Dans le flou, Viñales envisage de modifier son pilotage

Les Yamaha officielles ont de nouveau montré des signes inquiétants lors du Grand Prix d'Autriche, qui incitent le pilote espagnol à forcer sa nature.

Quand viendra l'heure de faire le bilan de la saison 2017, le Grand Prix d'Autriche ne devrait pas faire partie des meilleurs souvenirs de l'équipe Yamaha. Comme trop souvent cette année, le Red Bull Ring a mis en exergue les carences qu'accusent les M1 de 2017, et notamment ce patinage qui dilapide tout le potentiel de performance, pourtant considérable, des machines d'Iwata.

Exclu de la lutte pour la victoire et coupable d'une freinage manqué en course qui l'a fait rétrograder derrière Johann Zarco, avec toujours ce petit malaise de voir un pilote satellite devant les motos officielles à l'arrivée, Maverick Viñales, tout comme Valentino Rossi, a souffert dans les Alpes autrichiennes. 

Les Yamaha de 2017 traînent leur manque d'adhérence à l'arrière depuis un certain nombre d'épreuves à présent, le premier symptôme de ce mal ayant été observé lors du Grand Prix d'Espagne à Jerez, avant de revenir par poussées, que ce soit en Catalogne ou en Autriche.

Pourtant, avec l'adoucissement des températures dimanche, la marque japonaise pensait avoir fait le bon choix en chaussant ses deux pilotes de la gomme la plus dure à l'arrière, censée leur fournir la moindre dégradation de toute la gamme proposée par Michelin. 

Un pneu dur qui ne fonctionne pas

Mais c'est l'inverse qui s'est passé en course. Et après une poignée de tours convaincants sans être toutefois flamboyants – Rossi est allé jusqu'à porter une attaque sur le futur vainqueur de la course lors du premier tour, Andrea Dovizioso –, les Yamaha sont doucement rentrées dans le rang. 

Un phénomène qui n'est pas nouveau, mais que la marque aux trois diapasons peine à résoudre, au grand désarroi de ses pilotes, et notamment Viñales, qui se demande s'il ne vaudrait pas mieux tout miser sur le pneu soft à l'avenir. "Nous essayons d'améliorer le feeling que nous avons, mais avec le pneu dur il est presque impossible de faire fonctionner la moto", déplore-t-il. "Nous devons trouver un moyen... peut-être en travaillant sur le pneu soft et en faisant en sorte qu'on puisse l'utiliser sur toutes les courses."

En manque de signaux positifs dans le développement de sa machine, et alors que la situation se fait de plus en plus pressante au championnat – il pointe désormais à 24 longueurs, soit près d'une victoire, du leader Marc Márquez –, le pilote espagnol est prêt à tout essayer pour tenter de retrouver un soupçon de compétitivité, y compris en adaptant son style de pilotage.

"C'est l'équipe qui en sait le plus concernant le potentiel du châssis de 2016 et de celui que nous avons actuellement", explique-t-il, comme désemparé. "J'essaie de piloter la moto de la meilleure des manières. Bien sûr, j'ai changé un peu mon style de pilotage depuis le début de la saison, car au début je freinais vraiment fort, et j'ouvrais de façon agressive, et les résultats étaient là. Mais à présent je dois être très doux dans tous les domaines pour faire un temps."

Tout sauf un nouveau châssis

Une révision de son pilotage que le numéro 25 est prêt à envisager, en gardant en tête les progrès tardifs mais réels d'un Jorge Lorenzo chez Ducati, et qui se sont manifestés pas plus tard que le week-end dernier avec une quatrième place à l'arrivée pour le Majorquin. "Je suis honnêtement un gros freineur, et je plonge aussi toujours dans les virages − depuis le Moto3 jusqu'à très récemment", reprend Viñales. "Mais à présent, je dois adopter mon style, essayer de faire fonctionner la moto. S'il faut changer mon style, je vais le changer. Le problème ne vient pas de là. Le problème est que nous n'avons pas de grip à l'arrière car le pneu arrière se dégrade beaucoup et très vite."

Quoiqu'il en soit, le pilote Yamaha ne veut pas entendre parler d'une énième version de son châssis. Il souhaite au contraire continuer vaille que vaille sur la base existante car, il le sait, une nouvelle évolution pourrait représenter un risque au sens où rien ne garantit qu'il s'agirait d'un pas dans la bonne direction au niveau du développement.

Par ailleurs, cela nécessiterait une nouvelle période d'adaptation que les pensionnaires de Yamaha ne peuvent pas (plus) se permettre. "Le problème est bien plus important que de changer encore une fois le châssis", insiste Viñales. "Peut-être que nous devons nous concentrer sur la moto et la faire fonctionner d'une certaine manière. Nous devons faire un nouveau changement important au niveau des réglages, et voir si cela marche. Je ne veux pas changer de châssis, je veux travailler dur à Misano et essayer d'être prêt pour Silverstone."

La prochaine manche, sur un circuit qui est traditionnellement favorable à Honda et Yamaha, sera déterminante dans la suite de la saison. Pour Viñales notamment, ce sera le retour sur les terres de son premier succès en MotoGP, obtenu l'an dernier avec Suzuki, et celui-ci aura à coeur sans doute d'y lancer son opération reconquête. Sous peine de tirer un trait définitif sur ses chances d'être titré cette année.

 
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