Comment fonctionne le comité qui remplace Brivio chez Suzuki

Depuis le départ de son patron d'équipe, Suzuki a mis en place un comité afin de répartir les tâches entre sept dirigeants. Cette direction atypique permet de ne pas modifier l'organigramme et elle n'inquiète pas Shinichi Sahara, responsable du projet MotoGP de la marque.

Comment fonctionne le comité qui remplace Brivio chez Suzuki

Au début de l'année, Suzuki a dû faire face au départ surprise de Davide Brivio, l'Italien quittant son poste de team manager et le MotoGP pour rejoindre la F1 et Alpine, où il a pris le poste de directeur sportif. Privé de l'homme qui se trouvait au cœur de son dispositif dans la catégorie, le constructeur de Hamamatsu a tenté de préserver autant que possible l'harmonie qui lui a permis de mener Joan Mir au titre en 2020, en renonçant à recruter un nouveau manager et à promouvoir un membre en interne.

C'est donc un comité directeur composé de différents responsables de l'équipe qui a pris la succession de Brivio, se répartissant les tâches qui lui incombaient depuis 2013, moment où l'Italien a pris les rênes d'un programme alors en construction. Ce comité sera composé de sept personnes issues de divers départements : Shinichi Sahara, responsable du projet MotoGP, Ken Kawauchi, directeur technique, Frankie Carchedi, chef mécanicien de Joan Mir, José Manuel Cazeaux, qui occupe le même rôle auprès d'Álex Rins, Alberto Gómez, responsable du marketing et de la communication, et enfin Mitia Dotta et Roberto Brivio, les deux coordinateurs de l'équipe, le second étant par ailleurs le frère de Davide Brivio.

"Toutes les questions relatives à la direction de l'équipe sont discutées entre les personnes au sein de l'équipe", détaille Shinichi Sahara. "Nous avons instauré un comité de direction, avec des membres de l'équipe. Ces personnes essentielles sont en charge, sujet par sujet, section par section, de discuter des sujets et d'échanger les informations. C'est la solution que nous avons choisie pour gérer la situation après le départ de Davide."

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La vocation de ce comité paraît temporaire, ce que Sahara confirme, mais il ignore lui-même si cette direction s'inscrira dans la durée, son principal objectif restant de maintenir la structure en l'état. "Le comité doit être flexible. On peut dire qu'il est temporaire mais pour le moment, je suis satisfait d'avoir ces personnes impliquées. À l'avenir, je ne sais pas. Nous verrons ce qu'il se passera. Nous n'avons pas encore eu la moindre course avec le système de comité, donc nous verrons. Si c'est nécessaire, nous réfléchirons à choisir quelqu'un en externe, mais je n'imagine pas qui cette personne pourrait être à ce stade, et si ce sera nécessaire. Si je pouvais promouvoir quelqu'un de l'équipe, pour moi, ce serait idéal. Mais en tout cas, si quelqu'un est promu au poste de team manager, il faudra une autre personne pour le remplacer à son poste actuel. Nous verrons durant la saison."

"Je ne sais pas qui deviendra team manager à l'avenir, mais pour tout le monde, c'est une chance d'apprendre ce qu'est le travail de team manager, à travers le comité, et en partageant toutes les informations, ce dont nous avons besoin", a ajouté Sahara. "Je pense que parmi ces personnes, et d'autres membres importants de l'équipe, quelqu'un sera promu au poste de team manager. Mais pas moi !"

Je ne suis pas inquiet de ce que nous ferons dans la gestion de l'équipe. Nous avons des personnes très expérimentées, dans la technique, le marketing et sur l'aspect administratif.

Shinichi Sahara, directeur du projet MotoGP de Suzuki

Cette direction à plusieurs têtes a de quoi surprendre mais Shinichi Sahara n'a pas de crainte particulière sur les processus de décisions. Et bien que le travail effectué par Davide Brivio ait été unanimement salué, le dirigeant est convaincu que les rouages de l'organisation sont suffisamment huilés pour qu'elle fonctionne sans heurts, grâce à l'expérience de chacun des membres du comité.

"Même l'an dernier, quand Davide était team manager, j'étais aussi en charge des opérations de l'équipe, donc je discutais de tous les sujets avec lui. Toutes les informations étaient partagées entre nous, et également avec Ken Kawauchi, notre directeur technique. Donc je sais comment il gérait l'aspect technique et l'aspect humain. Je ne suis pas inquiet de ce que nous ferons dans la gestion de l'équipe. Nous avons aussi des personnes très expérimentées, dans la technique, le marketing et sur l'aspect administratif. Je ne suis absolument pas inquiet."

Shinichi Sahara est également confiant quant à la gestion du duel entre Joan Mir et Álex Rins, souhaitant retenir que les deux pilotes ont réussi à conserver leur bonne entente dans la dernière partie de la saison 2020, quand ils étaient tous deux impliqués dans la course au titre. "Je ne suis pas inquiet. Suzuki n'a jamais désigné un pilote numéro un et un numéro deux, même quand l'un des deux était un rookie. Nous continuons comme ça. Nous avons un très bon équilibre. Ils se respectent et s'entraident. C'est pour ça que je ne recrute pas quelqu'un à la place de Davide, c'est pour conserver cette bonne ambiance dans l'équipe. Je pense que la comité va maintenir cette atmosphère dans l'équipe."

Sahara voit même des bénéfices dans cette structure originale, qui permet une communication plus directe entre les responsables des différents départements : "Cela fonctionne très bien pour le moment, et j'ai l'impression que tout est sous contrôle, je pense même que l'équipe est plus unie qu'avant, parce que jusque-là, Davide recevait les opinions, les suggestions et les demandes de ces personnes, sur le marketing et la technique, il me les transmettait, et parfois c'était amplifié. Maintenant, nous pouvons communiquer plus directement. Pour cette raison, je pense que sommes plus unis qu'avant et nous essayons de surmonter ces difficultés ensemble."

Propos recueillis par Lewis Duncan

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Auteur Vincent Lalanne-Sicaud