Bagnaia était "terrorisé" à l'idée de tomber en fin de course

Une semaine après avoir décroché sa première victoire MotoGP, Pecco Bagnaia a réédité son succès à domicile. Il a dû pour cela résister à Fabio Quartararo et écarter de son esprit les mauvais souvenirs de son erreur de 2020.

Bagnaia était "terrorisé" à l'idée de tomber en fin de course

On le disait favori, lui s'affichait serein. Dimanche, Pecco Bagnaia a bel et bien été au rendez-vous de son Grand Prix à domicile et, une semaine après avoir ouvert son compteur de victoires en MotoGP, le voici à nouveau sur la plus haute marche du podium.

Après avoir su résister à la pression permanente exercée par Marc Márquez à Alcañiz, il a cette fois mené une course différente, basée sur son choix d'utiliser le pneu arrière tendre, qui lui a offert un avantage dans les premiers tours mais l'a transformé en cible de Fabio Quartararo (qui avait opté pour le medium) dans la seconde partie de l'épreuve. Là aussi, il fallait résister, ne pas se laisser déborder par cette pression, et le pilote Ducati y est parvenu de manière à nouveau irréprochable.

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Gagner à domicile, avec une moto italienne, ça doit être très spécial ?

Pour moi ça veut dire beaucoup, je suis très heureux. C'est toujours spécial d'être devant ce public et sur cette piste, alors je suis très heureux. On a une nouvelle fois travaillé à la perfection. Cette fois, je n'étais pas sûr de mon pneu arrière. Je savais que le medium était bon, mais le soft pouvait peut-être offrir un meilleur grip au départ, alors on l'a essayé. Dans la première partie de la course, j'ai attaqué comme un fou et j'ai creusé l'écart, mais Fabio a comblé son retard avec le medium dans la dernière partie de la course. Ça n'a donc pas été facile. Dans le dernier tour, j'ai fait mon meilleur troisième partiel ! J'ai beaucoup poussé.

Tu as attaqué fort au début avec le pneu soft, mais tu as aussi fait un départ parfait et ça a dû t'aider…

Mon départ a été incroyable. Je suis parti juste après que les lumières rouges se sont éteintes, alors c'était un départ parfait ! Je n'ai jamais pris un départ comme ça. Je me suis dit que ça pourrait peut-être être [considéré comme] un départ volé, mais j'étais certain que ça n'était pas le cas, car il était vraiment parfait. Et puis, après, j'ai poussé. J'ai terminé le premier tour en ayant déjà une seconde d’avance, c'était incroyable, et j'ai essayé d'être régulier sur ce rythme. Ça n'a pas été facile pour le pneu arrière, mais être aussi régulier était très important pour nous car le pneu arrière se dégradait.

Cette baisse du pneu arrière a-t-elle été celle que tu attendais ?

Elle a été un peu plus forte, parce que je m'attendais à ce que le rythme soit un peu plus élevé. Comme ça, c'était très difficile mais on a tout bien géré. Faire 1'32"5 dans le dernier tour, c'était incroyable. L'année dernière, j'avais fait 1'33"0 à sept tours de l'arrivée, alors le rythme était vraiment très élevé aujourd'hui.

Étais-tu inquiet quand Quartararo t'a rattrapé ?

Bien sûr j'étais inquiet, mais j'étais sûr aussi que ce n'est pas facile de dépasser une Ducati à Misano. Je savais que Fabio était rapide dans les secteurs 1 et 4, mais les secteurs 2 et 3 sont vraiment bons pour nous. J'ai donc fait en sorte qu'il ne soit pas trop proche de moi, et dans le dernier tour j'ai juste essayé de tout faire à la perfection. Ça n'a pas été facile mais on a atteint notre objectif.

As-tu repensé à la course de l'année dernière, où tu étais tombé après avoir longtemps mené ?

Dans les six derniers tours, j'étais terrorisé à l'idée de faire la même erreur que l'année dernière. Je me disais 'ne tombe pas dans le virage 6 !' À sept tours de l'arrivée, j'ai failli tomber dans le virage 1 parce qu'il y a une bosse et que j'ai un peu perdu l'avant, alors j'ai eu très peur.

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Quelle a été la course la plus difficile : Aragón ou celle-ci ?

Pour moi, celle-ci parce que c'est une piste plus courte, avec plus de tours, et elle est plus difficile physiquement parce qu'on n'a pas le temps de se reposer. En Aragón, on a plus de temps en ligne droite pour respirer. Et aussi parce que je regardais mon avance et qu'elle se réduisait à chaque tour, donc c'était très difficile de rester concentré. Je savais que ce serait comme ça, parce que pousser autant dans la première partie de la course voulait aussi dire que dans la dernière partie j'aurais peut-être un peu moins de grip.

Tu as connu de grandes émotions en l'espace de sept jours, avec non seulement ta première victoire mais également une seconde !

Gagner en Aragón m'a donné beaucoup de motivation pour arriver ici plus préparé pour gagner une course. Sur cette piste c'est peut-être plus spécial encore, parce que c'est mon Grand Prix maison et qu'on est devant notre public. Après le drapeau à damier, j'ai fait le tour le plus lent possible pour essayer de saluer tout le monde. Je suis allé à la tribune Ducati et il y avait une grande fête là-bas ! J'ai tout aimé dans cette course.

Pour moi, c'est un moment spécial après avoir eu autant de mal à gagner ma première victoire. Chaque fois, j'en ai été proche mais elle m'a échappé, j'ai fait des erreurs, j'ai eu des problèmes. Le fait d'avoir gagné ma première en Aragón et déjà la deuxième ici me donne beaucoup plus de confiance en moi-même. Je suis sûr que, si on travaille bien et si on travaille dans certains domaines, on pourra tout le temps être devant et se battre contre les meilleurs.

Tu n'as pas pu fêter ta victoire à Alcañiz, mais ici tu es à 10 km de chez toi, alors il va sûrement y avoir une grosse fête ce soir, non ?

Je ne sais pas… On a un test mardi, alors il faut que je décide ce qui est mieux… Je pense que le test, c'est mieux ! Mais ce soir on va avoir un bon dîner avec toute l'équipe et j'aimerais passer un bon moment avec eux parce que c'est quelque chose qui nous manque, on est tout le temps obligé de rentrer très vite à la maison alors cette fois j'aimerais en profiter plus.

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