Dix ans après le fournisseur unique, les pneus toujours aussi cruciaux

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Dix ans après le fournisseur unique, les pneus toujours aussi cruciaux
Par : Willy Zinck
13 oct. 2018 à 14:40

Loin d'avoir affaibli le rôle joué par les gommes, la présence d'un seul pneumaticien en MotoGP a au contraire accru leur importance.

Des pneus Michelin usés
Des membres de Michelin
Un membre de Michelin
Des pneus Michelin usés
Le motorhome Michelin
Un membre de Michelin
Des pneus Michelin
Un membre de Michelin
Des pneus Michelin
Piero Taramasso, responsable deux-roues chez Michelin Motorsport
Piero Taramasso, responsable deux-roues chez Michelin Motorsport
Le motorhome Michelin
Des pneus Michelin
Piero Taramasso, responsable deux roues Michelin Motorsport
Un pneu Michelin
Des pneus pluie Michelin

Cela n'aura échappé à personne : les pneus jouent désormais un rôle déterminant en MotoGP. Et il n'y a qu'à voir le déroulé de la dernière manche, dans la fournaise de la Thaïlande, pour prendre la mesure de l'importance que revêtent les gommes de nos jours dans la catégorie reine.

Sur un circuit que la discipline n'avait certes arpenté qu'une seule fois, huit mis plus tôt au cours des essais hivernaux, il est vrai que le moindre faux pas a pu avoir des conséquences de plus grande ampleur qu'à l'accoutumée, mais cela n'occulte pas le fait que pour obtenir un résultat, maîtriser le facteur pneu est dorénavant essentiel.

Il n'y a qu'à voir la chute de Cal Crutchlow dans le classement passée la mi-course, l'Anglais qui se mêlait jusqu'alors à la lutte pour le podium et qui a finalement rétrogradé en septième position. À l'inverse Andrea Dovizioso, deuxième de l'épreuve au terme d'un finish haletant face à Marc Márquez, a lui-même reconnu en conférence de presse qu'il n'aurait pas eu la possibilité de soutenir si longtemps la comparaison avec l'Espagnol si des progrès n'avaient pas été effectués dans la bonne gestion de ses pneus du côté de Ducati.

Une adaptation nécessaire du pilote et de sa machine

Pour l'Italien, c'est d'ailleurs clair : pour réussir actuellement en MotoGP, il est plus que jamais nécessaire pour le pilote d'adapter son style de pilotage et à l'équipe d'accommoder sa machine pour favoriser un fonctionnement optimal des gommes.

"Quand la qualité est là, et quand les pneus sont les mêmes pour tout le monde, vous êtes en mesure de travailler pour essayer de vous adapter", explique ainsi le transalpin. "C'est très difficile de faire une moto qui fonctionne bien avec les pneus."

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Un paradoxe peut tout de même être observé, dans le sens où l'objectif sous-jacent à l'introduction d'un manufacturier unique en 2009 était de retirer aux enveloppes le rôle prépondérant qu'elles s'étaient vues attribuées du fait de la guerre des pneus.

Près d'une décennie plus tard, force est de constater que la présence d'un fournisseur unique n'a en rien retiré de l'importance aux gommes, dont la bonne exploitation demeure essentielle pour qui veut se montrer compétitif dans la discipline.  

Un phénomène similaire à celui de l'ECU

Par ailleurs, la volonté de réduire les coûts a elle aussi été battue en brèche par un développement toujours plus poussé, un phénomène inhérent au MotoGP selon Rossi. "Les pneus sont donc la clé même dans une situation de manufacturier unique", pointe l'Italien. "C'est un peu comme l'ECU [Unité Centrale Électronique] standardisé. En 2016 [lors de son introduction], l'idée était de dépenser moins d'argent, et de faire moins d'efforts au niveau de l'électronique, mais c'est complètement l'opposé qui s'est produit. Mais c'est le MotoGP, c'est normal que ce soit comme cela."

Au moins la crainte de voir un manufacturier unique se reposer sur ses lauriers faute de concurrence s'est-elle dissipée face au professionnalisme de Michelin, dont le Docteur a souligné les efforts dans la catégorie reine.

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"Pour moi, l'important c'est que Michelin continue de fournir à tout le monde de bons pneus, de bonne qualité, et qu'ils continuent de faire l'effort pour la catégorie reine des championnats motos", reprend-il. "Parce que parfois, dans le passé, quand un manufacturier unique est arrivé, ce dernier essayait d'économiser de l'argent année après année, et la qualité des pneus s'en ressentait. Tout cela c'est dans les mains de Michelin, mais je pense qu'ils font du bon travail."

Nivellement du plateau

Pour Márquez, dont le style de pilotage très agressif a pu amener la marque au Bibendum à concevoir des pneus répondant à de nouveaux styles de pilotage, l'instauration d'un manufacturier unique a cela de positif qu'elle a permis de lisser les performances de tout un chacun, et de resserrer ainsi les écarts dans le plateau.

On peut en effet difficilement le contredire quand on voit que le top 10 du Grand Prix de Thaïlande s'est tenu en... 11 secondes (!) à l'arrivée. "C'est bien mieux [le manufacturier unique] pour le show, parce que Michelin fournit à toutes les équipes des techniciens, et bien sûr les pneus sont très importants", avance ainsi le numéro 93. "C'est peut-être même la partie la plus importante de la moto, il faut adapter la moto aux pneus. Imaginez cela avec différents manufacturiers... En ce moment, nous avons un très bon championnat, tout est très nivelé. Une course sera peut-être mieux pour une moto donnée, et une autre course pour une autre, mais je suis content de comment c'est."

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Auteur Willy Zinck
Type d'article Actualités