Aprilia est arrivé "aux limites du châssis" selon Espargaró

Alors qu'Aprilia doit contrer la menace de KTM au championnat, Aleix Espargaró estime que les gains de compétitivité sont de plus en plus compliqués à dénicher sur la RS-GP.

Aleix Espargaró et Aprilia ont probablement vécu lors de la dernière manche MotoGP, en Aragón, l'un de leurs meilleurs week-ends de l'année. L'Espagnol s'est en effet qualifié en huitième position sur la grille, soit son troisième top 10 en qualifications d'affilée, avant de ferrailler (et de devancer) en course avec les Ducati d'Álvaro Bautista et surtout d'Andrea Dovizioso.

Avec une sixième place à l'arrivée, son meilleur résultat de l'année avec celui obtenu lors de la manche inaugurale au Qatar, le numéro 41 a ainsi rompu une spirale négative qui l'avait vu abandonner lors des deux derniers Grands Prix. 

Toujours 14e au général mais détenant désormais un total de 53 points, Espargaró compte sur le renouvellement de ce genre de prestation pour faire un coup au championnat, alors que les deux pilotes qui le devancent au classement, Scott Redding et Jack Miller, ne comptent que trois points de mieux que lui. 

"Je crois que nous sommes bien plus forts que beaucoup de pilotes devant nous au championnat, mais cela ne veut rien dire si vous ne finissez pas les courses", annonce l'Ibère, qui garde à l'esprit les nombreux problèmes de fiabilité qui ont ruiné certaines de ses courses cette saison. "Nous allons donc essayer d'être très rapides lors des futures courses, et préparer la saison prochaine, car ce sera une année cruciale, à la fois pour Aprilia et pour moi."

Un handicap dont l'ensemble de l'équipe Aprilia a elle aussi bien conscience, alors que le moteur a témoigné à plusieurs reprises de signes de faiblesse cette année, étant à la source de trois abandons en course, dont le dernier à Silverstone.

La marque de Noale, de retour dans la catégorie reine depuis 2015, a donc décidé de mettre les petits plats dans les grands, alors qu'elle fait souvent l'objet de comparaisons avec une autre nouvelle venue cette saison : KTM.

KTM, l'exemple à suivre ?

En ce sens, l'équipe italienne semble adopter le même mode opératoire que sa rivale autrichienne pour tenter de résoudre ses problèmes, à savoir prendre part à des essais privés pour continuer de progresser.

Ce fut notamment le cas juste avant Aragón, avec des tests organisés à Valence. Et force est de constater que ces derniers ont porté leurs fruits quelques jours plus tard dans la province de Teruel. "Lors des essais menés à Valence [le 18 septembre dernier], nous avons travaillé sur la moto de 2018", abonde Espargaró. "J'ai beaucoup d'idées pour faire progresser la moto, et faire en sorte qu'elle aille davantage dans la direction de mon style de pilotage. Les ingénieurs avaient préparé de nouvelles pièces, et cela m'a fait bizarre au niveau de la géométrie de la moto, de la répartition des masses, avec notamment un nouveau réservoir de carburant, car j'avais des difficultés à cause de cela en début de course."

Avoir 2018 en ligne de mire pour mieux terminer 2017, tel pourrait donc être en quelque sorte le credo d'Aprilia, qui n'a eu de cesse de voir l'écart avec KTM se resserrer au championnat. Car le constructeur transalpin paye aujourd'hui les nombreuses occasions gâchées depuis le début de l'année, alors que les essais d'intersaison, ainsi que la première course à Losail, avaient pourtant laissé présager d'un niveau de compétitivité pour le moins intéressant.

"C'est une grande frustration", reconnaît Espargaró. "Ils savent que je suis vraiment en colère à propos de cela. Mais j'ai fait aussi quelques erreurs, ainsi que des courses sous la pluie où je n'ai pas vraiment été compétitif. Nous avons cassé le moteur sur trois courses, et sur deux de celles-ci j'étais sixième… À Barcelone j'étais sixième, et en Argentine cinquième avant de chuter. Nous avons donc perdu beaucoup de points, et si vous voulez bien figurer au championnat, c'est quelque chose que vous ne pouvez pas vous permettre."

Si, lors d'un précédent entretien accordé à Motorsport.com le patron de l'équipe, Romano Albesiano, a souligné la nécessité de faire progresser le moteur en matière de distribution à bas régime, mais aussi d'améliorer le comportement de la RS-GP en virage, Espargaró estime pour sa part que les gains majeurs pour l'an prochain sont à trouver du côté de la répartition des masses.

"Il y a beaucoup de choses en vue pour 2018", reprend-il. "Nous sommes arrivés aux limites du châssis [utilisé cette année]. Mais nous sommes en train de réaliser d'importantes améliorations à propos du moteur de l'an prochain, notamment en matière de fiabilité. Pour ce qui est du châssis, ce n'est pas si mauvais, mais il faut progresser sur le comportement au moment où je relâche les freins, et améliorer sur ce point la répartition des masses de la moto."

Cependant, il est intéressant de constater qu'Aprilia a introduit récemment à Misano un nouveau carénage pour essayer de remédier aux faiblesses de sa machine. "Je ne sais pas si le châssis de la RS-GP est l'un des meilleurs de la grille, mais c'est en tout cas le meilleur que j'ai piloté, il est vraiment bien adapté à mon style de pilotage, dans les virages je peux amener énormément de vitesse, j'ai beaucoup de sensations avec le pneu avant, c'est la meilleure chose pour moi."

Signe que l'équipe n'a pas encore tout à fait tiré un trait sur 2017, et qu'elle compte bien ne pas rendre les armes dans sa lutte face à KTM. En attendant de saisir toutes les opportunités qui s'offriront à elle l'an prochain, et viser plus haut dans le classement. "On doit améliorer le moteur, les ingénieurs le savent, la moto doit perdre un peu de poids et on doit améliorer le moteur", insiste l'Espagnol. "Car Aprilia et moi-même avons une grande opportunité de nous battre pour des choses très importantes la saison prochaine."

Avec Michaël Duforest

 
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