Austin : Pas des bosses, mais des "dos d'âne", des "vagues"

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Austin : Pas des bosses, mais des "dos d'âne", des "vagues"
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13 avr. 2019 à 00:56

Au Texas, les pilotes MotoGP auraient aimé ne pas devoir faire de rodéo au guidon de leur bolide, cependant les premiers essais leur ont montré qu'il leur faudrait composer ce week-end avec une piste en mauvais état. Le sujet est pris au sérieux et sera abordé en Commission de sécurité.

De nombreux pilotes ont tiré la sonnette d'alarme sur l'état de la piste d'Austin après la première journée d'essais libres du GP des Amériques. Plus que des bosses, ils décrivent des ondulations faisant penser à des dos d'âne.

"Ce ne sont pas des bosses, ce sont des vagues, d'énormes vagues. […] Ce sont comme des sauts, de vraies vagues sur le bitume", décrit Cal Crutchlow. Et Andrea Dovizioso de renchérir : "Ce ne sont pas des bosses, c'est comme avoir des dos d'âne et on a ça partout. Il y a aussi des bosses, mais ce sont plutôt comme des dos d'âne. Partout."

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Valentino Rossi décrit, lui, "une route de montagne" et Danilo Petrucci compare lui aussi la piste texane à une route, et non plus seulement à une piste de motocross comme l'ont beaucoup fait les pilotes dernièrement. "C'est dommage, parce que la piste est très belle. Le tracé, les infrastructures, tout est très beau, mais l'asphalte est vraiment… C'est comme rouler sur la route. C'est dommage", regrette le pilote Ducati.  

Et si les pilotes s'insurgent, ce n'est bien entendu pas uniquement parce qu'ils y perdent leur confort de pilotage, mais bien parce que l'état de la piste génère selon eux plus de risques. "Les pilotes ne sont évidemment pas à l'aise. C'est dangereux, parce qu'à chaque fois qu'on passe sur une bosse les possibilités de tomber sont plus élevées que sur une piste plate", pointe Jorge Lorenzo.

Un avis partagé par Cal Crutchlow, qui a répondu par médias interposés à son ami Jack Miller, l'un de ceux qui ne voient dans cette situation pas autre chose qu'un défi pour mieux régler les machines. "Si Jack a une mauvaise journée ou qu'il ne termine pas la course à cause des bosses, il dira que c'est un désastre", lance l'Anglais. "Le problème c'est que j'ai couru ici en 2013, quand la surface était une mer d'huile, et c'était une piste fantastique sur laquelle rouler. Maintenant ça devient tout simplement stupide, vu à quel point les bosses sont grosses. Oui, je suis complètement d'accord avec Jack, cela ajoute du caractère, dans certains endroits où il faut beaucoup gérer et où la moto vous secoue cela rend le pilotage de la moto passionnant. Mais c'est dangereux aussi."

Valentino Rossi, Yamaha Factory Racing

Besoin de resurfacer

Le danger est également pointé du doigt par Aleix Espargaró, qui n'a pas mâché ses mots pour faire savoir que, selon lui, Austin n'était pas digne du MotoGP en l'état actuel. "Dans ces conditions, dire que c'est dangereux c'est peut-être trop", pondère Andrea Dovizioso. "Ce matin, les températures n'étaient pas trop basses, mais il était difficile de faire chauffer les pneus et, en ajoutant cela aux bosses, c'était très difficile et je trouve que c'était un peu dangereux. Mais c'était juste le cas lors du premier run. Ensuite, ce n'était pas vraiment dangereux."

"Pour autant, je ne pense pas que ce soit la façon de faire du MotoGP", poursuit le pilote Ducati. "Je pense donc qu'il faut qu'on pousse un peu plus lors de la Commission de sécurité, pour comprendre quel sera l'avenir. Je ne pense pas qu'il soit possible d'améliorer la situation. Cela signifierait faire un gros investissement, très gros, et je crois que la limite est là."

"Le problème c'est qu'il est très difficile de régler les bosses, il faut beaucoup d'argent", craint lui aussi Valentino Rossi. "Ces dernières années ils ont essayé de faire d'autres choses, qui ont fait plus de mal que de bien. Alors où ils le font sérieusement ou bien mieux vaut la laisser comme ça. Mais aux USA je pense que c'est quand même la meilleure possibilité qu'on ait."

Jorge Lorenzo, lui, ne se pose cette question : il y a urgence, pour lui, à refaire intégralement le bitume. "La moitié de la piste est très bosselée et dans dix virages sur 20 il y a des bosses qu'il n'y avait pas l'année dernière", décrit-il. "C'est beaucoup plus bosselé que les autres pistes et ça l'est plus que l'année dernière. Il y a vraiment besoin de resurfacer. Dès que possible. Si c'est possible…"

Cal Crutchlow en appelle lui aussi au resurfaçage de la piste, listant une multitude d'endroits particulièrement touchés – les virages 2, 10, 11, 15, 16, 17 et la ligne droite de retour. Lorenzo cite quant à lui une autre portion encore : "La sortie du virage 9 à gauche, quand on descend, dans ce virage rapide. À chaque fois qu'on passe, à cause de cette montée et de cette descente, on a du wheelie."

"On a regardé les données de l'année dernière et à certains endroits on arrivait à garder les gaz ouverts, alors que cette année c'est impossible. Et puis, surtout, il faut rouler en sachant que c'est un virage, mais garder à l'esprit qu'il y a une bosse et il faut donc attendre la bosse et ensuite entrer dans le virage. Ça n'est pas la meilleure situation pour rouler", décrit Petrucci.

"C'est simplement mieux dans le virage 10, là où ils ont refait tout l'asphalte", juge pour sa part Marc Márquez. "Sur le reste, ce qu'ils ont fait pour réparer, c'est pire, pas mieux. Dans le virage 2 c'est pire, dans la ligne droite de retour c'est plus ou moins pareil voire pire, donc pas de grandes améliorations."

"Le virage 10 est un peu mieux. C'est le seul endroit où c'est un peu mieux. La bosse est là, mais à moitié plus petite que l'année dernière. Par contre, avant le nouvel asphalte il y a une bosse qui n'était pas là l'année dernière. Et dans toutes les autres portions c'est un peu moins bien", estime Dovizioso, qui ne cache pas son fatalisme face à cette situation : "Je pense que c'est normal. Je pense que quelque chose bouge sous l'asphalte et ça ne peut pas être mieux."

Un danger supplémentaire

Petrucci dit craindre des casses moteurs à force de secouer les machines, mais aussi des chutes en virage, notamment car il a observé un certain nombre d'accidents durant les séances Moto2 et Moto3 aujourd'hui. "Sincèrement, la ligne droite c'est le plus petit problème. Oui, c'est incroyable, parce qu'en ligne droite la moto se met à sauter, mais le problème c'est à l'intérieur des virages : le risque de chute est très, très élevé. La piste est la même pour tout le monde, mais c'est risqué", regrette-t-il. "C'est un sport dangereux, mais ajouter quelque chose d'encore plus dangereux n'est pas bien, surtout quand on court ensemble. On a vu dans d'autres catégories que beaucoup de pilotes sont tombés à cause des bosses et quand on est tous ensemble c'est plus risqué."

Les pilotes se réunissent ce soir en Commission de sécurité, où le sujet ne manquera pas de faire débat. Ils doivent ensuite reprendre la piste samedi matin pour des Essais Libres 3 annoncés sous la pluie.

Avec Michaël Duforest

 

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À propos de cet article

Séries MotoGP
Événement GP des Amériques
Catégorie Essais Libres 2
Lieu Circuit of the Americas
Auteur Léna Buffa
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