison l'éloigna en effet durant six courses, laissant le champ libre à de nouveaux leaders. Des duettistes, en l'occurrence, qui déjà donnaient le ton de ce que serait le palmarès durant quatre ans.

Wayne Rainey et Kevin Schwantz étaient de vieilles connaissances, ayant croisé le fer durant leurs jeunes années dans le championnat américain. C'est là, et tout particulièrement en 1987, que s'ancra leur rivalité légendaire, bientôt transférée sur la scène internationale puisque les deux ennemis firent leurs débuts à temps plein dans la catégorie reine l'année suivante. Dès lors, chacun d'eux remporta au moins un succès par an. Mais Rainey, que l'on avait vu débuter en Championnat du monde dans la catégorie 250cc avec (déjà) l'équipe de Kenny Roberts, confirma tout le potentiel que voyait en lui son mentor en affichant une impressionnante régularité aux avant-postes.

Lire aussi :

Troisième du championnat en 1988, puis deuxième en 1989, il franchit la dernière étape en 1990 grâce notamment à une série de neuf courses terminées à la première ou à la deuxième place. Il était déjà titré lorsqu'il connut son unique abandon de l'année, causé par une panne de sa Yamaha lors du nouveau Grand Prix de Hongrie et alors qu'il venait d'être dépassé par celui qui s'apprêtait à signer son premier succès, Mick Doohan. Durant la majeure partie de cette saison, Kevin Schwantz s'affirma comme le meilleur adversaire du Californien, cependant plusieurs abandons et une courbe de résultat légèrement inférieure à celle de son rival eurent raison de ses ambitions, le reléguant à la deuxième place de la hiérarchie devant Doohan. Là où Rainey faisait figure de métronome et brillait par sa maîtrise, Schwantz était aussi spectaculaire qu'irrégulier.

Wayne Rainey, Yamaha, et Kevin Schwantz, Suzuki

Wayne Rainey et Kevin Schwantz

À nouveau, en 1991, la constance de l'un et l'inconstance de l'autre s'illustrèrent, laissant une place à Doohan qui contesta dangereusement le Champion du monde en titre jusqu'à reporter son sacre à l'avant-dernier Grand Prix de la saison, en France, juste à temps avant une blessure qui empêcha Rainey de prendre part à la dernière manche de ce championnat. Cette même année, Schwantz continua de s'illustrer par son show et sa hargne, et l'on se souvient notamment du freinage d'anthologie qui lui permit de prendre l'avantage sur Rainey à Hockenheim. Mais au championnat, il ne parvint pas à rivaliser avec les deux prétendants au titre jusqu'au bout. Doohan s'était bel et bien immiscé dans ce duo.

Doohan et Rainey marqués dans leur chair

Après ses 14 podiums la saison précédente, l'Australien domina le début du championnat 1992 en remportant cinq des sept premières manches. Cette saison-là aurait pu être celle de la concrétisation, lui qui était fortement monté en puissance depuis sa première victoire, deux ans plus tôt. Il vécut cependant l'un des moments clés de sa carrière, un coup dur qui allait le stopper plusieurs semaines mais qu'il ne put que juger avec soulagement par la suite tant son issue aurait pu être bien plus grave. Blessé à la jambe pendant les qualifications d'Assen, il subit de graves complications en se faisant opérer et échappa à l'amputation grâce au docteur Costa, qui le fit sortir en cachette de l'hôpital et lui prodigua des soins moins radicaux que ceux envisagés par les médecins néerlandais, en liant les deux jambes afin que le membre sain sauve l'autre. Un épisode rocambolesque, passé à la postérité, et qui surtout sauva la carrière du jeune pilote, destiné à devenir quintuple Champion du monde…

Lire aussi :

De retour à la compétition deux mois plus tard, Doohan ne put s'opposer au sacre de Rainey, mais le pire était derrière lui malgré les séquelles avec lesquelles il devrait encore composer durant de longs mois. En 1993, il retrouva le chemin de la victoire et poursuivit son retour progressif au premier plan, bien qu'il dût se contenter de la quatrième place du championnat alors que cette année fut elle aussi marquée par une très grave blessure, touchant cette fois Wayne Rainey.

Très disputée, avec 11 pilotes différents sur le podium et pas moins de sept vainqueurs, cette saison 1993 est celle qui vit l'introduction du système de points actuel, les 15 premiers étant récompensés à chaque course et un succès valant 25 points. Cette fois bien plus régulier, Schwantz tenait une véritable chance de titre à en croire ses neuf podiums consécutifs lors des premières manches. Un abandon et une cinquième place au mois d'août lui coûtèrent la tête du championnat à la faveur de Rainey, leader à son arrivée à Misano, mais leur duel restait ouvert et promettait de connaître son apogée tant il semblait difficile de les départager. C'est cependant lors de ce Grand Prix d'Italie que la vie du Californien bascula, une simple, mais rapide, glissade en course lui valant une fracture vertébrale et la paralysie. Privé de son rival de toujours et de son référent, Schwantz retrouva le leadership du championnat avant de terminer la saison abattu moralement, mais bel et bien sacré lors de la dernière manche. L'année suivante, il subit plusieurs blessures aux poignets et peina à récupérer. Il admettra avoir perdu l'envie lorsqu'il annoncera son retrait, en 1995.

Puisque le sort est parfois ironique et que les champions laissent sans cesse la place à leurs successeurs, un autre passage de témoin s'opéra durant cette rude année 1993, avec les débuts de Kenny Roberts Jr, fils du triple Champion du monde, et le retrait définitif de Freddie Spencer lors de la manche de Laguna Seca, la première que manquait Rainey après son accident. L'année suivante, le Californien était de retour dans le paddock, cette fois en tant que directeur d'équipe, et faisant courir… Robert Jr.

Podium : Mick Doohan, Honda, et le Docteur Claudio Costa de la Clinica Mobile

Mick Doohan et le Docteur Claudio Costa

La vie continuait, donc, et Mick Doohan renaissait après de longs mois de convalescence. Le titre auquel il avait commencé à penser quelques années plus tôt arriva en 1994, un sacre dont il fut assuré le 21 août, soit deux ans jour pour jour après son retour à la compétition. C'était la première pierre de l'un des palmarès les plus époustouflants des Grands Prix, puisque l'Australien allait remporter cinq titres consécutivement. Propulsé en Grands Prix en provenance du championnat australien, Doohan avait connu un apprentissage à la dure, en tombant beaucoup au début de sa carrière, mais il avait aussi pu emmagasiner une riche expérience aux côtés d'Eddie Lawson. Son adaptation, aidée également par Honda, fut finalement rapide et dès 1991 il avait pris l'avantage sur Wayne Gardner en interne.

Fer de lance de la marque à l'aile dorée, il imposa sa NSR500 aux quatre coins de la planète, référence incontournable à chaque épreuve. Les années Doohan furent celles d'une domination sans partage, l'Australien ne laissant que les seconds rôles aux Beattie, Cadalora, Crivillé ou Okada, et ne manquant le podium que lors de rares abandons ou d'une poignée de résultats mitigés à peine en cinq saisons. Ce fut notamment le cas en 1995, lorsqu'un enchaînement de deux chutes en Espagne et en Allemagne offrit, à la surprise générale, une opportunité à Daryl Beattie, qui parviendra à ne concéder le titre que pour 33 points de retard. À l'inverse, en 1997 Doohan remporta dix succès consécutifs et un total de 12 victoires sur l'ensemble du championnat, écrasant le second 340 points à 197. Du jamais vu !

Lire aussi :

La carrière de Mick Doohan s'arrêta lors des qualifications du Grand Prix d'Espagne 1999, à Jerez. Une nouvelle blessure eut cette fois raison de son parcours et, après seulement dix ans de compétition mondiale, il raccrocha son casque, détenteur de cinq titres et de 54 victoires. Alex Criville, son coéquipier depuis 1994, prit alors le relais, parvenant à inverser la tendance alors que le début de saison avait vu Suzuki revenir au premier plan grâce à Kenny Roberts Jr. Pour ce dernier, ce n'était qu'une question de temps…

Alex Criville, Repsol Honda Team

Alex Crivillé

Tous les talents qui émergèrent durant les années 90 ne connurent pas la même réussite, à l'image d'un John Kocinski aussi prodigieux qu'ingérable et qui ne put accrocher qu'un titre 250cc avant de se perdre dans les méandres d'un parcours tortueux, puis de trouver refuge en Superbike où il fut sacré en 1997. À l'instar de l'Américain, Norick Abe fut lui aussi repéré par Kenny Roberts et put défendre les couleurs d'un team devenu référent à l'époque. S'il ne remporta aucun titre, le spectaculaire pilote japonais n'en marqua pas moins les esprits, et ce dès ses débuts tonitruants à Suzuka en 1994, lorsqu'il se battit aux avant-postes lors de sa première wild-card face à Schwantz et Doohan au guidon d'une Honda. Yamaha eut tôt fait de l'enrôler et c'était le début de dix ans de carrière en Championnat du monde, avec à la clé trois victoires et un top 5 dans la hiérarchie générale en 1996.

Côté français, la décennie ne fut pas la plus riche en succès, et pourtant certains d'entre eux furent mémorables, à l'image de la victoire conquise par Régis Laconi lors du Grand Prix de Valence 1999, et qui reste encore à ce jour la dernière victoire en date d'un pilote tricolore dans la catégorie reine. Les autres Marseillaises des années 1990 sont à mettre à l'actif de Jean-Philippe Ruggia en 250cc, d'Olivier Jacque dans la même catégorie et d'Arnaud Vincent en 125cc. Pour ces deux derniers, le champagne continuerait à couler dans la décennie suivante, avec à la clé des lauriers.

Capirossi, Rossi, Biaggi : l'Italie affûte ses armes

Les années 1990 ne furent pas moins riches dans les petites cylindrées qu'en 500cc, et particulièrement pour l'Italie qui vit émerger plusieurs de ses talents les plus importants. Il y eut d'abord Loris Capirossi, qui en 1990 devint le plus jeune vainqueur d'un Grand Prix en s'imposant à Donington Park en 125cc (à 17 ans et 123 jours), avant d'établir également un record de précocité en remportant le titre le mois suivant. Passé de AGV à Honda, il doubla la mise l'année suivante, avant d'accéder aux 250cc puis aux 500cc à 22 ans seulement, pour finalement mieux revenir en quart de litre et y remporter un nouveau titre en 1998.

Il y succédait alors à Max Biaggi, qui après des débuts mondiaux en 1991, parvint à dominer durant quatre ans la catégorie intermédiaire, décidément très italienne en cette décennie dont les premières années avaient déjà vu Luca Cadalora coiffer par deux fois la couronne avant de se transférer à la catégorie reine. Biaggi en fit de même, promu avec Honda après la conquête de son quatrième sacre, tandis que celui qui allait devenir son meilleur ennemi investissait à son tour les 250cc.

Lire aussi :

Depuis des débuts tonitruants en 1996 et une première victoire acquise à Brno en battant le vétéran Jorge Martinez, Valentino Rossi avait gravi les échelons au pas de course : une saison pour apprendre, une saison pour être titré, tel fut son rythme en 125cc puis en 250cc, durant ses années Aprilia. Le fils de Graziano Rossi n'avait encore que 21 ans lorsqu'en 2000 il accéda à la catégorie reine, prêt à livrer bataille non seulement à un Biaggi vice-Champion du monde 1998 et déjà passé de Honda à Yamaha, mais aussi à l'ensemble des pilotes engagés quel que fut leur pedigree. Le numéro 46 ne resterait pas double Champion du monde très longtemps…

Podium : le vainqueur Valentino Rossi, le deuxième Jorge Martínez, et le troisième Tomomi Manako

Valentino Rossi lors de sa première victoire devant Jorge Martínez et Tomomi Manako

Article suivant
Márquez : "La dream team, c'est quand vous gagnez la triple couronne"

Article précédent

Márquez : "La dream team, c'est quand vous gagnez la triple couronne"

Article suivant

Nakagami : d'outsider à 2e meilleur pilote indépendant

Nakagami : d'outsider à 2e meilleur pilote indépendant
Charger les commentaires

À propos de cet article

Séries MotoGP
Pilotes Wayne Rainey , Mick Doohan
Auteur Léna Buffa