Morbidelli retrouve son package 2020 : "C'est un peu inquiétant"

Des modifications techniques continues ont ramené la Yamaha de Franco Morbidelli à sa configuration de la saison dernière, les évolutions fournies par le constructeur ayant dû être écartées.

Morbidelli retrouve son package 2020 : "C'est un peu inquiétant"

Franco Morbidelli devait véritablement puiser dans son self-control, dimanche, pour tenter de souligner les éléments positifs de son deuxième Grand Prix au Qatar, dont il n'a pu sauver que les quatre points de la 12e place. Après une première épreuve gâchée par un mystérieux problème technique alors qu'il avait dominé deux des séances d'essais libres, cette fois encore le résultat de la course ne reflète pas les signaux positifs entrevus durant le reste du week-end, où il n'est jamais descendu plus bas que septième.

"Ce furent dix jours difficiles ici, à Doha", résumait le pilote italien en arrivant au bout de ce qui a ressemblé à un calvaire. Sorti du premier Grand Prix 18e et dépité, il a entamé le second avec une alerte en EL1 sous la forme d'un échappement de fumée sur ses deux machines. Après avoir changé entre les deux épreuves toutes les pièces pouvant susciter un doute, voilà qu'il fallait remplacer un moteur au pied levé. Et ces grands chamboulements se sont poursuivis jusqu'à la course. "Nous avons eu du mal à bien comprendre le fonctionnement du package", admettait Morbidelli en conclusion du week-end. "[Au warm-up] nous avons fait une grosse modification. Nous sommes revenus à une configuration plus similaire à celle de début 2020."

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Le pilote italien n'a pas retrouvé les performances dont il avait été capable au plus fort de la chaleur lors du premier week-end, néanmoins il a senti une amélioration, qui lui a permis dimanche d'avoir son mot à dire. "Ça a été une course difficile, mais au moins ça a été une course", résumait-il auprès du site officiel du MotoGP. Treizième à la fin du premier tour, il s'est confronté à Pol Espargaró dans les premiers tours, signant alors un meilleur temps similaire à celui du futur vainqueur. Alors qu'Enea Bastianini l'a également dépassé à la mi-course, Morbidelli a fini par récupérer deux places dans les derniers tours, pour terminer à seulement 5"7. En une semaine, son temps de course s'est abaissé de 22"7, énième signe s'il en faut de la performance anormale qui avait été la sienne lors du Grand Prix d'ouverture.

"La course a été meilleure que la précédente. J'étais engagé, j'ai pu me battre en partant de la dixième position. En n'ayant pas la moto la plus rapide du peloton, c'était vraiment difficile de se battre avec les autres mais au moins j’ai eu l'opportunité de le faire", retenait-il. "Ensuite, les problèmes similaires au début d'année 2020 sont survenus. J’ai donc eu du mal à maintenir un bon rythme jusqu'à la fin. J'ai fini les pneus trop tôt et je n'ai pas pu être constant et rapide pendant toute la course. Mais en tout cas, il y a du positif à retirer de cette course. Nous avons progressé par rapport à la précédente."

"Nous avons amélioré mes sensations par rapport aux neuf jours précédents et c’est une bonne chose. Bien sûr, ce n’est pas ce que nous voulons, mais c’est quand même une bonne chose, donc je dois prendre le positif de ce week-end et c’est que nous avons pu enfin améliorer mes sensations le dernier jour en faisant un grand pas en arrière. C'est un peu inquiétant", concédait-il, "mais c’est ce qui nous a aidés et ce qui a été utile pour [dimanche]. Je dirais que nous avons fait les bons choix."

Portimão montrera s'il y a lieu de s'inquiéter

Que sauve-t-il de ces deux week-ends éprouvants ? "Le fait qu'on ait réussi à faire progresser la moto et le fait qu'on ait été très, très rapides... dans des séances qui ne comptaient absolument pour rien, mais bon !"

On a été très rapides dans certaines situations, et très, très lents dans d'autres, et on a réussi à être assez rapides à la deuxième course mais pas constants.

Franco Morbidelli

Les innombrables modifications techniques opérées au cours de ces deux week-ends à Losail ont créé une certaine confusion pour le pilote. Même s'il pointait lors du premier Grand Prix de bien meilleures sensations de jour, dans la chaleur, que dans la fraîcheur de la soirée qatarie, il peinait à imaginer en quittant les lieux, dimanche, si les horaires stables des prochains Grands Prix pourraient l'aider.

"Je voudrais tellement pouvoir vous répondre ! Je ne le peux pas, car je n'ai pas la réponse", soulignait-il face à cette question. "On a compris peu de choses pendant ces neuf jours ici. On a compris qu'on a été très rapides dans certaines situations, et très, très lents dans d'autres, et on a réussi à être assez rapides à la deuxième course mais pas constants. On a fini notre parenthèse de dix jours sur ce circuit dans cette situation, en étant rapides mais pas réguliers."

"Je devrais en discuter avec mon équipe, mais l'idée que j'ai et l'attitude que je devrai avoir à Portimão est de partir d'une page blanche, d'essayer de repartir de la façon dont on a fini 2020. On va essayer de faire ça et on verra, car c'est une piste sur laquelle on a déjà couru et la moto n'ayant pas beaucoup changé − elle est même pratiquement identique à celle de l'année dernière désormais − je devrais avoir des sensations similaires [à celle du Grand Prix de 2020]. Si ça n'est pas le cas, ce sera préoccupant, et il faudra qu'on s'investisse pour réécrire notre histoire, [et retrouver] notre niveau et notre force d'une manière différente par rapport à l'année dernière."

Avec Chloé Millois

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