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Le chemin long et atypique d'Augusto Fernández jusqu’au MotoGP

C'est un parcours atypique qui a mené Augusto Fernández vers la catégorie MotoGP. Seul rookie de la saison 2023, le pilote espagnol arrive dans la catégorie reine à 25 ans, fort d'une expérience qui lui a appris la patience et l'abnégation.

Augusto Fernandez, Tech3 GASGAS Factory Racing

Photo de: GasGas Factory Racing

La route menant au MotoGP se révèle aujourd’hui assez uniformisée, avec un passage quasi obligé par le Moto2 et le Moto3 ainsi que les échelons précédents créés par la Dorna et qui ouvrent la porte vers les Grands Prix, à savoir le Championnat du monde junior, la Red Bull Rookies Cup, l’Asian Talent Cup ou encore des deux nouveaux championnats latinoaméricains mis en place à compter de 2023. Les pilotes qui prennent des voies détournées et ne passent pas par ces catégories se font de plus en plus rares, surtout parmi ceux qui finissent par intégrer le cercle très fermé du MotoGP.

Augusto Fernández en fait pourtant partie. Celui qui sera l’unique rookie de la catégorie reine durant cette saison 2023 n’a en effet pas connu un parcours classique, contraint d’évoluer en dehors des sentiers battus pour essayer d'accéder aux Grands Prix. L’Espagnol a fait ses preuves dans les dérivées de la série, d’abord au sein de l’European Junior Cup (avec un titre à la clé à 17 ans) puis du Superstock 600, avant de basculer vers le CEV Moto2 qui allait le ramener dans le radar des équipes MotoGP.

"Ma route a été longue et différente [de celles des autres]", a expliqué le natif de Madrid au site officiel du MotoGP. "Suivre la voie du Moto3 et toutes les routes normales était trop cher pour notre famille, on ne pouvait pas se le permettre. J'ai tenté d'aller dans des catégories un peu moins chères et essayé de gagner pour avoir la possibilité de passer dans les autres. Et même ici en championnat du monde, j'ai connu des années difficiles."

Ce n'est en effet qu'au terme de deux demi-saisons de remplacement que Fernández a gagné sa place de titulaire en Grand Prix, d’abord passé chez Speed Up en 2017 puis chez Pons en 2018, avec un retour en CEV entre-temps. Convaincu par les performances de sa nouvelle recrue, Sito Pons lui a finalement offert un guidon stable dans son équipe en 2019, qu'il a su faire briller en remportant trois courses et en terminant cinquième du championnat. Sa chance arrivait tardivement, mais il ne l'a clairement pas laissée passer.

Son transfert dans l’équipe Marc VDS en 2020 devait lui permettre de consolider son rang aux avant-postes de la catégorie, néanmoins le #37 s'est trouvé confronté à une autre passe difficile, qui allait durer un an et demi avant qu'il puisse retrouver le podium. "À un moment, je ne m'amusais plus en pilotant parce que je ne me sentais pas bien. Ça a été le moment le plus dur de ma carrière jusqu'à présent", a-t-il confié. "J'ai ensuite retrouvé un bon niveau en 2021, j'ai recommencé à m'amuser en pilotant et en travaillant ici tous les week-ends. C'est aussi en raison de ces mauvaises années que je suis le pilote que je suis aujourd'hui."

Après deux ans dans l'équipe belge, Augusto Fernández a rejoint en 2022 le team Ajo, faiseur de champions. Encore une fois, et malgré une ambition désormais assumée de remporter le titre, la saison n’a pas ressemblé à un long fleuve tranquille pour le pilote espagnol, seulement neuvième du classement général à 56 points du leader après le Grand Prix d'Espagne.

"Le début n'a pas été bon, on ne s'attendait pas à démarrer comme ça. Les résultats nous manquaient et c'était comme si j'avais besoin de me prouver à moi-même que je pouvais le faire. Mais honnêtement, que ce soit moi ou au sein de l'équipe, personne n'a jamais cessé de croire dans le championnat. Quand j'avais du mal, Aki [Ajo] me disait toujours : 'Ce n'est pas grave si on ne gagne pas maintenant'. Ils ont été là dans les mauvais moments durant la première partie de l'année, quand j'avais du mal à faire des résultats, et au final ça a marché."

Augusto Fernandez, Red Bull KTM Ajo

Augusto Fernández a réalisé un premier rêve en devenant Champion du monde en Moto2. Deux jours plus tard, il prenait le guidon d'une MotoGP.

De retour sur la plus haute marche lors du Grand Prix de France, Fernández a par la suite enchaîné les victoires, les podiums et les entrées dans le top 5, et sa régularité lui a finalement permis de l’emporter sur Ai Ogura, malgré ce qu'il a admis avoir été une "très grosse erreur" en Australie qui aurait pu lui coûter le titre. Lorsqu'il a été sacré à Valence à l'issue de la dernière course, il avait d'ores et déjà reçu son cadeau : une place en MotoGP, lui qui avait été officialisé chez Tech3 à la fin de l'été. Aussi, deux jours après son sacre, c'est sur la puissante KTM RC16 qu'il est monté pour ouvrir ce nouveau chapitre majeur dans sa carrière, désormais fort de cette grande dose de confiance qu'apporte un sacre.

"Devenir pilote MotoGP, c'est ce que tout le monde souhaite dans sa carrière", a estimé l'Espagnol de 25 ans, bien conscient toutefois qu'il affronte un nouveau défi de taille. "Je pense que je suis prêt en tant que pilote et en tant que personne. Il faut recommencer. OK, on y est arrivés, on est là mais maintenant je dois travailler pour essayer d'être un top pilote en MotoGP et un jour me battre pour le titre. C'est mon prochain rêve."

Une adaptation progressive, sans brûler les étapes

Accueilli dans la catégorie reine par le team Tech3 et son patron Hervé Poncharal, habitués à encadrer les jeunes pilotes, Augusto Fernández se trouvera ce samedi sous le feu des projecteurs pour vivre pour la première fois la présentation officielle d'une équipe MotoGP. Puis il sera temps de reprendre la piste pour les deux dernières journées d'essais de pré-saison, le week-end prochain, avant le saut dans le grand bain de la compétition dans moins d'un mois.

Comme tant d'autres l'ont expérimenté avant lui, c'est sur les freinages qu'il se focalisera durant le temps de piste qu'il lui reste pour tenter de s'approcher autant que possible du pilotage requis par les imposants prototypes de la catégorie reine. "Je freine un peu tôt", admettait-il pendant la semaine d'essais en Malaisie. "Et puis il faut beaucoup utiliser la pression des freins et faire vraiment confiance au pneu avant, or un pilote Moto2 ne va pas tellement faire confiance à son pneu avant, alors quand on vient de là, c'est complètement différent. Je progresse, mais il me reste encore beaucoup de marge et quand je vois les autres freiner et être capables de stopper la moto à des vitesses aussi élevées, c'est surprenant pour moi."

Son équipe l'accompagne dans la recherche d'un set-up de base pouvant correspondre à ses goûts autant qu'à "ce style MotoGP" qu'il essaye d'obtenir. "C'est difficile", a-t-il admis en Malaisie, "mais les progrès qu'on réalise sont bons. J'ai juste besoin de temps pour continuer à progresser." Même s'il commençait à se sentir "plus comme un pilote MotoGP" lorsqu'il a bouclé les essais malaisiens, le nouveau venu a martelé vouloir absolument éviter de brûler les étapes. Chaque chose en son temps, comme le lui a sans doute appris son parcours pour en arriver là.

Son plan en vue de ce prochain test à Portimão ? "Pas trop de stress", a-t-il prévenu, et une volonté de "suivre la même façon de travailler" même s'il s'attend à devoir reprendre certains points sur une piste très différentes de celle de Sepang. "Il faut qu'on soit patients et qu'on comprenne bien tous les progrès réalisés", insistait-il, se félicitant de la qualité de ses avancées. "On est encore loin, mais je garde avec moi chaque progrès réalisé. Il ne s'agit pas juste d'un tour : je sais ce que je fais et chaque fois que je progresse, je comprends bien les choses et je me maintiens à ce niveau. Je ne suis pas en train de faire un pas en avant, puis un pas en arrière avant d'avancer à nouveau. Mes avancées sont petites, mais sûres."

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