Brad Binder a fait un bond de 9 places en course

Il faut parfois reculer pour mieux avancer. Si Brad Binder suit ce raisonnement pour évoquer la première partie de championnat de KTM, il peut aussi s'appliquer à son Grand Prix d'Allemagne, où il a réussi à renverser la situation après une mauvaise qualification.

Brad Binder a fait un bond de 9 places en course

Brad Binder a opéré l'une des plus belles remontées observées pendant la course du Sachsenring, un circuit pourtant réputé pour grandement limiter les opportunités de dépassement. Qualifié 13e après être passé à un cheveu de la Q2 samedi, le pilote sud-africain s'est joué de ces difficultés : à la fin du premier tour, il avait déjà bondi à la septième place puis, après l'avoir longtemps conservée, il a avalé durant la dernière dizaine de tours Johann Zarco, Aleix Espargaró et Jack Miller pour finir quatrième à 1"150 du podium.

"Le départ a été le moment le plus important. Je savais que si je prenais un bon départ, je pourrais connaître une bonne course, parce que c'est très dur de doubler ici", explique-t-il au site officiel du MotoGP. "Je voulais vraiment attaquer, mais on savait depuis la veille que je dégradais totalement mon pneu arrière, donc je devais vraiment l'économiser. C'était vraiment dur d'avoir assez de confiance pour me dire 'OK, je dois attaquer', parce que je ne voulais vraiment pas connaître une course comme celle de Barcelone, où je n'étais qu'un passager [sur la moto] dans les cinq derniers tours après avoir détruit mes pneus. Donc je suis vraiment content parce que j'ai réussi à faire durer les pneus toute la course."

Admettant avoir été "un peu frustré" par la phase centrale de sa course, Binder a néanmoins réussi à se montrer fin gestionnaire et à en profiter par la suite. "Du huitième au 18e tour, c'est le moment qui a probablement été le plus dur pour moi. J'avais un groupe de trois ou quatre pilotes devant et la pression du pneu arrière est vraiment montée. Normalement, quand la pression monte, on a du mal à s'arrêter et à avoir une bonne moto à l'avant, le niveau de grip n'est plus le même. J'ai vraiment eu du mal à faire des dépassements parce que je n'arrivais pas à freiner tard. J'ai pu doubler les autres quand les pneus de tout le monde se sont dégradés."

Les difficultés initiales étaient peut-être nécessaires

Après deux cinquièmes places au Portugal et en Italie, il s'agit du meilleur résultat de Binder depuis le début de la saison et il lui permet de grimper au huitième rang du championnat, à 18 points désormais de son coéquipier, Miguel Oliveira, vainqueur en Catalogne. Après n'avoir obtenu que deux entrées dans le top 5 lors des cinq premières courses, KTM poursuit donc sa marche en avant en ayant confirmé sur chacune des trois pistes un potentiel bien plus élevé. Comme son équipier, Binder ne veut rien regretter au sujet du début de saison compliqué du constructeur, estimant que l'équipe devait peut-être en passer par là pour atteindre son niveau actuel.

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"Parfois, il faut des journées difficiles… On a parfois besoin d'être tiré en arrière pour ensuite avancer", estime le Sud-Africain. "Je pense que les moments difficiles en début de saison étaient peut-être exactement ce dont nous avions besoin, pour trouver ce qu'on a en ce moment. Je sais que les gars travaillent énormément. On a tout le temps des nouveautés et de petites choses à tester. Ils n'aiment pas non plus être en difficulté, et c'est bien. On voit que la moto fonctionne beaucoup mieux et qu'elle est meilleure tous les week-ends, sur des circuits très différents. Donc je suis très content des progrès effectués."

Avec trois dernières courses très réussies, KTM inquiète sérieusement la concurrence, à commencer par Suzuki, sur qui l'écart s'est creusé. "C'est bien si on est remontés. Je pense qu'on va dans la bonne direction. On est troisième chez les constructeurs, ce qui est plutôt bien, et quatrième chez les équipes. On est sur la bonne voie et Miguel l'a montré avec trois podiums consécutifs", souligne Binder, toutefois prudent : "Je crois que c'est très important, mais je pense qu'on doit se concentrer sur les résultats et prendre les courses les unes après les autres, parce que les résultats définiront la hiérarchie finale au championnat des pilotes et dans celui des équipes."

Avec Vincent Lalanne-Sicaud

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