Malgré une chaleur et une double pénalité, Miller a gardé son flegme

Qualifié sur la troisième position de la grille de départ du Grand Prix de France MotoGP 2021, Jack Miller s'est adjugé une seconde victoire consécutive incontestable dans des conditions de piste très changeantes, sur lesquelles l'on sait l'Australien particulièrement solide.

Auteur du holeshot après un départ sur le sec et se présentant ainsi en tête devant Maverick Viñales et Fabio Quartararo après la chicane Dunlop dans le premier tour, Jack Miller voyait le pilote espagnol lui ravir les commandes dans le deuxième passage avant que de premières gouttes de pluie ne viennent égayer la partie. C'est au quatrième passage, dans le premier virage, que l'Australien reprenait alors le leadership, avant de se retrouver impliqué dans une belle lutte avec Quartararo, avec qui les positions étaient échangées plusieurs fois. Victime d'une chaleur dans le chaotique cinquième tour en arrivant large sur une courbe, Miller frisait la correctionnelle et rétrogradait au quatrième rang avant de passer au box pour changer de moto, pendant que les pilotes Suzuki finissaient tous deux au sol.

C'est dans la pitlane que le pilote Ducati commettait alors l'erreur de mal positionner son limiteur de vitesse et se voyait ainsi pénalisé de deux "long laps". Néanmoins rapide, Miller voyait le patron du moment, Marc Márquez, chuter au neuvième passage et parvenait à conserver en vue le nouveau leader Fabio Quartararo en dépit de la sensible gestion de ces deux tours allongés.

Apparaissant alors en pleine maitrise de son rythme, Miller n'eut besoin que de maintenir son excellente cadence jusqu'au 12e tour pour porter une attaque sur le Français et le laisser immédiatement derrière lui, se ménageant une impressionnante avance de plusieurs secondes avec l'aide de la pénalité reçue par le pilote Yamaha.

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En contrôle

En dépit des conditions constamment évolutives, la course de Miller sera relativement "simple" par la suite : certes plus lent qu'un Márquez remonté sur sa Honda mais distancé aux alentours de la quinzième position, le pilote Ducati faisait le travail nécessaire pour se ménager une belle avance sur ses deux poursuivants français. Bientôt, d'ailleurs, la seule menace viendrait de Zarco, passé deuxième, et auteur de solides chronos sur les dernières boucles, mais revenant de trop loin pour espérer faire vaciller celui qui n'avait plus qu'à ménager son avance avec de vieux pneus pluie sur une piste désormais sèche. À l'arrivée, Miller s'octroie une victoire nette avec quatre secondes d'avance et se relance ainsi au championnat du monde.

"Ce fut une course folle dès le début", s'amusait-il à l'arrivée. "Je voulais juste rester devant avec Maverick ou qui que ce soit pour voir le rythme et si j'arrivais à maintenir les températures [dans les pneus]. J'ai réussi à le faire dans une certaine mesure et la pluie a commencé [à tomber]. Fabio est passé et j'ai vraiment été très surpris par son rythme. On a eu une bonne lutte, c'était assez fun ! Puis ça a commencé à bien tomber… J'essayais juste d'arrêter ma moto […] et j'ai été en mesure de passer devant !"

"Apparemment, j'ai fait un excès de vitesse dans la pitlane donc j'ai observé deux pénalités long lap. Ensuite, il n'y avait que Fabio et Marc, et je me suis dit : 'attends, la course va être encore assez longue, je devrais pouvoir m'en sortir'. Marc a chuté et Fabio faisait vraiment un bon travail devant, alors j'ai essayé de rester aussi près de lui que possible sans le dépasser lors de mes deux tours avec le long lap. Ensuite, j'ai réussi à le passer, puis à globalement juste contrôler la course à partir de là."

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Avant de se positionner en tête, Miller a vite compris qu'il disposait du rythme pour s'échapper devant : ses deux tours allongés par les pénalités n'ont en effet pas permis à Quartararo de creuser un écart. "L'asphalte dans les long laps était assez glissant et comme sur l'ancien revêtement : je n'avais jamais regardé comment c'était de tout le week-end pour être honnête !", s'amuse-t-il. "Le premier [passage] était vraiment glissant et sur le deuxième, j'ai été en mesure d'être un petit peu plus propre et de comprendre où me mettre. Ensuite, j'ai réussi à avoir Fabio en deux tours, je crois, puis j'ai vraiment essayé de rester calme. Il restait beaucoup de temps et je savais comment étaient les conditions car j'avais fait plein de tours dans ces conditions ce week-end, par toutes les conditions pourries ! Je me suis juste dit : 'reste calme' et j'ai simplement gardé mon flegme avec tout ce qui s'est passé."

Capable de garder un œil sur ses rivaux en piste, Miller a senti sa course sous contrôle et n'a montré aucun signe de faiblesse une fois passé aux commandes : "Ce qui est bien avec Le Mans, c'est que tu peux voir où sont tes rivaux, notamment avec le dernier virage : je voyais que Zarco arrivait et que Fabio reculait. Une fois que j'ai passé Fabio, j'ai été en mesure d'aligner ma course devant."

Seul pilote Ducati à avoir signé la victoire cette année, et deux fois de surcroit, Miller (64 points) se présentera sur la prochaine manche de la saison, au Mugello, avec un retard de 16 points sur le leader du championnat, Fabio Quartararo (troisième dimanche après-midi).

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