De plus en plus favori, Quartararo veut écarter la pression

Fabio Quartararo se donne encore un mois avant de faire le point sur le championnat. Pourtant, bien qu'il n'y ait pas gagné, il a nettement augmenté son avance en Autriche, confirmant encore un peu plus son statut de favori.

De plus en plus favori, Quartararo veut écarter la pression

Le double rendez-vous autrichien qui a fait suite à la pause estivale du MotoGP a vu Joan Mir se rapprocher de Fabio Quartararo, mais aussi le Français augmenter son avance sur son plus proche poursuivant au classement général, la faisant passer de 34 à 47 points. Toujours en quête de victoires, qu'il juge essentielles à son maintien dans la course au titre, le pilote Suzuki estime que la pression qui pèse sur le Français s'est faite beaucoup plus forte.

"Je pense qu'un championnat différent va désormais commencer pour Fabio. Pas maintenant, mais dans les trois prochaines courses, je pense, on va commencer à voir un championnat différent", a estimé le pilote espagnol après le Grand Prix d'Autriche, en faisant référence à l'absence de Maverick Viñales, suspendu par Yamaha.

"Même s'il a une avance considérable maintenant, je pense que la pression va devenir de plus en plus forte à chaque course. C'est toujours difficile pour les pilotes de gérer cette pression. Et puis, toute la pression de Yamaha pèse probablement sur lui désormais. L'année dernière, ça n'était pas le cas. Il se débrouille très bien, mais il est certain que la pression est désormais beaucoup plus forte, alors on verra."

Confronté aux propos de son adversaire après la course, Quartararo y a vu un jeu psychologique de la part du défenseur de la couronne, et il a balayé l'idée selon laquelle les espoirs de Yamaha ne reposeraient désormais que sur lui, depuis la suspension de son coéquipier.

"Ça ne change rien pour moi", a-t-il indiqué en faisant référence à l'éloignement de Viñales. "Dans cette course, j'avais tout le poids de Yamaha sur les épaules et ça n'a rien changé. Je pense que c'est une petite stratégie [de Joan Mir] pour me mettre la pression, mais ça ne m'affecte pas. C'est amusant, mais je serai là pour jouer la victoire à Silverstone."

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Fabio Quartararo a admis avoir "un peu pensé au championnat" lorsque la course de dimanche dernier a été chamboulée par l'arrivée de la pluie dans les derniers tours, mettant les pilotes face à un choix cornélien, celui de changer de moto au risque de laisser filer leurs adversaires ou bien de rester en piste en pneus slicks avec le danger que cela représentait sur une piste de plus en plus mouillée.

D'un autre côté, il assure avoir pris les risques nécessaires pour faire des dépassements, sans se soucier d'éventuelles erreurs. Aussi contradictoires peuvent être ses propos, le pilote français a surtout tenté d'expliquer que son état d'esprit est bien meilleur qu'il y a un an. "C'est sûr que c'était bien mieux que l'an dernier. L'an dernier, on avait du mal avec les freins, avec la moto, avec l'électronique, et maintenant on a juste un peu de mal avec la vitesse de pointe. Mais mes sensations en pilotage pur ont été incroyables et je pense que j'ai appris beaucoup de choses [en course] parce que j'ai encore fait quelques erreurs, mais je n'ai jamais eu de contact."

"Je n'avais pas peur face à Jorge [Martín] et aux autres pilotes. C'est dur à expliquer, mais je pense que ça s'est inversé. Je ne pense pas du tout au championnat, et l'an dernier c'était l'inverse. Quand je vois quelqu'un me doubler, je veux repasser devant, évidemment sans rien faire d'idiot", a-t-il décrit. "Je réfléchis course après course. Je pense que c'est très important pour l'avenir. À chaque fois que je monte sur la moto, je sens que je dois progresser pour être plus rapide, et pas être plus lent en pensant au championnat. Je pense que c'est important."

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Mir estime devoir signer au moins deux victoires pour conserver une chance face à Quartararo, et il considère notamment que les trois prochains rendez-vous, à Silverstone, Aragón et Misano, seront déterminants en ce sens. C'est également à ce stade, dans un mois, que le Français souhaitera évaluer sa situation, pas avant.

Encore trois courses avant de faire le point

Lorsqu'il lui a été demandé quand il pensait devoir commencer à gérer sa position, alors que le calendrier reste incertain, il a répondu : "Ça va dépendre de la situation. Je pense que jusqu'après Misano ce ne sera pas le moment de penser au championnat. Il y aura encore Aragón, un circuit où il y a des difficultés. Je pense que Silverstone sera un circuit très important pour nous, pour creuser un peu notre avance sur les autres. Il faudra essayer de garder un très bon rythme jusqu'à la fin de saison. Mais jusqu'à après Misano, au moins, je ne veux pas penser au championnat."

Le prochain objectif est donc de profiter de la visite du MotoGP à Silverstone, la semaine prochaine, pour continuer à emmagasiner des points, et si possible retrouver la victoire qui lui a échappé en Autriche. "Je pense qu'on pourra jouer la victoire là-bas. Pendant ma première saison [2019, ndlr], il y a eu deux grands moments qui ont un peu changé ma carrière : c'était Jerez et le week-end de Silverstone, où j'étais beaucoup plus rapide que d'habitude."

"C'est la piste sur laquelle, en 2019, on a fait un gros step de performance et je pense que pour cette course je serai bien. J'ai hâte d'y être, car c'est l'une de mes pistes préférées", a-t-il ajouté auprès du site officiel du MotoGP. "Si les conditions sont bonnes, on sera dans le coup pour se battre pour la victoire. En tout cas, c'est mon objectif."

Avec Vincent Lalanne-Sicaud

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