Ducati se félicite de voir les constructeurs japonais copier la Desmo16

Même si la consécration suprême échappe à la Desmosedici depuis maintenant 13 ans, ses innovations techniques restent une grande fierté de Ducati, qui voit la concurrence les adopter année après année.

Ducati se félicite de voir les constructeurs japonais copier la Desmo16

Depuis son arrivée en MotoGP, en 2003, Ducati a décroché quatre titres au total : un au championnat pilotes, avec Casey Stoner en 2007, deux au championnat constructeurs (2007 et 2020) et un au classement des équipes (2007). En d'autres termes, depuis que Gigi Dall'Igna a pris en main le programme pour lui faire adopter dès 2013 une nouvelle stratégie technique, la marque ne s'est imposée qu'une fois au championnat constructeurs, en l'occurrence l'an dernier.

Pour autant, les responsables de Ducati affichent leur fierté face à l'évolution connue au fil des années par les machines engagées en MotoGP, toutes ayant progressivement adopté des innovations initialement conçues à Borgo Panigale. Précurseur en matière d'aéro notamment, le constructeur italien a été à l'origine des appendices apparus sur les prototypes en 2015 et qui semblent aujourd'hui indispensables, bien qu'il ait fallu réglementer pour restreindre quelque peu leur amplification. Le spoiler placé sur le bras oscillant et le système d'abaissement des machines utilisé au départ des courses puis en sortie de virage sont également des évolutions étrennées par la Desmosedici et que chaque constructeur a par la suite voulu s'approprier.

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Innovant, le département technique de Ducati a montré au fil des années sa volonté de prendre des risques et d'optimiser au maximum les règlements afin de sans cesse repousser les limites de la performance. Et, si les Rouges n'ont pu remporter que deux courses l'an dernier et n'ont pas été en mesure de profiter de l'absence de Marc Márquez pour rafler le plus prestigieux des titres, voir Suzuki s'imposer a malgré tout titillé l'orgueil des ingénieurs italiens.

"Je crois que pour gagner il faut une bonne moto, cela ne fait aucun doute, et Suzuki en a une, c'est évident", souligne Gigi Dall'Igna. "Il est vrai que leur approche est très différente de la nôtre, mais je suis convaincu qu'il faut essayer si possible de réunir les deux choses, à savoir faire une bonne moto de base mais y ajouter aussi des solutions innovantes qui peuvent permettre de faire la différence dans de nombreuses circonstances."

"Ce n'est pas un hasard au final que tout le monde, y compris Suzuki, ait intégré sur ses motos des solutions qui ont en premier été introduites par Ducati", poursuit le directeur général de Ducati Corse. "Ce n'est pas comme si la Suzuki était privée d'appendices aérodynamiques ou qu'elle n'ait pas l'aide au départ dont dispose la Ducati. Alors je le répète, à mon avis il faut que le projet de base soit bon et il faut y ajouter des idées innovantes, car elles aident toujours à être plus compétitif."

"Nous pensons avoir un groupe de techniciens et d'ingénieurs de très haut niveau et d'avoir aussi la capacité de faire des choix qui ne sont pas conventionnels. Des inventions nées dans l’esprit d'ingénieurs Ducati ont ensuite été vues et appliquées par la quasi-totalité des autres constructeurs", constate Paolo Ciabatti, directeur sportif. "Au final, l'orgueil prime", ajoute Gigi Dall'Igna. "Car au-delà de tout, et au-delà de l'agacement momentané, le fait d'être copiés par les Japonais fait assurément très plaisir."

Gigi Dall'Igna, directeur général Ducati Corse, avec la Ducati Desmosedici GP21

L'intérêt des constructeurs japonais, qui ont cumulé depuis la création du MotoGP la quasi-totalité des titres (à la seule exception de ceux que Ducati a réussi à s'adjuger), se traduit par ces "copies", mais aussi par les tentatives de recrutement de la force vive de Borgo Panigale. "Les ingénieurs Ducati sont très, très appréciés dans le paddock. Chaque année, on essaie de nous en prendre deux ou trois, mais je suis heureux de voir que beaucoup d'entre eux renoncent et préfèrent rester chez Ducati, où ils ont appris et où ils continuent à se développer", se félicite le team manager Davide Tardozzi, qui croit dans l'attachement des employés à la marque italienne. "Les gens sont amoureux de nos pilotes et des courses. Il y a 1500 personnes à l'usine qui, avant d'être employés Ducati, sont des fans de Ducati."

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Il n'en reste pas moins que les statistiques MotoGP font la part belle aux succès conquis par les marques japonaises et le seul plaisir d'ouvrir une voie technique ne peut contenter Ducati. "Ce n'est pas banal de comprendre quelles sont les raisons qui se trouvent derrière cela", souligne Gigi Dall'Igna. "Si l'on regarde l'histoire récente, il est vrai qu'à une époque en 500cc il n'y avait presque que des constructeurs japonais, et je crois que c'est une des raisons qui a mené à cela. D'un autre côté, il est vrai aussi que le MotoGP requiert un budget très important et les constructeurs japonais, en tout cas jusqu'à aujourd'hui, étaient probablement plus structurés de ce point de vue-là et avaient la possibilité d'investir plus, aussi bien sur les pilotes que dans le développement technologique, par rapport à ce que les constructeurs européens pouvaient se permettre. Je pense que ce sont les deux raisons principales à cela."

Innovante et inspirante, mais victorieuse deux fois seulement l'an dernier, que doit-on attendre de la Desmosedici dans sa version 2021, peaufinée lors des tests de cette pré-saison ? "Il y a des éléments de la moto qui sont gelés, et qui seront donc forcément les mêmes que l'année dernière", rappelle Gigi Dall'Igna. "Sur tout le reste, que ce soit le châssis ou l'aéro, il y a un travail de fourni, à la fois par nous et par l'ensemble des constructeurs, afin d'essayer d'arriver au début du championnat en étant le plus préparé possible."

"Je ne peux pas dire qu'il s'agit de la meilleure moto de la grille, mais elle permettra assurément à nos pilotes de se battre pour rapporter des résultats importants", promet le responsable italien.

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Auteur Léna Buffa