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Dall'Igna a refusé de rejoindre Honda : "Je me sens bien chez Ducati"

Honda a tenté de recruter des ingénieurs européens dans l'espoir de retenir Marc Márquez et Gigi Dall'Igna figurait en tête de liste. Mais le père de la Ducati actuelle a décliné l'offre.

Luigi Dall'igna, Ducati Team

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Maintenant que Marc Márquez a officialisé son départ de Honda, on commence à en savoir plus sur les coulisses de l’opération de sauvetage tentée par le constructeur japonais afin d’éviter d’en arriver là. Gigi Dall’Igna, directeur général de Ducati Corse, a fait partie des profils identifiés pour renforcer le groupe d’ingénieurs du HRC, mais en vain : il révèle aujourd’hui avoir refusé le poste qui lui a été proposé.

Approché par Honda, le père de la Desmosedici actuel et ancien artisan des succès d’Aprilia a été identifié comme celui qui pourrait aider la marque de Tokyo à remonter la pente et convaincre Márquez d’aller au bout de son contrat, qui courait jusque fin 2024. Dans une interview accordée à La Gazzetta dello Sport, Dall’Igna confirme avoir eu des contacts et même avoir réfléchi à cette option.

"Comme c'est probablement normal, il y a eu une réflexion", explique Gigi Dall’Igna. "Je me sens bien chez Ducati. J'ai beaucoup travaillé pour en arriver à une situation où Ducati est considéré comme un modèle. Partir maintenant n'aurait peut-être pas été logique. Après, il est vrai que ce que je devais faire ici, je l'ai fait. J’aurais pu le voir comme un challenge gagné et acté, et Honda est un challenge tout aussi intéressant et important."

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Gigi Dall’Igna a rejoint Ducati en 2014, à peine un an après l’arrivée de Marc Márquez en MotoGP. Il était alors chargé de recoller les morceaux après l’effondrement des performances ayant fait suite au titre unique décroché par Casey Stoner en 2007, et le passage amer de Valentino Rossi qui a transformé en échec l’association pilote-constructeur ayant généré jusqu’alors la plus grande excitation. Très vite, la donne a changé sous la direction de l’ingénieur vénitien, Ducati retrouvant la victoire en 2016, jouant le titre à partir de 2017 et parvenant à remporter la couronne pilotes en 2022.

Mené à la catégorie reine par Honda en 2013, Márquez est toujours resté fidèle à la marque et, s’il a fini par se résoudre à une rupture après onze ans de services dont quatre dernières années très douloureuses, c’est dans un vrai déchirement qu’il a expliqué avoir fait un choix de raison et absolument pas de cœur. Une décision motivée par le niveau actuel de Ducati, et ce bien qu’il ne pourra très probablement pas disposer du modèle de 2024 en rejoignant le team satellite Gresini Racing la saison prochaine.

À l’issue du Grand Prix du Japon, dimanche, Gigi Dall’Igna avait semblé donner son aval à ce transfert retentissant. Il rappelle néanmoins que Gresini choisit ses pilotes en toute autonomie et qu’il n'a pas eu de poids dans l’affaire.

"L'opération est entièrement le mérite de Gresini. Ce sont eux qui l'ont pris, pas Ducati. J'ai parlé de beaucoup de choses avec Marc, mais je veux répéter quelque chose : ce n'est pas une idée qui est venue de moi. C'est une équipe qui a décidé de conclure un accord avec un pilote. Après, il est clair que je suis content de voir des pilotes compétitifs sur mes motos."

Marc Marquez, Repsol Honda Team

Ce n'est pas Gigi Dall'Igna qui vient à Honda, c'est Marc Márquez qui vient à Ducati...

Marc Márquez pilotera-t-il le modèle de Ducati avec lequel Pecco Bagnaia disputera le dernier Grand Prix de cette saison, à Valence ? Cela n’est pas encore déterminé, selon Gigi Dall’Igna : "Il faut encore évaluer si ce sera celle-là ou celle ayant précédé les dernières évolutions, celles-ci étant encore en phase d’analyse et présentant quelques points critiques."

Une chose semble en revanche actée, ainsi que nous l’indiquions mercredi : le champion espagnol devrait arriver seul, sans l’équipe technique qui l’accompagne depuis le Moto2 et avec laquelle il a noué des liens presque familiaux.

"Je crois qu’il viendra seul", confirme Dall’Igna, plus inquiet de voir un ingénieur passer pour un an seulement et repartir avec des informations sensibles, plutôt que Márquez fasse lui-même un passage express. "Zarco va aller chez Honda. C’est pareil, non ? Les informations, les connaissances, il les amènera avec lui. Et c’est pire si c’est un ingénieur qui part."

Marc Márquez, un champion "encombrant"

Ce recrutement va potentiellement chambouler l’ordre établi chez Ducati, avec objectivement le plus grand champion de l’ère actuelle au sein d’une équipe satellite, potentiellement à même de battre les pilotes d’usine. Et ça, "c'est une préoccupation, un des défis à relever", admet Dall’Igna.

"Nous devrons réussir à gérer des pilotes forts, avec des caractères forts. Au-delà de Marc, il y a déjà une concentration importante de champions. Peut-être que c’est un champion plus encombrant qui arrive, mais c'est un travail que nous savons faire", souligne-t-il.

Quant aux craintes de voir l’intérêt du championnat amoindri par la présence du #93 dans le groupe de huit Ducati, elles sont balayées par le patron de Borgo Panigale : "J’ai plutôt l’impression que la bagarre de cette année entre Pecco et Martín est déjà enthousiasmante. Nous assisterons à de belles bagarres, ce ne sera pas un championnat du monde triste."

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