Des "réglages extrêmes" aident Petrucci sur la KTM

Défavorisé par sa grande taille, Danilo Petrucci progresse sur la KTM grâce à des réglages "extrêmes", et mêmes "bizarres" selon son patron Hervé Poncharal. Sa course a cependant été très difficile à Doha, sans aucun point à la clé.

Des "réglages extrêmes" aident Petrucci sur la KTM

KTM s'attendait à deux courses difficiles à Losail, une piste qui ne met pas en avant les qualités de la machine autrichienne, déjà très en retrait au cours des tests organisés sur le circuit qatari avant le début de la saison. C'est dans ce contexte difficile que Danilo Petrucci, recrue du team Tech3 cette année, a découvert sa nouvelle machine. Son premier Grand Prix s'est arrêté dès le deuxième virage, en raison d'un contact avec Álex Márquez qui a provoqué sa chute, et c'est donc au GP de Doha qu'il a véritablement pu lancer son championnat avec la RC16.

Cette fois, le pilote italien a vu l'arrivée, mais le résultat a été décevant. Qualifié à la 17e place, Petrucci espérait accrocher quelques points, cependant sa grande taille lui a fait perdre du temps en ligne droite et sa course a en plus été troublée par un contact avec Takaaki Nakagami qui lui a fait perdre une ailette, celle qu'a percutée le leader Fabio Quartararo en fin d'épreuve.

"J'essayais d'au moins faire un dépassement, parce que Taka était vraiment plus lent que moi partout, sauf en ligne droite", a expliqué le pilote Tech3. "Je le doublais, mais il repassait tout le temps devant dans la ligne droite, puis il a fermé la porte et il a cassé mon ailette. C'est le problème. On savait que la course pouvait être difficile, mais je ne pensais pas qu'elle le serait autant. Tout le monde m'a doublé en ligne droite. Je suis trop lent et c'est un problème."

"Par rapport aux autres KTM, je perds au moins trois dixièmes en ligne droite, et même en étant plus rapide que le pilote devant moi, je perdais quelques mètres à chaque accélération et je devais être très agressif au freinage pour rattraper le temps perdu, mais les dépassements étaient impossibles pour moi. Ça a été une course vraiment très difficile. On avait déjà vu dans les essais libres que je surchauffais les pneus, à l'avant et à l'arrière, et je me suis vraiment battu avec la moto en course. Malgré ça, je me suis beaucoup employé, mais je perdais tout dans la ligne droite. Je ne sais pas si on a une solution."

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Le temps perdu par Danilo Petrucci en ligne droite l'empêchait de porter une attaque sur tout pilote, mais faisait aussi de lui une proie facile pour ses adversaires : "À chaque accélération, un pilote me doublait. Le freinage est bon mais j'entre toujours dans le virage avec trop de vitesse. À partir du troisième tour, le pneu était très chaud. On doit vraiment travailler sur ça. On avait des réglages extrêmes pour la KTM, à cause de ma taille."

Les réglages "extrêmes" auxquels Petrucci fait référence sont en fait totalement inédits pour KTM. Ses 181 cm font de lui le pilote le plus grand à avoir piloté cette moto et Tech3 multiplie les expérimentations pour que sa taille ne soit pas un problème. "Depuis le début des tests, je n'ai jamais eu la même moto", expliquait le pilote après les qualifications. "J'ai toujours testé des choses. C'est la première fois que KTM teste quelque chose de vraiment différent parce qu'ils n'ont jamais eu un pilote de mon poids"

"Je suis peut-être trop grand pour la moto", a-t-il ajouté une fois la course terminée. "J'ai vu des photos et je suis vraiment, disons... on dirait une Moto3 ! [rires] Ça va pendant quelques tours mais il y a d'autres pilotes avec lesquels je ne peux pas rester, surtout quand ils ont une aspiration et même quand j'en ai une. C'est un problème en course, surtout avec une ligne droite comme sur cette piste."

Tech3 savait que son nouveau pilote aurait besoin d'un temps d'adaptation à sa nouvelle machine et Hervé Poncharal se dit satisfait du travail effectué pendant les essais du GP de Doha avec ces réglages auxquels le clan KTM n'était pas habitué, même si les progrès ne se sont pas concrétisés en course. "On savait que ce serait difficile, parce que Danilo a longtemps piloté la moto rouge", a expliqué le patron de l'équipe française au site officiel du MotoGP. "La KTM impose un style de pilotage totalement différent. Sur cette piste, qui n'est pas la plus favorable à la KTM, on savait qu'il faudrait un peu de temps."

"La bonne nouvelle, c'est que plus il pilote la moto, plus il l'apprécie. Non seulement il l'aime plus, mais il est plus rapide à presque chaque sortie. On a trouvé des réglages assez étranges par rapport à ce que tout le monde utilise, et depuis que l'on suit cette voie que personne n'avait essayée, parce qu'elle est assez extrême, Danilo se sent beaucoup mieux."

"Les sensations s'améliorent, on continue à travailler pour comprendre la moto, ce dont Danilo a besoin, car c'est très différent des autres. Il est beaucoup plus grand et plus lourd. Pour le moment, on est satisfait", assure le Français. "Ce qui est bien, c'est que Danilo est vraiment très proche de Miguel [Oliveira] et Brad [Binder], qui sont les références sur la KTM, et on sait que les deux ont gagné des courses l'an dernier. C'est une grosse motivation pour lui et pour nous tous."

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Rappelant qu'il faut "du temps pour adapter la moto" à sa morphologie, Petrucci était satisfait d'enchaîner une seconde course sur le même circuit puisque cela lui a permis de mesurer ses progrès, en particulier dans la stabilité au freinage et en entrée de courbe. Les séances disputées de jour ont montré des promesses puisqu'il a intégré le top 10 en EL1 et en EL3 et surtout amélioré ses sensations au guidon de la RC16.

 "Je commence à m'habituer à la moto, c'est plus fluide et les réglages sont meilleurs. Tout est mieux. Il ne faut pas oublier que Pol [Espargaró, parti chez Repsol Honda] et moi, nous sommes les seuls à avoir changé de moto, et on se bat pour les mêmes places. C'est un processus long. Les autres ont au moins un an sur leur moto et pour d'autres, c'est cinq ou six ans. Ce n'est pas une excuse mais il est certain que ce n'est que le début."

Petrucci espère maintenant des changements plus profonds que de simples réglages, mais il ignore s'il sera possible de véritablement adapter la KTM à sa taille : "Je veux vraiment résoudre ce problème et on a déjà planifié une réunion avec mon équipe pour analyser chaque tour, chaque virage, et voir où on perd du temps. On voit clairement dans les données que c'est à l'accélération et en vitesse de pointe, parce qu'au freinage et en entrée de courbe, ça va, mais je ne sais pas si on peut homologuer un nouveau carénage."

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