Casey Stoner - "J'aimerais voir beaucoup moins d'électronique"

Le double Champion du monde estime que l'électronique utilisée aujourd'hui en MotoGP tend à uniformiser le style de pilotage et se montre nostalgique du temps où les sensations du pilote comptaient plus.

Casey Stoner - "J'aimerais voir beaucoup moins d'électronique"
Casey Stoner, Ducati Team
Casey Stoner, Ducati Team
Casey Stoner, Ducati Team
Casey Stoner, Ducati Team
Casey Stoner (Repsol Honda Team)
Casey Stoner, Ducati Team
Casey Stoner, Repsol Honda Team
Casey Stoner, Ducati Marlboro Team
Casey Stoner, Repsol Honda Team
Scott Redding, Pramac Racing, Casey Stoner, Ducati Team
Casey Stoner, Repsol Honda Team
Jorge Lorenzo, Fiat Yamaha Team, Dani Pedrosa, Repsol Honda Team, Casey Stoner, Ducati Marlboro Team
Casey Stoner, Repsol Honda Team

Casey Stoner n'a jamais caché sa frilosité pour l'augmentation des aides au pilotage permises au fil des années sur les MotoGP. Dans une chronique publiée sur Australian Motor Cycle News, il a longuement détaillé son avis sur l'utilisation de l'électronique, domaine qui a fortement évolué au fil des ans avant d'atteindre cette saison une fourniture standardisée.

"Pour moi, l'ère des 990cc était probablement la meilleure du MotoGP", juge le double Champion du monde. "L'électronique était tout simplement parfaite. Elle était là, elle vous rattrapait donc dans une certaine mesure, mais elle n'augmentait pas votre performance. Pendant les essais du Sachsenring, en 2006, on avait tout un tas de problèmes avec l'électronique, si bien qu'on a dû s'en passer. Je pense que j'étais à 0"150 du meilleur temps que j'avais fait avec le traction control, et ce même en étant prudent."

"À mon avis, 2006 a été l'une des meilleures années du MotoGP : beaucoup de vainqueurs différents, beaucoup de monde aux avant-postes. Je crois que c'était les belles années", se remémore Casey Stoner, lui-même auteur d'un podium alors qu'il disputait à l'époque sa première saison en catégorie reine, avec LCR.

2006 était la dernière saison de cette génération de MotoGP, avant le passage aux 800cc. C'est avec cette cylindrée que Casey Stoner a écrit les grandes pages de sa carrière, faisant notamment coïncider sa première victoire MotoGP avec le premier Grand Prix des nouvelles machines, au Qatar en 2007. Il a également été le dernier vainqueur de l'ère 800cc, lors du GP de Valence 2011, lui qui avait raflé entre temps deux titres avec deux marques différentes.

Il n'a ensuite expérimenté les 1000cc que durant un an avant de prendre une retraite anticipée et de piloter ces machines exclusivement lors de séances d'essais. "On est de retour à des 1000cc qui sont formidablement hargneuses, mais à mon avis l'électronique est toujours trop bonne", juge-t-il aujourd'hui, estimant que celle des 990cc apportait une aide suffisante sans être invasive. "D'une manière générale, elle ne s'impliquait pas trop et je ne voulais d'ailleurs pas qu'elle le fasse, parce que je n'aimais pas le feeling qu'elle apportait. J'ai passé toute ma vie à piloter sans électronique, alors je ne sais pas pourquoi on a soudain pensé que la nouvelle génération de pilotes voulait rouler avec de l'électronique."

J'ai passé toute ma vie à piloter sans électronique, alors je ne sais pas pourquoi on a soudain pensé que la nouvelle génération de pilotes voulait rouler avec de l'électronique.

Casey Stoner

Stoner ne critique pas la qualité de l'électronique dont disposent les pilotes à l'heure actuelle, mais bien la quantité : "Aujourd'hui, l'électronique est très raffinée et progressive, elle arrive donc de façon beaucoup plus douce. Le package de cette année est très, très bon. Les teams n'ont peut-être pas autant d'options pour affiner les choses et définir des réglages virage par virage, mais c'est quand même un package très impressionnant. Malheureusement, il n'est pas du tout basique."

"J'aimerais voir beaucoup moins d'électronique. Je pense qu'il faudrait que ça revienne à ce que c'était en 2006 ou 2007. Je pense que le package de la Dorna (l'ECU unique fourni par Magneti Marelli, ndlr) correspond juste au fait que la Dorna essaye de réduire les coûts et d'empêcher l'électronique de continuer à progresser, mais cela ne replace clairement pas le pilotage entre les mains des pilotes", avertit l'Australien.

"J'aimais essayer différentes choses avec mon pilotage, comme stopper les wheelies. Le contrôle du wheelie, c'est une autre chose que je n'aime pas. J'aime être en mesure de commander la roue avant et de trouver la dose parfaite de pilotage en sortie de virage. C'est le genre de choses qui font du pilotage d'une moto tout un art, au lieu de juste mettre les gaz et laisser l'électronique faire les choses à sa place. Autant d'éléments qui ont disparu à présent. Je n'aime pas cela, parce que je crois toujours que l'électronique n'est pas aussi bonne qu'une main."

"Je continue de penser qu'il y a plus à faire sur le plan humain que sur l'électronique. Mais l'électronique aide énormément les pilotes qui n'arrivent pas à contrôler l'arrière comme d'autres le font", poursuit-il. "Avant, le style de chacun prévalait, maintenant on se dirige plus vers un style en particulier. Personne ne peut faire la différence en sortie de virage - on les entend tous accélérer dans la même partie du virage puis en sortir - alors ils donnent juste un grand coup sur les freins. C'est une question de qui freine le plus tard et de qui veut prendre le plus de risques."

Et Casey Stoner de conclure : "L'électronique a enlevé beaucoup de finesse, désormais les agressifs peuvent être performants."

partages
commentaires
Édito - La quête de l'état de grâce
Article précédent

Édito - La quête de l'état de grâce

Article suivant

Mi-saison - Le bilan équipe par équipe

Mi-saison - Le bilan équipe par équipe
Charger les commentaires