Faudrait-il autoriser un test spécial après un retour de blessure ?

En manque de repères depuis qu'il a repris la compétition, Pol Espargaró approuve l'idée d'autoriser un test sur une MotoGP quand on revient de blessure. Une suggestion qui ne correspond pas à ce que permet le règlement actuellement, mais dont la réflexion a été alimentée par les récentes longues convalescences de pilotes.

Pol Espargaro, Tech3 GASGAS Factory Racing

Après une convalescence de quatre mois, Pol Espargaró vit un retour éprouvant en MotoGP. En difficulté à Silverstone, il a fait forte impression en course sprint à Spielberg mais manque encore de repères, pas seulement pour piloter sa machine mais aussi pour jauger les situations de danger. Pendant les essais, il a mal anticipé la vitesse à laquelle Marc Márquez revenait sur lui et l'a gêné, ce qui a entraîné une pénalité sur la grille.

Durant sa convalescence, Espargaró a multiplié les entraînements à la salle de sport pour regagner en masse musculaire alors qu'une fracture de la mâchoire l'avait fait fondre en le privant longuement d'une alimentation solide. Il a aussi pu s'entraîner sur le circuit de Barcelone avec une moto, comme le font régulièrement les pilotes prêts à faire leur retour à la compétition et souhaitant évaluer leur physique ou reprendre quelques repères de pilotage. Mais il n'était pas autorisé à piloter sa MotoGP, puisque le règlement ne permet pas d'organiser des essais avec les titulaires en dehors des tests officiels − sauf pour les marques disposant de concessions, ce qui n'est le cas d'aucune actuellement.

Une idée a donc fait son chemin pendant le week-end de Spielberg : et si le MotoGP autorisait les pilotes revenant de blessure à piloter leur moto de course avant de reprendre la compétition ? "Ce serait bien", a confié le Catalan lorsqu'il a été interrogé sur la question. "Je n'y avais pas pensé, mais ce serait clairement très utile d'avoir un test avec une MotoGP avant de revenir."

"Les choses sont ce qu'elles sont. Avec tellement de courses, c'est compliqué aussi de planifier un test pour un seul pilote", a-t-il concédé. "Mais quand on fait la pré-saison avec une toute nouvelle moto, puis qu'on revient dans un week-end de course, après une blessure aussi lourde que la mienne, qui m'a fait passer quatre mois à la maison, et sans s'entraîner [sur une MotoGP], c'est très dur. Et pas juste physiquement, mais aussi techniquement parce que les motos sont à un niveau très élevé, tout comme les pilotes, donc comprendre une moto pendant un week-end de course, c'est compliqué."

Pol Espargaro, Tech3 GASGAS Factory Racing

Pol Espargaró

Un tel test pourrait se justifier au nom de la sécurité afin d'éviter qu'un pilote soit envoyé en piste sans le moindre repère, car quelles que soient les méthodes qu'ils emploient pour se préparer, aucune ne remplace l'expérience de la piste, selon Espargaró, qui ne cachait pas être fatigué physiquement au cours des deux derniers week-ends.

"Il n'y a rien [qui puisse reproduire le pilotage d'une MotoGP]. Je vous promets que je me suis énormément entraîné à la maison, mais il n'y a rien de comparable. On prend une 1000cc et si on la compare à une MotoGP, c'est une blague. Je peux rouler pendant une heure sur une 1000cc à un très bon rythme, et puis on saute sur celle-ci et on ne peut même pas faire 40 minutes. C'est très dur." 

Déjà absent depuis plus de deux mois, Álex Rins sera le prochain pilote confronté à un tel retour en MotoGP, lorsque sa convalescence pour des fractures tibia-péroné prendra fin. Lui aussi soutient l'idée de mettre en place un tel test. "Ça pourrait être une bonne idée", a estimé le pilote LCR lors de sa visite dans le paddock du Red Bull Ring. Le chemin pourrait cependant être long avant qu'elle se concrétise dans les règlements : "C'est une chose dont on n'a jamais parlé en Commission de sécurité, et ce pourrait être une bonne idée."

Avec la réduction des essais voulue par le règlement ces dernières années, les pilotes MotoGP n'ont plus qu'une poignée d'opportunités de prendre le guidon de leur bolide en dehors des Grands Prix (dont le nombre a, en revanche, augmenté), et sauf en cas de concessions pour leur constructeur. Deux tests officiels d'une journée sont organisés pendant la saison, en l'occurrence en mai (après Jerez) et en septembre (après Misano) cette année. À cela s'ajoutent les essais hivernaux et de pré-saison, à raison d'une journée après le dernier Grand Prix, d'un test de trois jours et d'un autre de deux jours, et enfin trois autres journées après la trêve hivernale pour les pilotes débutants.

Avec Léna Buffa

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