Format 2023 du MotoGP : les pilotes semblent conquis

Les week-ends du MotoGP vont être chamboulés avec l'arrivée des courses sprint et malgré quelques craintes, le nouveau format des week-ends plait déjà aux pilotes.

Format 2023 du MotoGP : les pilotes semblent conquis

Le MotoGP va faire sa révolution en 2023, avec l'introduction des courses sprint qui va totalement changer la physionomie des week-ends. Afin de maintenir un roulage équivalent, les essais libres seront rognés et les qualifications – qui détermineront la grille de départ du sprint ainsi que de la course principale toujours disputée le dimanche – vont basculer le samedi matin.

Quand les courses sprint ont été annoncées, plusieurs pilotes ont exprimé des craintes, entre un programme très compact et des essais réduits. Au GP d'Aragón, le MotoGP a détaillé le programme des Grands Prix en 2023, avec notamment un Fan Show prévu le dimanche matin, et les pilotes ont globalement été séduits, même ceux qui avaient exprimé les plus fortes réserves, comme Aleix Espargaró.

"Je n'étais pas très enthousiaste quand la course sprint a été annoncée mais maintenant le programme a complètement changé : on va voir beaucoup de nouvelles activités, le samedi va être la journée la plus exigeante qui soit, alors attendons de voir", a déclaré le pilote Aprilia. "Si ce programme ne me plaît pas, je vous dirai tout de suite, dès le samedi à Portimão : 'C'est de la merde !' [rires] Mais je suis curieux, j'ai envie d'essayer de nouvelles choses. Le monde change, il faut se renouveler, essayer de nouvelles choses, alors essayons et on verra."

Jack Miller, Brad Binder et Aleix Espargaró

Jack Miller, Brad Binder et Aleix Espargaró

Johann Zarco confirme un certain apaisement parmi les pilotes. "On n'était pas totalement d'accord mais on doit s'y habituer et on est tous capables de s'y habituer", a estimé le Français. "C'est juste la nature humaine de se plaindre et ensuite de s'adapter."

Zarco apprécie notamment de ne plus avoir que les deux séances du vendredi pour viser un top 10 synonyme d'entrée directe en Q2, ce qui permettra d'être fixé plus vite et de ne pas avoir une séance décisive pour entamer le samedi, les "nouveaux" EL3 étant équivalents aux EL4 actuels"Je suis content qu'il n'y ait que le vendredi pour être en Q2 car l'expérience peut aider à être rapide tout de suite, avec une bonne moto."

"Ça peut aider un peu le week-end d'être prêts dès vendredi et ensuite ne pas être stressés le samedi matin où il fait parfois plus froid. Le samedi matin on est toujours plus rapides mais avec le froid c'est parfois effrayant donc ça sera mieux de juste faire les temps pour les qualifications le vendredi."

Des craintes subsistent

Immédiatement séduit par le concept des courses sprint, Marc Márquez juge le nouveau programme "parfait" mais certains s'inquiètent de voir la durée du warm-up divisée par deux, avec dix petites minutes en piste. "Pour moi le warm-up est important", a confié Enea Bastianini en conférence de presse au GP d'Aragón. "Peut-être que 20 minutes, comme maintenant, c'est trop, dix... Pour moi 15 minutes serait le mieux mais avoir dix minutes pour faire trois ou quatre tours c'est bien pour préparer la course et pour comprendre quelque chose sur la moto."

Jack Miller se montre plus serein. "Warm-up ou pas, on arrive en course en étant préparés depuis le samedi", a rappelé l'Australien. "Je pense que c'est bien d'avoir juste quelques tours pour jeter un coup d’œil et pour réveiller un peu le corps. Ça devrait aller."

Ce temps d'adaptation devrait favoriser ceux qui auront une moto et des réglages éprouvés et changer de constructeur pourrait ainsi poser de plus gros problèmes aux pilotes. "J'en suis désolé pour eux ! [rires]" s'est amusé Maverick Viñales, assuré de piloter une Aprilia jusqu'en 2024. "Ça m'est arrivé quand j'ai changé de moto en plein milieu de la saison, c'était dur, très dur. Alors je pense que l'année prochaine certains pilotes vont trouver ça dur avec un programme aussi condensé."

Agostini redoute la fatigue dans les équipes

Ce nouveau format intrigue Giacomo Agostini. L'octuple Champion 500cc avait lui-même l'habitude de multiplier les courses pendant les week-ends en s'engageant dans plusieurs catégories, mais chacune de ses motos était préparée par une équipe de mécaniciens différents. Avec le nouveau format du MotoGP, la difficulté viendra du fait qu'une même structure devra appréhender plusieurs courses le même week-end, le tout dans un calendrier de plus en plus dense.

"À mon époque, je disputais plusieurs courses en 350cc et 500cc, mais c'était juste le pilote qui faisait plusieurs courses", a confié Agostini à l'édition néerlandaise de Motorsport.com. "Un pilote pourrait encore rouler en Moto2 et MotoGP maintenant, on pourrait rouler dans deux catégories. [...] Maintenant, c'est la même moto qui doit être préparée pour les courses du samedi et du dimanche."

"Il y avait un maximum de 24 courses par an [à mon époque] maintenant ça sera 42, ce qui est pas mal", a-t-il ajouté. "Pas seulement pour les pilotes, mais aussi pour les équipes et les mécaniciens. Il faudra voir ce que cela apportera, peut-être que ça sera bien."

Quant au spectacle, l'Italien a du mal à se projeter et à imaginer l'influence de ces changements : "Je ne sais pas. Ça sera peut-être comme la Formule 1, mais nous avons trois catégories, avec le Moto3 et le Moto2, c'est beaucoup."

Avec Léna Buffa et Charlotte Guerdoux

Lire aussi :
partages
commentaires

Related video

Le projet de Grand Prix en Inde confirmé par le MotoGP
Article précédent

Le projet de Grand Prix en Inde confirmé par le MotoGP

Article suivant

Calendrier allongé, courses sprint : est-ce trop pour les pilotes ?

Calendrier allongé, courses sprint : est-ce trop pour les pilotes ?