Le moteur de l'Aprilia a trahi Espargaró après une course d'attaque

Quelques tours après Pecco Bagnaia, lui aussi trahi par le moteur de sa Ducati, c'est Aleix Espargaró qui a vu ses espoirs s'envoler pendant le Grand Prix de Teruel. L'arrivée était proche et un solide résultat était possible pour le pilote Aprilia.

Le moteur de l'Aprilia a trahi Espargaró après une course d'attaque

Aleix Espargaró a perdu un troisième moteur cette saison, lâché par la technique alors qu'il se battait dans le peloton pendant le Grand Prix de Teruel avec en ligne de mire une solide entrée dans le top 10.

Ce fut le point final d'un week-end qui avait pourtant enthousiasmé le pilote espagnol. Car, alors que la première manche disputée sur le MotorLand Aragón, la piste la plus favorable à Aprilia depuis le lancement du programme actuel, s'était révélée décevante, sans doute en partie à cause du froid, cette fois Espargaró avait retrouvé de son mordant au guidon de la RS-GP.

Huitième des deux premières séances du week-end, puis passé à 27 millièmes de la qualification directe pour la Q2 samedi matin, il a une nouvelle fois manqué le coche de peu (0"069) en Q1 et dû s'élancer de la 13e place. En course, la performance était bien au rendez-vous, mais l'effort fourni a semble-t-il été trop important pour un moteur qui n'avait pourtant jamais été utilisé avant ce Grand Prix.

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"En partant 13e, je savais que ce serait difficile, mais j'avais dit à Massimo Rivola que je m'en fichais de tomber. Je voulais courir et je me sentais mieux que le week-end dernier", explique Espargaró. "J'ai pris un bon départ, puis je me suis bagarré avec Lecuona, ensuite j'ai dépassé Crutchlow et Dovizioso, et j'ai commencé à reprendre du temps à Quartararo et Viñales."

"Et puis à trois tours de l'arrivée, alors que j'avais déjà rattrapé Quartararo et que j'essayais de le dépasser, en sixième, le moteur a explosé. […] La roue arrière s'est presque complètement bloquée alors que j'étais en sixième, en pleine accélération, j'ai failli tomber en pleine ligne droite et j'ai été obligé d'élargir."

Treizième sur la grille de départ, Aleix Espargaró avait réussi à semer ceux qui avaient été ses adversaires durant la majeure partie de la course et pouvait en effet lorgner sur la huitième place de Fabio Quartararo. Au vu du temps perdu par Maverick Viñales dans les trois derniers tours, la septième position aurait même possiblement pu lui revenir, ce qui aurait alors rapproché cette course des meilleures qu'Aprilia a menées sur le MotorLand.

"C'est dommage. On faisait une très bonne course. Je crois que je n'étais qu'à trois secondes de la troisième place de Pol [Espargaró]. J'ai tout donné, je pense avoir été très compétitif, je me suis battu comme un dingue aux freinages pour dépasser beaucoup de pilotes parce que je perdais à l'accélération, mais le moteur s'est arrêté. Je suis donc très frustré", regrette le pilote.

Cal Crutchlow, Team LCR Honda

Une nouvelle fois, la fiabilité a donc fait défaut à l'Aprilia, alimentant un bilan décidément décevant pour une saison pourtant si prometteuse sur le papier, à en juger par les performances affichées par la nouvelle RS-GP dès sa sortie des ateliers, en février dernier. "Les résultats ne sont pas ceux que tout le monde attendait, y compris moi", admet Espargaró.

"Le week-end dernier, on a connu beaucoup de petits problèmes techniques, mais on avait pu terminer la course. Cette fois, on faisait une meilleure course, on avait beaucoup amélioré les réglages de la moto et je pense que j'affichais un très bon rythme en considérant que je partais 13e. Mon rythme de course a été plus rapide, par exemple, que celui de Zarco, qui a terminé cinquième", souligne le pilote espagnol en observant les chronos de la seconde moitié de la course.

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"On a déjà vu par le passé qu'à chaque fois qu'on en a demandé beaucoup au moteur pour tenir pendant longtemps l'aspiration des motos rapides, il s'est arrêté, et [dimanche] ça a été pareil. Je ne peux rien y faire. Mon job est de donner le maximum possible et ce week-end je suis très satisfait de moi, franchement, je ne suis pas en colère. [Samedi] j'ai fait un 1'47"3 !" rappelle l'Espagnol, qui a tourné à moins d'une demi-seconde de la pole.

"Je pense que ça a été un super tour, plus rapide de pratiquement une seconde par rapport à mon coéquipier. Et [dimanche] je n'étais qu'à trois secondes de la quatrième place course, alors je ne peux rien faire de plus. Aprilia doit réagir et améliorer la moto, mais ils le savent, alors je vais continuer à travailler et à insister."

Des dépassements à la limite

Aleix Espargaró s'est par ailleurs excusé pour les dépassements musclés qu'il a réalisés en course, et notamment celui qui a poussé Andrea Dovizioso à élargir, avec à la clé une perte de trois places pour le pilote Ducati dans le 17e tour. "Je déteste dépasser comme je l'ai fait avec Dovi. Et ça a été pareil avec Lecuona car je ne l'ai pas touché mais ça a été très limite. Et idem sur Crutchlow", admet-il.

"L'Aprilia n'accélère pas comme les autres motos, alors quand j'arrive sur les freinages je ne suis pas proche d'eux et je dois donc à la fois récupérer l'espace que je perds à l'accélération et faire le dépassement. C'est pour ça qu'à la [première] course je n'ai fait aucun dépassement, mais cette fois j'étais plus dedans, j'étais concentré sur le fait de réaliser une meilleure course. Je me sentais mieux et j'ai pris plus de risques."

"Je pense que je suis resté dans la limite et que c'était propre, mais je suis forcé d'être très à la limite pour dépasser. Je suis vraiment désolé pour Dovi, je sais qu'il se bat pour le titre, j'ai essayé d'être très propre mais la Ducati est très rapide, alors pour le dépasser avec l'Aprilia il fallait que je prenne plus de risques."

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