Édito - 2016, une bonne dose de MotoGP

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Édito - 2016, une bonne dose de MotoGP
Rodolphe Coiscaud
Par : Rodolphe Coiscaud
28 déc. 2016 à 09:00

Si les statistiques parlent d’elles-mêmes pour vanter la fabuleuse saison qui vient de se dérouler, la performance humaine des pilotes reste l’atout majeur des Grands Prix moto.

Tout d’abord sur le plan spectacle, 2016 n’a ressemblé à aucune autre saison. En cherchant un peu il a fallu pourtant remonter de quelques années pour trouver un élément de comparaison, mais ne vous y trompez pas, la vraie révélation de cette saison est avant tout question ici d’un avenir en marche. Droit devant.

Un certain nombre d’ingrédients étaient attendus à l’aube des 18 courses et en premier lieu ce qui ne pouvait être traité à la légère : les pneus ! Et Michelin a plutôt bien réussi à remonter dans le train du MotoGP après toutes ces années d’absence, en se réadaptant in situ à cette technologie plus avancée encore et ces motorisations plus puissantes qu’auparavant. Cette imprévision liée aux pneus est le point principal de l’année et la voie ouverte aux surprises. Le boîtier électronique unique est lui aussi une donne importante de 2016 qui, j’insiste, est un tout nouveau chapitre du MotoGP.

Si la question semble naturellement se poser tant l’attention est focalisée sur les leaders, 2016 nous a aussi rappelé combien les pilotes présents sur la grille sont rapides et possèdent des capacités bien trempées (au propre et parfois au figuré). De Jack Miller jusqu’à la pige de Nicky Hayden, nombreux ont été ceux qui ont fait comprendre le niveau actuel, et que faire sa place dans la hiérarchie n’a pas de rapport direct avec la somme d’efforts consentis.

Marc Marquez, Repsol Honda Team, et Jack Miller, Marc VDS Racing Honda
Marc Marquez et Jack Miller au Grand Prix des Pays-Bas

Ce qui est plutôt incroyable dans ce formidable sport qui nous tient en haleine à chaque tour de roue, est que tout le monde y a trouvé son compte et en premier les constructeurs qui investissent leurs principales ressources. L’avantage à une réglementation évolutive et structurée parfaitement prévue et coordonnée par le promoteur Dorna ; cette mise en place ayant progressivement été intégrée les saisons dernières, la recette fonctionne et ce n’est bien sûr pas le cas dans tous les championnats.

Probablement qu’en cela 2017 sera différent, notamment pour des pilotes avec des pneumatiques ayant réglé leurs problèmes de jeunesse, et pouvant trouver plus de performance dans des conditions mixtes, et le feeling pour des pilotes encore récalcitrants. Si le côté humain a été mis en valeur plus encore, celui des machines engagées l’est tout autant. Cette incroyable série de victoires pour les quatre motos les plus fortes de la saison - RCV, M1, Desmosedici, GSX-RR -, sans oublier la RS-GP dont l’évolution est bien réelle sur la fin de saison, est un atout démontrant la force du MotoGP.

2016 est donc l’année de cette évolution où seul le suspense du titre n’aura pas été l’enjeu. Le parcours vers la couronne révèle le roi Marc bien sûr, mais le pilote a cette fois-ci laissé sa chrysalide pour n’en devenir que meilleur. C’est exactement ce dont Márquez avait besoin, rectifier les imperfections lui ayant hypothéqué cette chance d’un début en MotoGP qui aurait été hors du commun s'il avait conquis quatre titres successifs. Mais le numéro 93 s’est bien repris après une année 2015 vécue à la dure, en piste comme dans le paddock, et en étant totalement concentré sur sa tâche, il ajoute une étoffe indispensable pour son avenir.

Si pour certains équipiers l’année n’aura pas été la meilleure des moissons, elle est aussi la fin d’une époque : celui des duos Rossi/Lorenzo et Dovizioso/Iannone ! La paire Yamaha aurait eu mieux à tirer de cette année même s’il est toujours difficile de faire fonctionner ensemble ceux qui sont avant tout deux rivaux. Mais rien n’empêchait le management de montrer un peu plus d’affection à l’égard de son pilote sur le départ. Cet aspect a eu de fâcheuses conséquences dans la vie du numéro 99 au caractère bien trempé, parfois imprévisible, et empreint d’une reconnaissance qu’il semble ne jamais rencontrer. Lui qui a offert tant de succès à Yamaha laissera un vide, et même si son successeur est aussi un garçon incroyable, il lui faudra les mêmes atouts pour dessiner le script un tel palmarès. Lorenzo et Rossi ont tout simplement été bons dès cette première partie de saison, mais les erreurs ont été lourdes de conséquences, la malchance aussi, et le développement de la Yamaha semble avoir subi un coup d’arrêt.

Il y a des points communs dans le chemin qu’a connu Ducati, avec cette précision que la victoire est maintenant revenue à Bologne, et ce pour les deux pilotes. Un exercice unique qui n’a pas effacé une année resté chaotique et le changement qui s’annonce a la particularité d’être probablement le plus intéressant. Jorge Lorenzo n’est pas le seul à opérer un changement de taille dans sa carrière puisque du côté de chez Suzuki on repartira d’une feuille blanche, ou presque. Jamais ou presque un constructeur n’est allé aussi vite à trouver le chemin de la hiérarchie en MotoGP, mais le travail de Suzuki reste exemplaire et son avenir plein de promesses également. Viñales comme Espargaró ont répondu présents au guidon de la machine d’Hamamatsu, et si le premier est attendu de pied ferme l’an prochain, Aleix pourrait, lui, être la bonne surprise chez Aprilia. Une situation à l’image de ce que pourrait vivre également Andrea Iannone sur la GSX-RR.

On a déjà hâte aux premiers ébats de 2017 où tant de choses vont être à découvrir, comme l’arrivée d’un Français dans une équipe française. À coup sûr, Johan Zarco sera l’un de ceux à surveiller dans la catégorie reine et lui aussi semble prêt pour ce défi.

2016 se referme avec de grands souvenirs mais aussi une pensée plus sombre pour Luis Salom, héros fauché trop tôt. Bonne fin d’année à tous.

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Séries MotoGP
Auteur Rodolphe Coiscaud
Type d'article Chronique