Claudio Domenicali veut voir Ducati en MotoGP "comme Ferrari en F1"

Après Valentino Rossi, serait-ce à Ducati de devenir le symbole de l'Italie qui gagne en MotoGP ? C'est le destin que souhaite Claudio Domenicali pour la marque, qu'il rêve de voir s'imposer dans les cœurs comme la Scuderia Ferrari en Formule 1.

Claudio Domenicali veut voir Ducati en MotoGP "comme Ferrari en F1"

Longtemps, l'attention du public italien a été accaparée par Valentino Rossi. Que ses performances soient bonnes ou mauvaises, la star du MotoGP a immanquablement aimanté la très grande majorité des fans, une tendance plus forte encore dans sa patrie que dans le reste du monde. Même lorsqu'Andrea Dovizioso défendait fièrement les couleurs de Ducati et faisait gagner un binôme 100% italien, les tifosi s'amassaient encore et toujours devant le stand frappé du #46 et n'accordaient généralement qu'un rapide passage devant les camions rouges.

Aujourd'hui, Claudio Domenicali veut penser que la tendance va changer. Avec le départ du nonuple Champion du monde, qui a mis fin à plus de deux décennies de carrière de pilote MotoGP, l'administrateur délégué de Ducati espère que son équipe sera en mesure de prendre la relève dans le cœur du public transalpin et de convaincre les passionnés grâce à des performances désormais en nette amélioration.

"Je sais", acquiesce-t-il lorsque La Gazzetta dello Sport lui suggère que les espoirs italiens se tournent maintenant vers Ducati et notamment certains des pilotes prometteurs du groupe, "même si Valentino est irremplaçable. Il est unique, une personne qui, à elle seule, a incarné l'association du talent, de la détermination, de l'orientation vers le résultat extrême et de la sympathie."

"Mais d'un autre côté, Ducati représente beaucoup plus qu'il y a dix ans : une présence solide, certaine, une belle façon pour les Italiens de s'identifier à quelque chose qui n'est pas seulement sportif, mais aussi technologique. Comme Ferrari en F1, qui est comme l'équipe nationale", tranche Claudio Domenicali.

Être perçue comme une équipe nationale, avec cette aura toute particulière que cela confère, n'empêche pas de connaître des périodes de creux, mais l'attachement très fort des fans semble dès lors permettre de tout pardonner. C'est assurément le cas de la Scuderia en F1, qui malgré les passages à vide qu'elle a pu connaître en 72 ans de présence dans le championnat d'élite de la course auto, a toujours su remobiliser les foules en un claquement de doigts lorsqu'elle a retrouvé les avant-postes.

Qu'en sera-t-il de Ducati ? Aujourd'hui l'équipe de Borgo Panigale est au sommet de la vague et Claudio Domenicali veut capitaliser sur une fin de saison 2021 exceptionnelle afin de donner à l'année qui débute l'élan nécessaire pour en faire la favorite du public. Son atout ? Pecco Bagnaia, qui en quelques semaines s'est imposé comme le leader de l'équipe et qui parvient à associer la performance et une attitude irréprochable.

"Pecco a terminé dans une forme incroyable, il est le pilote qui a fait la meilleure deuxième moitié de saison. Il a eu un peu de mal à faire le step vers le MotoGP, mais après Aragón, il a connu un tournant. En réalité, on avait déjà vu qu'il était prêt à gagner, mais pour une raison ou une autre, il n'y était pas arrivé. C'est un gars très doux, mais quand il entre dans le box, il est extrêmement déterminé. Il suffit de regarder ses yeux et on voit alors un autre visage. En 2022, il jouera le titre", pressent Claudio Domenicali.

"Une alchimie magique" entre pilotes et ingénieurs

Le titre, Bagnaia l'a manqué de très peu en 2021, notamment privé de points déterminants par sa chute à domicile, à Misano, au cœur d'une dernière partie de championnat impressionnante. Au bilan final de la saison, le sacre des pilotes est la seule récompense qui a finalement échappé à Ducati, contrairement aux victoires chez les constructeurs et les équipes ainsi que dans les classements des rookies et des pilotes indépendants.

Pas question pour autant de nourrir la moindre amertume, selon Claudio Domenicali. "Il n'y a vraiment aucun regret, je suis totalement satisfait de la manière dont nous avons terminé", assure-t-il. "Après, il est clair qu'en MotoGP toutes les marques visent le titre : celui des pilotes est le plus prestigieux, et Quartararo l'a gagné de façon méritée, parce qu'il a été bon et régulier durant toute la saison, il n'a presque jamais fait d'erreur."

"Mais du point de vue du constructeur, terminer avec un podium 100% Ducati, ce qui n'était jamais arrivé dans l'Histoire, cela a une valeur énorme, ce qui s'est confirmé avec le meilleur temps des tests de Jerez en vue de 2022", rappelle le patron en évoquant le triplé du Grand Prix de Valence. "Quelques occasions manquées, quelques erreurs de Pecco et quelques étrangetés avec certains pneus ne peuvent pas gâcher une grande année 2021. Que ce soit Gigi [Dall'Igna] ou moi, nous considérons qu'il s'agit de la meilleure saison que nous ayons jamais connue."

À l'instar du directeur général de Ducati Corse, qui soulignait récemment la grande confiance entre pilotes et ingénieurs faisant désormais office de véritable carburant pour l'équipe, Claudio Domenicali voit un changement bénéfique sur ce point. "Les courses sont notre laboratoire. Il y a beaucoup d'ingénierie de la performance, l'une des choses qui nous intéressent le plus car elle développe les connaissances, l'expertise, le savoir-faire. Et puis il y a une grande confiance de la part des pilotes, qui abordent les nouvelles solutions technologiques avec un esprit positif. Nous avons eu plus de mal par le passé, car certains pilotes avaient des préjugés, mais il faut au contraire avoir envie d'insister et d'expérimenter. Il y a cette alchimie magique avec des pilotes rapides qui font une grande confiance aux ingénieurs."

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