Dovizioso : La différence ? Maintenant je me bats pour le titre

Le pilote Ducati tient admirablement tête au Champion du monde sortant, tous deux livrant un duel de toute beauté, toujours très incertain alors qu'approche le dénouement du championnat.

En remportant dimanche le Grand Prix du Japon, Andrea Dovizioso s'est une nouvelle fois illustré par une performance magistrale, battre Marc Márquez, le roi de l'attaque, dans le dernier virage de la course, et ce au terme de 24 tours disputés sur une piste détrempée mettant sans cesse à mal la tenue des machines.

Jamais à pareille fête au cours de ses dix ans de carrière en catégorie reine, le pilote italien s'est véritablement révélé cette année et il ne cesse de surprendre par la solidité de son pilotage et sa capacité à rivaliser sans aucun complexe avec un gros client comme peut l'être Márquez.

Pourtant, il continue de sourire face aux émotions qu'il suscite chez les observateurs, réaliste quant à leur perception, sans doute sous-estimée jusqu'à présent. "Ce que j'ai fait cette année, [le fait que j'ai obtenu] beaucoup de bons résultats a surpris beaucoup de personnes, et cette bagarre aussi, mais moi je ne suis pas trop surpris parce que c'était déjà mon style et mes caractéristiques par le passé, je n'ai pas changé cela. La différence c'est que maintenant je me bats pour le titre et par le passé non, mais quand je me battais contre beaucoup d'autres pilotes mes caractéristiques étaient très similaires", pointe-t-il.

"Bien sûr, tout le monde append, devient plus mature, on peut tout aborder un peu mieux, mais la façon dont je cours cette année n'est pas très différente. Ce sont de petites choses et si vous les unissez toutes, ajoutées à une bonne moto, vous pouvez arriver à un bon résultat", résume le pilote italien, engagé avec Ducati pour la cinquième année.

Expérience connue, mais adversaire inédit pour Márquez

En égalant dimanche le nombre de victoires de son adversaire au championnat, Andrea Dovizioso est revenu à 11 points de Marc Márquez, un écart des plus ténus alors qu'il ne reste plus que trois courses pour départager les deux hommes. "L'objectif c'est le championnat, alors [la victoire] c'est agréable mais ce n'est pas suffisant", soulignait le pilote Ducati dimanche, à l'heure de savourer un succès pourtant majeur, dont il expliquait qu'il lui avait procuré encore plus de plaisir que celui de l'Autriche, acquis lui aussi dans les derniers mètres de course.

Marc Márquez a déjà connu pareille situation, en 2013, année de son premier titre en catégorie reine. Et c'est justement lors du Grand Prix d'Australie – prochain round du championnat – que la situation avait basculé à l'avantage de son rival, Jorge Lorenzo. Le pilote Honda avait en effet commis une erreur dans le changement de moto, ce qui lui avait valu une disqualification, tandis que le Majorquin allait enchainer trois victoires le rapprochant à 13 longueurs de son adversaire à l'heure de prendre le départ de l'ultime course. Un suspense qui avait finalement abouti au sacre du rookie Marc Márquez.

Au total, l'Espagnol a déjà été sacré trois fois en MotoGP en s'opposant principalement à Jorge Lorenzo et Valentino Rossi, et il découvre cette année ce nouvel adversaire dans un duel qu'il l'exalte autant qu'il le pousse dans ses retranchements. "Je ne sais pas qui remportera le championnat, mais je pense que nous avons tous les deux beaucoup grandi. On apprend beaucoup de choses", se félicite-t-il.

"C'est l'un des championnats les plus difficiles. Je pousse tout le temps, je pilote très bien, j'essaye d'exploiter tout le potentiel de ma moto. Vous pouvez le voir : 23 chutes, c'est parce que j'attaque, pas parce que je n'attaque pas !" rappelle Marc Márquez, lui qui a battu son nombre d'accidents au cours de la saison.

"Je sais que tous les points seront importants", poursuit-il. "C'est un championnat très, très difficile parce qu'en MotoGP il faut comprendre quelle moto est meilleure sur quelle piste. Les conditions rendent les choses encore plus difficiles, car si les températures changent un petit peu ou si la quantité d'eau change, comme ici [à Motegi], les réglages de la moto changent. Il faut donc s'adapter très vite et c'est pour cette raison que je prends beaucoup de risques."

Si Márquez frappe par un style spectaculaire, Dovizioso peut parfois être perçu comme un pilote sage, sur des rails face au style explosif de l'Espagnol. Pourtant, il estime que l'impression qu'il donne peut être faussée. "Je pense que ce que l'on voit de l'extérieur, à la TV, n'est pas la réalité en ce qui me concerne. Bien sûr, si je compare avec Marc, OK, je prends moins de risques que lui, et je prends aussi moins de risques que certains autres pilotes, mais ce que vous pouvez voir n'est pas la réalité. De la façon dont je bouge, on dirait que je suis à l'aise et que je ne prends pas de risques, mais ça n'est pas le cas", assure-t-il.

Battre Márquez n'est pas une mince affaire, mais Dovizioso n'oublie pas qu'un autre homme reste en lice, Maverick Viñales, aujourd'hui distancé de 41 points. Et l'Italien ne l'écarte aucunement malgré une nouvelle contre-performance au Japon. "Je ne considère pas qu'il est hors-jeu parce que je crois qu'il pourra faire peur à Phillip Island, et pas seulement là", juge le pilote Ducati. Est-ce que le fait que Viñales ait perdu du terrain change quelque chose dans la bagarre ? "Pas trop, parce qu'on savait au final que nous étions ceux qui étions le plus dans la bagarre, mais ça nous donne un peu d'air", concède-t-il.

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Séries MotoGP
Pilotes Andrea Dovizioso , Marc Márquez
Équipes Ducati Team , Repsol Honda Team
Type d'article Actualités