Petrucci n'est pas encore à son aise sur la KTM

KTM a apporté des nouveautés pour adapter sa machine à la grande taille de Danilo Petrucci, mais toutes n'ont pas donné satisfaction. Pénalisé par son poids, le pilote italien a des difficultés à bien exploiter la gomme arrière.

Petrucci n'est pas encore à son aise sur la KTM

Danilo Petrucci a encore vécu un week-end difficile à Jerez, avec une modeste 14e place en course. Le pilote du team Tech3 a longtemps été derrière Miguel Oliveira mais il a finalement perdu le contact et contrairement au Portugais, il n'a pas pu remonter dans le classement. KTM a pourtant apporté des évolutions pour tenter d'adapter la RC16 à sa grande taille, une situation inédite pour la marque autrichienne, avec notamment une nouvelle selle.

"Je tiens à remercier KTM pour le travail parce qu'ils ont apporté des nouveautés. Mon équipe a fait différentes choses pour que je sois plus à l'aise sur la moto", souligne Petrucci, partagé sur l'efficacité des pièces apportées : "Disons que certaines choses fonctionnent et d’autres non [...]. Ce qui est positif, c'est qu'on a peut-être compris quel est le principal problème de la moto, le principal problème à résoudre. Et aussi, disons qu’avec mon expérience sur d’autres motos, je peux leur dire les différences."

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Le pilotage de la KTM pose en effet plusieurs difficultés à Danilo Petrucci. L'Italien est surtout "très lents en pneus neufs", ce qui le pénalise en qualifications et en début de course. Petrucci se montre très agressif en entrée de courbe et les pneus ne sont généralement pas suffisamment durs pour bien encaisser la charge.

"Quand on monte les pneus neufs je n'arrive pas à améliorer mon temps. Par rapport aux autres, j'emmène énormément de vitesse dans les virages, la moto me donne beaucoup de confiance pour cela, mais ensuite ça ne me permet pas de la faire tourner parfaitement, et c'est pour cela que je la redresse toujours en retard par rapport aux autres et que je perds toujours un peu à l'accélération. Je gagne du temps en entrée, et je perds toujours un peu à l'accélération. Je dois toujours essayer un peu de me rattraper."

"Ce week-end j'ai déjà un peu mieux compris les choses. Je voulais faire mieux en qualifs, mais je n'y suis pas arrivé. On a eu quelques problèmes. J'aurais aimé qu'on soit un plus au point. On l'est en ce qui concerne le rythme de course, mais je ne sens pas de différence en pneus neufs dans le time attack. Donc d'un côté, c'est bien, mais en ce qui concerne les courses on part toujours un peu désavantagé."

Petrucci a souvent éprouvé des difficultés avec le pneu arrière, mais elles ont changé de nature avec son passage de la Ducati à la KTM : "Par rapport aux années passées, où j'ai toujours eu du mal à le gérer, maintenant je n'arrive même plus à le faire fonctionner quand il est neuf. Alors qu'avant j'arrivais à être très rapide en pneus neufs et un peu plus lent en pneus usés, maintenant c'est le contraire, je suis assez rapide avec des pneus très usés mais quand je monte un pneu neuf je n'arrive pas à sentir la différence. C'est le problème qu'on a eu au Qatar, à Portimão, à Jerez, à la fois en qualifs et en début de course."

Lors du test post-course organisé lundi sur le circuit andalou, Danilo Petrucci a cherché un nouvel équilibre sur la KTM, sans véritable succès. "On a essayé de travailler un peu sur ça mais rien n'a vraiment fonctionné", déplore-t-il, reconnaissant avoir encore besoin de s'adapter à sa moto : "Au fond, je dois sans doute prendre la main et avoir confiance pour faire ce qu'elle dit plutôt que ce que je dis moi. Je suis déjà assez fort au freinage, le problème c'est que je sens que je fais beaucoup travailler le pneu avant et peu le pneu arrière, mais on n'a jamais trouvé quelque chose pour le faire plus travailler. Le fait est que, comme je déplace plus de kilos, il y a beaucoup plus de pression sur le pneu avant, ça le fait chauffer plus et surtout ça fait prendre plus de risques."

"Je ne suis pas complètement satisfait par cette journée, je voulais faire un peu mieux, mais je vais de l'avant, je me tourne vers Le Mans qui est une piste un peu différente. Comme je l'avais dit, cependant, régler la moto à Jerez aide généralement un peu partout. Par le passé, j'avais souvent trouvé des solutions pour ensuite commencer à être compétitif. Sur cette course, je suis content parce que j'ai été proche de Miguel, mais on n'a pas été proche des autres."

La taille et donc le poids de Petrucci posent des difficultés qui semblent insolubles, le test de Jerez n'ayant pas permis de faire de véritables progrès, même s'il espère des progrès au Mans, où il s'est imposé la saison passée : "Le problème c'est que je perds beaucoup dans les accélérations de zéro, quand il faut déplacer plus de kilos. Par rapport à Brad, j'ai 20 kg de différence. Dans ces situations-là, j'ai du mal, je perds toujours du temps, ensuite j'essaye d'en récupérer au freinage mais je stresse beaucoup le pneu avant et je n'ai pas d'aide de l'arrière. On a essayé de modifier la répartition des masses, mais je n'ai pas vraiment trouvé quelque chose qui me plaise. Le Mans est une piste un peu différente où il n'est pas vraiment utile de faire tourner la moto mais plutôt de la ralentir. J'y arriverai avec les idées un peu plus claires."

Avec Léna Buffa et Chloé Millois

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